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Rencontre avec Sébastien Latour et Giulio De Vita, auteurs de la série Wisher

Interview réalisée le 27 janvier 2007 à Angoulême par sbuoro + Komori

Sceneario.com : Bonjour et merci de nous accueillir pour cette interview ! Les gens connaissent plus probablement Giulio De Vita pour les différents albums qu’il a déjà réalisés alors que Sébastien Latour reste peut-être encore un nom d’auteur peu connu, alors, que diriez-vous de dire chacun un petit mot sur vous, histoire que les présentations soient faites ?!


Sébastien Latour : Bonjour, je m’appelle donc Sébastien Latour, j’ai 31 ans, je suis marié et j’ai une petite fille de 4 ans qui est adorable et qui s’appelle Eléa. Je suis un "futur ex-prof d’anglais", et je suis scénariste de BD depuis 5 mois aux éditions Lombard où j’ai deux séries : Wisher, avec l’ami Giulio De Vita et Ellis, avec Griffo. J’habite à Lille pour le moment, mais je voudrais bientôt redescendre dans mon Pays Basque natal. Quoi d’autre ? Euh, j’aime le cinéma, les gens, la BD...


Giulio De Vita : Moi, je suis Giulio De Vita, j’ai 35 ans. Je suis Italien, comme vous pouvez l’entendre à mon accent. Je ne parle pas encore très bien le français, mais j’espère que je me ferai comprendre...

Sceneario.com : Ne t’inquiète pas : quand on parlera italien comme tu parles le français...!


Giulio De Vita : J’ai commencé à dessiner il y a maintenant 18 ans. J’ai commencé en Italie, à dessiner pour des maisons d’édition italiennes. Depuis 2000, je travaille pour la bande dessinée française. J’ai commencé avec un scénario de Corteggiani : Les ombres de la lagune, chez Soleil, puis j’ai eu une grande occasion, avec Le Décalogue, chez Glénat, de collaborer avec Frank Giroud. Puis je suis arrivé chez les éditions Le Lombard pour la série James Healer. A cause de plusieurs engagements qu’avait pris Swolf, le scénariste, la série James Healer a dû être arrêtée provisoirement alors j’ai commencé à chercher un autre scénario, et c’est à partir de là que j’ai trouvé Sébastien Latour et que nous avons commencé le travail sur Wisher.


Sceneario.com : Comment s’est passée votre entrée en relation ?


Sébastien Latour : Ce qui s’est passé, c’est que j’avais envoyé plusieurs scénarii au Lombard. Ils ont envoyé les trois à Giulio qui les a lus et qui a choisi Wisher. Après, comme je n’étais "personne", j’ai dû fournir le découpage et les dialogues des 46 pages (donc tout-tout-tout !) pour finir de le convaincre. Et puis on s’est rencontrés à Bruxelles... autour d’un bon repas ! On a dû se voir deux fois en tête à tête. Après, tout s’est passé par internet.

Sceneario.com : Le scénario de Wisher a-t-il été proposé à plusieurs dessinateurs ?


Sébastien Latour : L’histoire intéressait l’éditeur qui l’a montrée à plusieurs dessinateurs "maison" que ça pouvait intéresser, mais jamais je n’ai su à qui elle fut montrée : ainsi, les dessinateurs pouvaient refuser sans qu’il y ait de gêne ou quoi que ce soit.

Sceneario.com : Avant Wisher et Ellis, avais-tu écrit d’autres choses ?


Sébastien Latour : J’ai écrit, euh... mon mémoire de maîtrise sur la littérature anglaise et j’ai écrit des scénarii de jeux de rôles pour les copains. Mais j’ai toujours eu plein d’idées d’histoires, depuis 5 ans, et chacune était toujours rédigée comme pour pouvoir être adaptée en BD.

Sceneario.com : Et qu’est-ce que ça fait quand on est "débutant", quand on voit son premier scénario accepté et que l’on apprend que c’est avec un dessinateur talentueux comme Giulio De Vita que l’on va travailler ?


Sébastien Latour : Et bien c’est comme si au lieu de te proposer 300.000 dollars pour faire ton film, on t’en propose 100 millions : à partir de là, tu sais que tu peux faire tout ce que tu veux ! Quand tu écris des histoires un peu "ambitieuses", c’est un confort de savoir que ton dessinateur sait tout dessiner, tout ! N’importe quelle position, n’importe quel décor, n’importe quelle créature... Ca te donne une liberté sans limite. Pour un scénariste, c’est extraordinaire !

