interview bande-dessinée, interview auteurs bande-dessinée, Revue Planches : un pont par-dessus l'océan

Revue Planches : un pont par-dessus l'océan

La revue Planches tenait un stand au dernier FIBD dans le pavillon du Nouveau Monde. Le trimestriel, qui concourrait pour le prix de la BD alternative, a pris de l'ampleur depuis ses origines et rêve de rapprocher un peu plus l'Amérique du Nord du vieux continent.

Revue Planches : un pont par-dessus l'océan
La revue Planches tenait un stand au dernier FIBD dans le pavillon du Nouveau Monde. Le trimestriel, qui concourrait pour le prix de la BD alternative, a pris de l'ampleur depuis ses origines et rêve de rapprocher un peu plus l'Amérique du Nord du vieux continent.

En quatorze numéros, la revue trimestrielle Planches a bien changé. Depuis ce jour de 2013 où Émilie Dagenais et Sandra Vilder, toutes deux " finissantes " (fraîchement diplômées) de l'université de Québec à Montréal ont l'idée de publier un fanzine de BD dont la vocation serait de montrer le dynamisme de la bande dessinée québécoise. Une campagne de financement participatif (crowdfounding) leur donne l'impulsion nécessaire. En quelques semaines, elles réussissent à amasser quelques 22 000 dollars canadiens. L'aventure est lancée.

extrait



Le fanzine s'articule tel un recueil thématique d'histoires courtes en BD. La formule se rode. Aux histoires viennent s'ajouter deux rubriques écrites, des interviews d'auteurs (Jean-Louis Tripp, Julie Maroh ou Boum dans les derniers numéros) et l'analyse d'une œuvre BD québécoise par un professeur de littérature.

Des pros et des prix
L'expérience venant, la revue voit sa ligne éditoriale évoluer et, au fur et à mesure, le trimestriel amateur, qui l'est de moins en moins, s'entoure d'auteurs professionnels : Guillaume Perreault, Jimmy Beaulieu, François Lapierre, Michel Falardeau ou Alexandre Fontaine-Rousseau viennent régulièrement apporter leurs contribution à l'édifice. Celui-ci grandit et s'empatte de près de 30 pages supplémentaires par rapport à ses débuts. La qualité est au rendez-vous et la revue accumule les prix et les subventions outre-Atlantique.

Les auteurs également plébiscitent la publication et se lâchent dans ses planches où ils racontent à leur guise et sans contrainte des histoires en 4 à 10 planches. Tirée à 1 200 exemplaires, la revue s'adaptent à toutes les fantaisies. Le dernier en date : le travail tout aux crayons de couleur de Cy (auteur du vrai sexe de la vraie vie), illustratrice du site Mademoiselle.

Une revue francophone où l'on entend l'accent québécois

extrait




Si, à ses débuts, le magazine est 100% québécois (comme l'indiquait l'ancien slogan : " Planches, revue de bande dessinée d'auteur.e.s québécois.e.s "), des rencontres conduisent à franchir l'océan et à tisser des liens, notamment avec la capitale des Gaules et le Lyon BD Festival. De fait, l'équipe se francise rapidement et compte aujourd'hui trois personnes au Québec et autant en France. Le contenu de la revue aussi évolue. Même si elle comporte à peu près 60% d'auteurs québécois, des auteurs hexagonaux se glissent progressivement dans Planches. Cy, Cyril Doisneau, Erwan Surcouf ou Jeremy Perrodeau qui, pour ces deux derniers, feront leur apparition dans le numéro 14.

Et aussi des auteurs encore inconnus, puisque la revue entend défricher les nouveaux venus de la bande dessinée. " Ces sorties d'école, cela fait partie des missions de la revue ", indique Coralie Müller, éditrice de Planches depuis 2014 et, par ailleurs, éditrice indépendante basée à Lyon. " Nous avons avec eux plus d'échanges, plus de travail sur le scénario. Nous pouvons directement leur faire profiter de notre expérience. "

C'est dans cet esprit qu'un partenariat est signé entre l'équipe de Planches et l'université de Québec en Outaouais (UQO). La première vient remettre un prix aux graphistes nouvellement diplômés de la seconde, les meilleurs étudiants étant alors invités à publier dans la revue. Sur ce même principe, l'équipe négocie un rapprochement avec l'école Pivaut, une école privée d'arts (graphisme, illustration, 3D...) installée à Nantes et à Montréal.

extrait



Mais un défi d'une autre ampleur attend l'équipe dans un futur proche : celui d'être reconnu et distribué de ce côté-ci de l'Atlantique. " Planches est distribuée au Québec, nous voudrions qu'elle le soit en France ", explique Coralie. Quelques " vaillants libraires " proposent déjà la revue. Espérons qu'il y en ait davantage par la suite.

Pour sûr, il y a de la place dans les rayonnages pour une revue francophone... où l'on entend l'accent québécois.


extrait




extrait




extrait