interview bande-dessinée, interview auteurs bande-dessinée, Romuald REUTIMAN

Romuald REUTIMAN

Romuald REUTIMANN

Sceneario.com : Romuald, tu es l’auteur de Ulice le Lapin et de Valbert. Peux-tu nous parler un peu plus de toi ?
Romuald Reutimann : J’ai commencé ma carrière chez Paquet il y a 3 ans, avec Valbert et Ulice en effet, avec un troisième tome qui sortira prochainement. Je suis arrivé par hasard dans la BD. J’ai toujours aimé ça, et un jour en rencontrant des copains qui faisaient de la BD dans des fanzines, j’ai rencontré un scénariste et on proposé quelque chose aux éditeurs…

Sceneario.com : Tu es arrivé chez Paquet directement, c’est le seul avec qui tu avais pris contact ?
Romuald Reutimann : Non, on a envoyé plusieurs courriers, à plusieurs éditeurs, et c’est avec Paquet qu’on a signé.

Sceneario.com : Ulice le Lapin est une série assez particulière car elle s’adresse à un public très jeune, comment est-ce que ce type d’album est perçu ?
Romuald Reutimann : Il y a à mon avis un problème de visibilité, mais les gens qui l’on lu ont bien apprécié, hélas il est passé à coté de plein de monde sans être vu.

Sceneario.com : Et pour Valbert ?
Romuald Reutimann : C’est exactement le même soucis de visibilité, mais je ne suis pas le seul ayant se problème.

Sceneario.com : Quelle est l’histoire de Valbert ?
Romuald Reutimann : C’est une vraie fiction, nous n’avons pas voulu faire quelque chose d’historique, donc les lieux sont aussi inventés. En fait, on ne souhaitait pas être « embêtés » par des historiens, on voulait être libre. Pour moi au niveau décors et costume c’est plutôt Régence, donc 1720. C’est l’histoire d’une bande de copains dans l’arrière pays niçois, un peu rebelles mais gentils, confrontés à un pouvoir un peu tyranique. Ces copains s’amusent à écrire des pamphlets contre le roi. Un jour, une bande de mômes s’échappe d’un orphelinat menée par une forte tête dénommée Jacquot. Ils décident de faire les poches de bourgeois sortant du cabaret, sauf que les deux bourgeois sur lesquels ils tombent, sont Valbert et un copain. Valbert, devant l’agressivité de Jacquot décide de le garder pour l’éduquer. L’histoire évolue au fur et à mesure, les pamphlets sont de plus en plus pris au sérieux et une répression se monte contre cette bande de copains, qui se trouvent du coup dépassés par les évènements.

Sceneario.com : Comment as-tu appréhendé l’histoire, en participant à son écriture, en donnant ton avis ?
Romuald Reutimann : En fait je ne lis jamais le scénario à l’avance. Je ne sais même pas quelle page je vais dessiner ensuite. Je me met à la place du lecteur qui en lisant ne sait pas comment l’histoire va se poursuivre. Et du coup, comme je ne sais pas si dans la page suivante il se passera quelque chose, je fais la maximum pour la rendre intéressante.

Sceneario.com : Mais ne prends-tu pas le risque d’être déçu par ce que tu vas découvrir au fur et à mesure de ton travail ?
Romuald Reutimann : Non. Je rencontre en fait des problèmes lorsqu’il y a des choses à mettre en place que je n’ai pas anticipé, du coup je reviens régulièrement en arrière. Mais un des gros avantages c’est que lorsqu’un personnage disparaît je n’en suit absolument pas au courant.

Sceneario.com : Ulice le Lapin, voilà un album vraiment très différent de Valbert.
Romuald Reutimann : Oui très différent, car déjà c’est un album muet. Ulice est un lapin, c’est le personnage principal, et ce sont des histoires qui s’adressent à des enfants de maternelle, maximum CP.

Sceneario.com : Le style de dessin est lui aussi extrèmement différent.
Romuald Reutimann : Oui, c’est un dessin sans cerne uniquement avec des aplats de couleur, très rond, avec toujours la même pagination de 3 ou 4 cases par planche.

Sceneario.com : Tu as des retours d’enfants sur leur lecture ?
Romuald Reutimann : Oui. J’ai participé au Prix Bulle-gomme dans le département de la Mayenne. Ils collectent pour chaque vote les impressions, et c’est trié par sexe et par âge. On s’est donc aperçu que pour les petits qu'il y ait du texte ou pas ça ne les gène pas. En revanche pour les primaires qui commencent à lire, ils se sont aperçus qu’il leur manquait du texte, mais ils en ont ainsi perçu et compris l’intérêt du texte et de l’image.

Sceneario.com : Pourquoi as tu eu envie de te lancer dans ce type d’album ?
Romuald Reutimann : C’est surtout Valbert en fait qui n’est pas mon style… Pour Valbert, j’avais dit non, mais en essayant quelques gribouillages j’ai aimé, et je me suis lancé.

Sceneario.com : Romuald, merci et bonne continuation.
Romuald Reutimann : C’est moi, à bientôt.