Sceneario.com : A l’inverse, toi qui as à ce jour une grande expérience dans la BD, dans le dessin, comment as-tu abordé cette collaboration avec un "p’tit nouveau" ?


Giulio De Vita : C’était quelque chose que je voulais. Avant, j’avais travaillé avec des scénaristes très connus mais comme, quand je dessine, j’aime bien attirer l’attention du scénariste sur telle ou telle chose qui pourrait être changée, j’étais malheureux de ne pas pouvoir le faire pour le respect de la notoriété de mes scénaristes ! Je m’étais donc dit que ça me plairait de travailler avec un jeune scénariste avec lequel je pourrais discuter "au même niveau".

Comme Wisher est un projet qui tient énormément à cœur à chacun de nous deux, je voulais qu’il y ait la meilleure communication possible pour que tout, le scénario comme le dessin, puisse trouver sa place "au maximum". Et voilà, j’ai trouvé tout cela dans Sébastien qui a montré une sensibilité et une intelligence peu communes : notre boulot à deux marche très bien !


Sébastien Latour : Oui, l’histoire que j’avais à la base a vraiment pris de la valeur ajoutée de ces échanges qu’on a eus ensemble. Et comme on est l’un et l’autre très exigeants, on a au final une BD dans laquelle il n’y a presque rien à jeter : dans chaque scène, lui et moi avons mis le meilleur de nous-mêmes. Ca a mis parfois très longtemps et nécessité de longues discussions, mais au bout d’un moment, on a toujours su mettre son égo de côté pour que l’album ne reflète rien d’éventuels désaccords et que le résultat soit de toutes façons le meilleur possible.


Giulio De Vita : Entre artistes, des discussions où chacun veut avoir raison peuvent devenir un "jeu de ping-pong" qui s’éterniserait...


Sébastien Latour : On a aussi un éditeur très compétent qui sait tirer le meilleur de ses auteurs.

Sceneario.com : Pourriez-vous nous donner un exemple, une séquence pour laquelle il vous a fallu beaucoup discuter ?


Sébastien Latour : Par exemple, sur le personnage principal, rien que ça ! Au début, je l’avais imaginé courtier en bourse, très centré sur l’argent, les affaires, enfermé dans un travail, style toute la journée dans un cube face à son ordinateur. Giulio, lui, voulait lui apporter un côté plus "flambeur", playboy, arnaqueur, escroc, petit escroc, qui au final s’est révélé très intéressant parce que ça l’engageait ainsi d’entrée dans un milieu souterrain. Pas le milieu des "féériques", mais déjà un peu dans l’ombre, déjà en marge. Et ça, j’ai trouvé ça très intéressant. Si Giulio ne m’avait pas donné cette vision, sa vision du héros de Wisher, on aurait probablement eu affaire à un personnage moins riche. Voilà, m’enfin, ça, c’est aussi normal qu’au début, on cale des choses importantes pour asseoir la suite.

Sceneario.com : N’empêche qu’en faisant ce genre de modification, tu ne sais pas forcément tout de suite ce que ces changements vont avoir comme conséquences dans la suite de ton histoire !


Sébastien Latour : Oui, et d’ailleurs, Wisher était prévu en 3 tomes. Devant ce personnage autrement riche dans sa nouvelle définition, j’ai dû développer certaines choses qui font que le premier cycle est désormais prévu en quatre albums !

C’est assez dur, quand même, pour le scénariste de voir des choses changer au fur et à mesure, car il faut que tout retombe sur ses pattes, mais c’est intéressant. Après, forcément, il ne faut pas que les choses m’échappent : un scénario qui s’enrichit peut vite devenir un scénario qui demande 5 ans à écrire !


Sceneario.com : Parlez-nous de votre rythme de travail. Il semble que tu travailles très vite, Sébastien, et que le scénario des 4 tomes du premier cycle est déjà entièrement écrit ?


