RECHERCHE
Devenez membre Mot de passe perdu ?


Servitude
Eric BOURGIER, Servitude

Sceneario.com: Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore et décrire ton parcours ?
Eric BOURGIER:
 
Eh bien, bonjour a tous. 
Je suis un homo sapiens assez classique, pour ce qui est de mon parcours il n’a, lui non plus, rien d’extraordinaire et se résume à un arrêt des études au bac puis quelques années de petits boulots qui ont dérivés vers l’illustration et la bd au bout d’un certain temps.

Sceneario.com: J'ai vu que tu avais commencé par faire des illustrations pour le jeu de rôle, qu'est ce que cela apporte avant de faire sa première bande dessinée ?
Eric BOURGIER:
L’illustration a été mon gagne pain pendant deux trois ans avant de commencer live war heroes. La bande dessinée demande un minimum de maturité et de rigueur dans son travail, choses dont j’étais complètement dépourvu a l’époque. Ca m’a donc permis de progresser suffisamment tout en travaillant. Cela a été également le moyen de tâter un peu du monde de l’édition et de ses rouages, ce qui m’a été utile par la suite.

Sceneario.com: Entre "Live War Heroes" et "Servitude", y-a-t-il eu des changements dans ta manière d'aborder le dessin?
Eric BOURGIER:
Live war heroes a vraiment été une phase d’apprentissage qui a jeté les bases des techniques que j’utilise a l’heure actuelle. La relation bd/dessin est une relation étrange, car lorsqu ‘on se lance dans une série, on en a pour plusieurs années de travail pendant lesquels on ne peut pas trop faire évoluer le dessin pour des raisons d’homogénéité des tomes. Le dessin va évidemment s’affiner mais le gros danger est de s’enfermer dans un "dessin" particulier et de devenir poussif inutilement, car alors, on arrête de progresser. Pour une série comme servitude, en 5 tomes, ceci est un véritable problème. Un des moyens de le contourner est d’entre temps travailler sur d’autres choses, des projets plus court, plus en accord avec vos envies de dessin du moment, c’est sans doute ce que je ferais.

Sceneario.com: Ce n'est pas trop dur de passer à un univers médiéval après avoir fait un album moderne/sf ?
Eric BOURGIER:
Non, pas vraiment, cela fait parti du travail. Une BD comporte beaucoup de phases de recherche et de documentation qui permettent de bien s’imprégner du sujet. Changer de décors est même assez rafraîchissant et permet de renouveler le coté ludique du boulot. 

Sceneario.com: Comment se gère le passage d'un one shot a une série en 5 tomes ?
Eric BOURGIER:
En fait, le travaille sur cette série a débuté bien avant live war heroes. Nous voulions d’abords faire un album pour apprendre les bases afin de mieux servir notre gros projet et donc on fait un one shot de SF. Pour ce qui est du travail sur une grosse série, bien que les contraintes soient complètement différentes de celle du one shot, les étapes sont les même. On part du plus large au plus précis, donc l’histoire (les cinq tomes) sont mis en place d’emblée et après on divise tout cela en tome (cela permet du coup comme tout est écrit jusqu'à la dernière page du dernier tome de mieux maîtriser les rebondissement et de savoir ou l’on va), et on séquence le synopsis, on fait les études, on "storyboardise",on mange un peu, on dessine, on scanne, on nettoie, on met les bulles et les dialogues, on grave, on envoie puis on dort un peu…. 

Sceneario.com:Comment se passe la répartition du travail avec le scénariste ?
Eric BOURGIER:
Nous travaillons de concert sur pratiquement toutes les étapes de la BD à part celles, spécifiques a nos métiers respectifs (séquençage et dialogues pour fab et bien sur réalisation des planches pour moi). L’histoire a été adaptée à deux et les recherches de documentation graphique également. De toutes façons, fab était un ami bien avant ces histoires de bd et on habite à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Cette proximité est pour nous naturelle et même vitale pour ce travail, elle crée une émulation nécessaire et surtout nous apporte un double regard qui évite certaines erreurs.

Sceneario.com: Il te fourni l'histoire par "chapitre" ou toutes les pages en une seule fois ?
Eric BOURGIER:
 Ben du coup, nous travaillons, non seulement sur toutes les pages de l’album à la fois, mais également sur toute l’histoire de la série dans son ensemble.

