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Rencontre avec Yannick Corboz pour Célestin Gobe-la-Lune

Yannick Corboz, interviewé par Legoffe le 11 juillet 2007 à Annecy (Haute Savoie).



Sceneario.com : Quelques semaines après la sortie de l’album, quels sont les premiers échos de la part du public ? 

Yannick Corboz : Nous avons beaucoup de retours enthousiastes, de la part des lecteurs et de la presse, et ça nous fait évidemment très plaisir.

Sceneario.com : Avant de parler plus en détails de Célestin, peux tu nous présenter un peu de ton parcours ? 
Yannick Corboz :
J’ai 31 ans et je suis originaire d’Annecy, où je vis toujours aujourd’hui. Je suis parti plusieurs années à Lyon car, après mon bac S, je voulais m’orienter vers le dessin. Je suis donc entré à l’école Emile Cohl, un lieu d’où sortent beaucoup de dessinateurs de bande dessinée. Pour ma part, je voulais faire de l’animation. Mais, quand je suis sorti de l’école, le secteur embauchait peu. Je me suis donc tourné vers le jeu vidéo chez Infogrames. C’était intéressant. Je pouvais dessiner pas mal, surtout en recherche de personnages, de décors, d’ambiances, et ce dans tous les domaines. Ca pouvait aller de l’horreur au jeu de football.
Je suis ensuite revenu sur Annecy pour entrer chez Ubi Soft où j’ai travaillé uniquement sur de l’animation. En parallèle, j’ai commencé la bande dessinée avec Nicolas Pothier au scénario. Nous avons écrit une histoire pour BoDoï intitulée « Robert ». Nous avons ensuite imaginé d’autres histoires courtes et, petit à petit, nous avons eu l’idée de les publier en un recueil, « Voies off », paru chez Treize Etrange où Nicolas avait déjà un pied grâce à Ratafia.
Entre temps, toujours avec Nicolas Pothier, nous avons sorti la BD Ciné Woody Allen (éd. Nocturne) dont nous allons préparer un deuxième tome. Il devrait sortir d’ici un an.

Sceneario.com : Comment a démarré ta collaboration avec Wilfrid Lupano et la naissance de Célestin ? 

Yannick Corboz :
Avant même de sortir Voies Off, j’ai cherché du boulot auprès des éditeurs. Je suis allé à Angoulême avec mon book, leur expliquant que je cherchais un scénariste. Ce que je faisais a plu et on m’a présenté à Wilfrid sur le salon. On a bien accroché, nous étions sur la même longueur d’onde. Après quelques échanges de mails, Wilfrid m’a proposé deux scénarios et j’ai choisi Célestin. Le projet était déjà validé par Delcourt. J’ai fait quelques planches d’essai et le contrat a été signé. Il a fallu dix mois pour faire l’album. Ca a été un gros travail, bien suivi par notre éditeur. D’autres m’ont appuyé et conseillé et notamment mes deux libraires préférés, Jean et Michel (9e Quai). Je leur montrais régulièrement mes planches de storyboard et ils me donnaient leur avis, celui de lecteurs passionnés avant tout. Ils ont une vision de la BD qui me plait et ils m’ont beaucoup aidé.

Sceneario.com : Cet album, c’est un boulot à plein temps j’imagine ? 

Yannick Corboz :
Oui, quasiment. Ca représente une moyenne de 40 heures par semaine. Quand j’ai le temps, je fais encore un peu d’illustration mais c’est rare.

Sceneario.com : Qu’est-ce qui t’a séduit dans le scénario que te proposait Wilfrid Lupano ? 

Yannick Corboz :
Avec lui, on a toujours affaire à des univers décalés et ça me plaît. Il s’appuie sur des mondes que l’on connaît mais il y intègre des discours très modernes. L’époque de l’histoire, plutôt XVIIIe siècle, me plaisait bien, tout comme le personnage. Célestin a un côté un peu débile et efféminé par moments ; c’est très drôle.

Sceneario.com : La suite a-t-elle commencé ? 

Yannick Corboz :
Oui, j’ai attaqué les dessins du deuxième tome début juillet. J’ai fini le storyboard. Ca a été assez vite car je me suis déjà approprié l’univers du livre. Nous pouvons donc maintenant travailler plus sur les détails : le scénario, les positions des personnages, etc. Je passe moins de temps à chercher des costumes, des décors. Cela dit, je vais quand même changer deux ou trois trucs. Par exemple, dans le tome un, les trois quarts de l’histoire se déroulent la nuit. Cela a engendré des problèmes techniques. J’ai été souvent obligé d’utiliser des couleurs vives. Dans le deuxième tome, la nuit est encore souvent là mais je l’ai gérée d’une toute autre façon. Je ne dirai rien pour l’instant, ce sera à découvrir l’an prochain !

Sceneario.com : On devine qu’il va se passer beaucoup de choses dans le tome 2. On reste en plein suspense. Peux tu nous en dire plus ? 

Yannick Corboz :
Ah, je vois bien ce que tu essaies de savoir. Alors, Célestin finira-t-il avec la jolie serveuse ? Avec la Princesse ? Ni l’une ni l’autre ? Mmmm… Mais non, je ne parlerai pas ! (rires). Tout ce que je peux dire, c’est que l’histoire s’achèvera dans ce deuxième tome et qu’il sera plus épais que le premier. Je voulais que l’on respire un peu, que l’on profite de certaines scènes riches en intensité.

Sceneario.com : Bon, j’aurai au moins essayé ! Merci Yannick pour nous avoir accordé un peu de ton temps. Bon courage pour la suite !
Yannick Corboz :
Merci. A bientôt !