Sébastien Latour : Je préfère ne pas travailler sur un tome et puis après travailler sur le suivant. Non. Je préfère les écrire tous à la fois. Cela me permet de pouvoir calculer très tôt les renvois de l’un à l’autre que je vais faire sur chacun. Par exemple, tu arrives au tome 3 et tu vois des choses qui te feront te dire : "Tiens, ça, je l’ai déjà vu au tome 1 !" Donc c’est un équilibre fragile entre ce qui est le court terme, plutôt le côté dessinateur qui doit mettre de l’action et du rythme, et le long terme, avec le travail du scénariste qui doit préparer des choses qu’on ne verra que plus tard. Pour qu’il y ait un plaisir immédiat lorsqu’on lit l’album mais aussi pour que, quand tu reprends la lecture de la série dans sa totalité, tu puisses te dire : "Ah, mais ça, au fait, je comprends maintenant pourquoi c’était évoqué à tel endroit, avant !" C’est un travail difficile, mais quand c’est bien fait, ça donne un résultat qui marche très bien !

Sceneario.com : Et pour le bestiaire, Giulio, t’es-tu inspiré des recherches de Sébastien ou bien as-tu toi-même imaginé des choses ?


Giulio De Vita : Oui, naturellement, je me suis servi de la littérature "classique" concernant les créatures, parce qu’il faut qu’elles soient reconnaissables. Qu’un gobelin soit un gobelin, un elfe un elfe, un ogre un ogre... J’ai donc pris des repères connus : les oreilles pointues, les queues... mais en même temps en cherchant à donner toujours un peu d’originalité. J’ai acheté plein de livre, notamment Le Seigneur des Anneaux, le making-of du film qui en a été tiré, aussi, c’est un livre qui est très bien fait, et des livres d’illustrations. Après avoir compulsé tout cela, j’ai tout mis de côté et je me suis tout réapproprié en attaquant le papier avec mon crayon !

Sceneario.com : Tu étais annoncé pour être le dessinateur du tome 5 de Quintett...


Giulio De Vita : Oui, je devais. J’ai d’ailleurs, vous le savez déjà, dessiné les premières et les dernières planches de tous les autres tomes. Mais le problème est que j’avais déjà pris du retard sur Wisher et que Frank Giroud, au lieu de me donner un scénario de 50 pages, m’en a donné un de 78 ! Donc de là, dans tous les cas, que ce soit sur Quintett T5 ou Wisher, j’aurais eu du retard. Donc j’ai dû faire un choix et j’ai préféré continuer Wisher. Alors j’ai contacté un ami, un autre dessinateur italien et je l’ai présenté à l’éditeur pour qu’il me remplace sur Quintett.

Sceneario.com : Ce qui veut bien dire que tu choisis de ne travailler que sur une seule série à la fois.


Recherche_découpage

Giulio De Vita : Oui. Maintenant, je suis sur Wisher pour les 3 prochains tomes du cycle. A côté de cela, je sais bien que James Healer a besoin d’une suite, qu’il est arrêté depuis trop de temps, qu’il a besoin de continuer de rouler sur sa moto ^^ ...

Sceneario.com : ...et que nous, on a besoin de continuer à lire ses aventures !


Giulio De Vita : Et avec 6 mois nécessaires pour moi à la réalisation d’un album, le temps passe très vite !

Sceneario.com : Le tome 1 de Wisher t’a-t-il également demandé 6 mois ?


Giulio De Vita : Non, un peu plus. Car j’avais aussi la couleur à faire, contrairement à mes autres albums.

Sceneario.com : Oui, tu as changé de manière de travailler. Est-ce plus facile ou plus difficile. Voulais-tu vraiment t’occuper de la couleur en plus que du dessin ?


Giulio De Vita : Oui. C’était une exigence personnelle pour le premier tome. Car quand tu dessines mais que tu ne colorises pas, il te semble qu’il y a toujours des petites choses qui ne vont pas, que tu aurais faites toi-même autrement. Alors j’ai voulu tout faire pour être plus maître du résultat. Bon, finalement, je me suis rendu compte que même malgré cela, il y a toujours des choses qui peuvent échapper à ton contrôle, comme la qualité du rendu d’impression, par exemple, ou des choix éditoriaux auxquels tu ne peux pas t’opposer.

Maintenant, je suis satisfait du travail que j’ai fourni. Un coloriste va se joindre à "l’aventure Wisher", mais au moins, je sais qu’en ayant colorisé le premier album, il sait quel travail de continuité artistique on attend de lui.