Sceneario.com: J'ai vu que tu avais fait beaucoup "d'à coté" sur servitude, (des sculptures, maquettes, textes, … ) c'est juste pour le plaisir de développer ce monde ou cela te sert pour faire la bande dessinée ?
Eric BOURGIER:
Ce monde a une vie propre autre que celle de la bd. Nous y avons travaillé pendant des années, et beaucoup de choses s’y sont greffées. Nous avons développé nombres de choses qui n’apparaissent pas dans la série ce qui lui donne une force et une cohérence inhérente à lui-même. S’y plonger est toujours un plaisir et cela n’a que rarement de rapports avec la bd.

Sceneario.com: Ou la série est-elle aussi une partie des choses développées pour ce monde ?
Eric BOURGIER:
  C'est exactement ça. La bd allie notre gagne pain et le moyen d’explorer plus en avant, à travers le prisme de ce média (il a fallut réadapter certains points), le monde de servitude.

Sceneario.com: Quelle sont les avantages/inconvénients de la couleur directe par rapport à la colorisation classique ? informatique ?
Eric BOURGIER:
 Les avantages :
- c’est pratique car cela évite les allers retour de planches chez l’éditeur pour la confection des "bleus" et ça me permet de tout faire à la suite dans l’ordre qui me plait.
- j’ai plus ou moins appris à dessiner comme ca donc….
- c’est "joli" et ça plait, enfin je crois…

Les inconvénients
- cela manque un tantinet de sobriété, une sobriété vers laquelle j’essaie de me diriger
- la couleur directe (dans mon cas) pose également des problèmes de lisibilité du dessin, particulièrement en monochrome et dans les scènes sombres.
- comme tout est fait directement sur la planche, faut pas trop se louper.
- c’est long !!!

Sceneario.com: Ton dessin, surtout pour les batiments, habits des personnages, ..., donnent une impression de réel et credible tu es parti de quelles sources et références pour obtenir ces resultats ?
Eric BOURGIER:
Pour servitude j’avais une vision assez précise du "décorum", même si j’ai été souvent surpris par le fait que le monde s’imposait la plupart du temps de lui-même.
Je tenais absolument à travailler graphiquement sur une cohérence, un réalisme de l’ambiance, bref je voulais que ça "marche". J’ai donc puisé dans pas mal de documentation (encyclopédie médiéval de viollet le duc, ouvrage de référence sur les costumes et l’architecture, encyclopédie visuelle etc.….) en marchant par imprégnation pour le ressortir à ma sauce. Je suis également parti faire des croquis d’architecture et d’ambiance dans le sud ouest. Puis j’ai laissé reposer pour que ça mature. Ensuite seulement j’ai travaillé sur les études de décors. Mais à ce stade-la j’ai fait peu d’étude pour la bd car j’avais déjà une idée précise de ce à quoi ça ressemblerait.

Sceneario.com: Servitude est un monde ou, à la différence des albums d'heroic fantasy, la magie, animaux, fantastique, ... apparaissent très peu. Ce n'est pas trop frustrant que l'histoire parle de géants et de dragons mais de ne pas en dessiner ?
Eric BOURGIER:
pas vraiment, vous savez, graphiquement parlant, un géant c’est un peu comme un homme et des hommes y’en a pas mal. Quand on en arrive à la partie dessin, on rentre du coté du boulot, alors dragon, pas dragon, ça a peu d’importance. De plus le véritable plaisir dans la confection des planches est de servir l’histoire au mieux. Alors si l’histoire nécessite de ne pas montrer de dragons (géants, fées, anges, … ) c’est du coup même plutôt un plaisir. 

Sceneario.com: A la fin de ce premier tome, as tu un personnage préféré et pour quelles raisons ?
Eric BOURGIER: ah la la, on s’attache rapidement à certains personnages c’est evident. Pour ma part ce sont rarement les héros mais les personnages plus secondaires car ceux-ci sont souvent plus tranchés et marqués graphiquement. Les héros sont suivit sur plusieurs tomes et donc sont généralement plus subtil. Pour cet album j’ai une affection particulière pour tarquain d’anoroer, j’ai pris un grand plaisir à le mettre en case,
Malheureusement …….



Sceneario.com v4.0 © Sceneario.com - Tous droits réservés - Sites Partenaires: Bedeo.fr - ActuSF.com Page générée en 0.058s