Sébastien Latour : Oui, si un premier tome peut donner lieu à des discussions sur le choix de tel ou tel aspect des couleurs, une fois que la série est lancée, elle doit rester sur ses rails : un second album doit avoir le même visage que le premier. Tout ne doit pas changer du tout au tout.


Giulio De Vita : Wisher est une sorte de conte fantasy moderne. Ce n’est pas encore un style stéréotypé : on n’a pas encore trop l’habitude de voir de la fantasy dessinée de manière réaliste. On a essayé d’être innovants aussi sur les cadrages et la mise en scène, un peu comme on aurait fait du cinéma.

Sceneario.com : Pas stéréotypé au niveau graphique, non, mais le thème de Merlin est quand même un thème ultra-abordé en bande dessinée. Sur ce point, n’est-ce pas risqué de revenir même avec une originalité nouvelle, sur ce mythe ?


Sébastien Latour : Non, parce que notre Merlin n’est pas celui de Walt Disney, avec son chapeau pointu bleu et sa barbe blanche. C’est un type qui essaye de sauver les "féériques" depuis plus de mille ans. On va dire que c’est une version "militaire" de Merlin, c’est un protecteur, un Che Guevara magique. Donc on est très loin du simple conte de fée. Et puis si l’on pousse plus loin les recherches sur Merlin, on se rend compte qu’il a un visage à moitié démon, à moitié humain, selon les légendes arthuriennes. Il a donc une part sombre que Walt Disney et d’autres ont complètement occultée ! C’est donc un personnage très ambigu, et c’est en cela que je l’ai trouvé très intéressant. De plus, son côté martial ne choquera pas vu que c’est dans un monde contemporain qu’on va le découvrir.


Giulio De Vita : C’est le rôle du scénariste, aussi, de tourner un personnage aux caractéristiques connues pour en tirer quelque chose de nouveau et qui va surprendre le lecteur.


Sceneario.com : La collection Portail a été inaugurée avec tes 2 titres avec des moyens "pour bien marquer le coup" comme la carte 3D insérée dans le tome 1 ou encore un dossier de presse très classe, des présentoirs, des pré-publications... Wisher et Ellis sont deux histoires de fantasy urbaine moderne. Est-ce que cela veut dire qu’on devra ne te considérer que comme un scénariste de fantastique ?


Sébastien Latour : J’aime effectivement beaucoup le fantastique. 90% de ce que je lis, c’est du fantastique contemporain ou de la science-fiction. J’ai donc forcément aussi des histoires de SF à raconter, seulement, c’est peut-être plus dur de trouver un dessinateur pour ce genre : il y a dans ces cas-là un travail énorme de recherche et de création d’univers. Et puis j’ai beaucoup d’autres idées. Je ne souhaiterais donc pas être trop vie étiqueté "scénariste fantastique". Mais je le redis : le fantastique : j’aime !

Sceneario.com : Et ça t’est bien rendu : Wisher a l’air d’être bien accueilli, notamment au Québec.


Sébastien Latour : Oui, au Québec. Et vous ne savez pas ? On est aussi "stars" au Japon ! L’autre jour, j’ai découvert qu’une librairie au Japon vendait très bien Wisher et Ellis ! Bon, ce ne sont pas des traductions, ce sont des BD importées pour les lecteurs francophones expatriés au Japon, mais ça fait toujours bizarre et plaisir de surfer sur internet et de découvrir que tes BD se vendent de l’autre côté de la Terre !

Sceneario.com : Commences-tu cependant à toucher un public japonais, par exemple ?


Sébastien Latour : Non. Ca se saurait. J’ai un blog, n’importe qui peut me contacter par e-mail. Pour autant je n’ai jamais reçu quoi que ce soit de Japonais ! Ni trop de retour de lecteurs étrangers, d’ailleurs, si ce n’est le site québecois "Critiques BD !" qui achroniqué, favorablement, et Wisher et Ellis. Après, je sais que Ellis a été traduit en espagnol et a été tiré à 2500 exemplaires. Ce n’est pas étranger au fait que Griffo habite en Espagne, évidemment... Il doit avoir là-bas un lectorat fidèle qui justifie cela.

Sceneario.com : Puisqu’on parle d’import et d’export, Giulio, je voulais revenir sur une chose : tu as dit que tu étais "venu" à la BD française après avoir travaillé pour la BD italienne. Est-ce à dire que ce que tu fais en France n’arrive pas en Italie tout comme ce que tu as fait en Italie n’est pas arrivé jusqu’en France ?


Giulio De Vita : Le Décalogue a été traduit en italien. James Healer aussi, mais il est paru dans un magazine petit format et de qualité assez médiocre, découpé en épisodes. La BD Franco-Belge en Italie représente un tout petit marché.

Sceneario.com : Tu ne travailles plus du tout pour des éditeurs italiens ?


Giulio De Vita : Non. Il y a deux ans, j’ai travaillé pour un projet avec Disney Italie qui s’appelait Platters, avec le scénariste de Monster Allergy (Soleil). Ce qui était intéressant, c’était que Disney donnait pour la première fois des droits d’auteur à un dessinateur pour faire une série. Mais ça n’a pas du tout marché. Mauvaise politique éditoriale... Alors, à partir de là, j’ai décidé de ne plus travailler qu’avec des Français !

Sceneario.com : A propos de politique éditoriale... Aura-t-on un jour la chance de lire la suite des Ombres de la lagune ?


Giulio De Vita : Je ne sais pas. J’aimerais bien, parce que cette histoire se passe à Venise, une ville que j’aime beaucoup, et qu’en plus, l’idée était de moi, et je l’avais soumise à Corteggiani qui l’a adaptée pour la BD française. En fait, si je pouvais, j’aimerais reprendre le projet maintenant que mon style a évolué, mais bon, il y a tellement de choses que je dois faire avant !!!

Sceneario.com : Tu as aussi réalisé une BD qui s’appelle Le secret de Samar...


Giulio De Vita : Oui, parfois, je fais du travail publicitaire. Cette BD avait été commandée par Elf Aquitaine. Et dernièrement, cet été, j’ai fait autre chose. Ca n’a pas dû sortir encore. C’était commandé par Renault, en rapport avec le championnat du monde de Formule 1. Mais c’est du travail "alimentaire".


Sceneario.com : Mais de quel œil Sébastien Latour voit-il tout ça, tout ce temps que tu n’accordes pas à Wisher ? ;-)


Sébastien Latour : Arf, moi, du moment que j’ai un tome de Wisher par année...


Giulio De Vita : Ce qu’il faut dire aussi, c’est que ce sont des petits travaux. 15 pages, 6 pages... Ce sont des choses qui m’aèrent un peu la tête par rapport à un projet plus gros et que je réussis à réaliser en un mois seulement. Après, je peux revenir à Wisher avec plus d’énergie !

Sceneario.com : Alors, Sébastien Latour. Et maintenant, le téléphone sonne-t-il ? D’autres éditeurs viennent-ils s’intéresser de plus près à ce que tu fais ?


Sébastien Latour : Non. Il faut dire aussi que je ne vais pas moi-même les voir. J’ai du boulot chez mon éditeur et j’ai donc forcément tendance, de toutes façons, à leur montrer mes projets avant de vouloir les montrer aux autres. Je suis Basque : ça peut venir de là, aussi ! Les Basques sont très fidèles en amitié ! Je sais en plus qu’en leur montrant mes travaux, ils auront un regard critique et des remarques constructives : ils font à mon avis très bien leur boulot d’éditeur ! En même temps, si le téléphone sonne, je décrocherai ! On ne sait jamais... ;-)

Sceneario.com : Un passage de Wisher à l’animation t’intéresserait-il ?


Sébastien Latour : Moi, ce serait plutôt une adaptation pour la télé qui m’intéresserait. Mais probablement pas en France, parce que ce serait Christian Clavier qui jouerait Nigel et Arielle Dombasle qui jouerait Eireann (Rires).

Sceneario.com : Et serais-tu tenté par des spin-off ?


Sébastien Latour : Tu veux dire Wisher des Etoiles et Le chant des djinns ? ^^ Le hic serait que faire cela sur un "féérique", par exemple, ferait que le lecteur risquerait de ne plus voir Nigel pendant un an, un an et demi... Ou alors, il faudrait mettre d’autres dessinateurs sur le coup, mais je ne suis pas sûr que les lecteurs s’y retrouveraient. A la rigueur, je verrai plus cela sur Ellis...

Sceneario.com : Allez, quelque chose qui fera plaisir aux lecteurs ?


Sébastien Latour : Et bien... On va essayer de sortir le tome 2 de Wisher pour la rentrée, un peu comme on l’avait fait pour le premier. Début septembre.