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Jean-Charles Gaudin

Jean-Charles Gaudin

Sceneario.com: Peux-tu te présenter et nous dire ton parcours en tant que scénariste ?
Jean-Charles Gaudin :
J’ai commencé par écrire et réaliser des courts-métrages. C’est là que j’ai appris l’écriture de scénarios. Le fait de réaliser moi-même m’a fait progresser sur les choses qui fonctionnent à l’écrit et qui marchent moins bien une fois en images. La BD est venue par la suite. C’est Crisse qui, au sortir d’une de mes projections de film, m’a tendu la perche. Je l’ai saisie et voilà…

Sceneario.com : Comment s’est effectuée ta rencontre avec Trichet ?
Jean-Charles Gaudin :
Trichet faisait partie de ces dessinateurs assidus à une réunion que nous organisons tous les mois dans un café de la Roche sur Yon en Vendée. Je commençais tout juste mes travaux sur MARLYSA. Je le voyais évoluer à la vitesse grand V… J’avais déjà LES ARCANES DU MIDI-MINUIT en tête. Je croyais à l’idée et je voulais le bon dessinateur pour ça… Et au fil des mois, Cyril s’est imposé.

Sceneario.com : Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la série, comment définir Les arcanes du Midi-Minuit ?
Jean-Charles Gaudin :
C’est une steam-fantasy ! On y retrouve l’ambiance des Conan Doyle (Sherlock Holmes), les récits à la Jack l’éventreur, les villes comme Londres et New-York à la fin du 18ème siècle. C’est toute cette ambiance où se mélangent le mystère, le crime, le fantastique. Quelque chose d’assez proche aussi des Mystères de l’Ouest, cette fameuse série qui a bercé mon enfance.

Sceneario.com : Pourquoi faire des histoires en un tome alors que, vu le thème, cela pourrait être une série/feuilleton comme les livres du XIXème siècle ?
Jean-Charles Gaudin :
C’est le cas finalement. Les Sherlock Holmes reprenaient les personnages, mais en les plongeant à chaque fois dans de nouvelles enquêtes. Cela n’empêchait pas les personnages d’évoluer au fil des romans. C’est cette tradition que nous souhaitions retrouver avec les Arcanes du midi-minuit.

Sceneario.com : D'où est venue l'idée de faire évoluer les personnages dans un monde steampunk & magique ?
Jean-Charles Gaudin :
C’est venu de l’idée de décaler un peu le principe mystère-fantastique. Le steampunk pur et dur ne m’intéressait pas. Je voulais quelque chose de plus grand public. Un récit qui puisse s’adresser au plus grand monde pourvu que l’on aime les énigmes, le fantastique, une pincée de comédie et un soupçon de fantasy.

Sceneario.com : Qu'est ce qui est arrivé en premier le titre midi-minuit ou le fait que les personnages soient horloger?
Jean-Charles Gaudin :
Le midi-minuit à cause du double…. Et comme il leur fallait « une doublure » : le métier d’horloger s’est imposé très vite.

Sceneario.com : Et qui a influencé l'autre et pourquoi?
Jean-Charles Gaudin :
Ca c’est un peu compliqué. Je ne sais plus très bien en fait. Les deux idées se sont mutuellement nourries je crois.

Sceneario.com : Les personnages secondaires deviennent de plus en plus importants au fur et à mesure des albums, et vivent même "un peu" leurs propres aventures (comme Marnie et Beltran). Qu'est-ce qui te pousse à les développer en plus des personnages principaux ?
Jean-Charles Gaudin:
Je les aime trop pour les négliger. Cyril Trichet leur a donné un tel charisme que je ne peux me résoudre à les laisser trop en arrière-plan. Et puis, tous ces personnages secondaires donnent de l’épaisseur aux histoires. Le côté humain est renforcé.

Scenario.com : Le personnage de Tilly fait penser à Magnéto des X-MEN. Surtout à la page 38, où elle s'évade sur un plateau métallique comme dans le film X-MEN II. Vous êtes-vous inspiré du personnage/film pour faire le sien après avoir défini son pouvoir ?
Jean-Charles Gaudin :
Un lecteur m’a fait la réflexion l’autre jour en dédicace… Eh bien j’avoue que ce n’était pas du tout volontaire. J’ai pourtant vu les trois X-Men ! J’ai vraiment bien aimé le premier. Le troisième est intéressant dans sa première partie et dans le thème qu’il développe. Quant au deuxième, hormis la scène du début, c’est un grand trou noir pour moi… Il y avait aussi une histoire de plateau ?… C’est inconscient alors ! J’avais plus en tête les pouvoirs mêmes, les références aux télékinésistes. Si j’avais su, j’aurais supprimé cette idée… Même Cyril n’avait pas tilté !

Sceneario.com : Au fur et à mesure des tomes, il y a toujours de petites phrases ou allusions sur la relation entre Jim et Jenna. Comment est venue l’idée d’exploiter cette dualité/complémentarité ?
Jean-Charles Gaudin :
J’avais écrit et réalisé un court métrage intitulé xXy qui parlait justement de la dualité homme/femme. Le métrage a fait une bonne carrière en France et à l’étranger. Il y avait aussi une scène où un couple se regardait dans un miroir. On ne savait plus qui des deux était l’homme ou la femme…

Sceneario.com : Connaîtrons-nous un jour le fin mot de l’histoire sur l'origine de ce mystérieux pouvoir et pourquoi ils le considèrent plus comme une malédiction alors que les autres le trouvent très utile ?
Jean-Charles Gaudin :
Bien sûr, mais avant, nous avons pas mal de choses à raconter. Il y a un tel éventail d’histoires possibles. Quant à la malédiction, on a beau avoir tous les super-pouvoirs du monde, il y a toujours un moment où l’on ne voit plus que les désavantages… Seriez-vous si partant de ne vivre que la moitié du temps ?…

Sceneario.com : Lequel des deux personnages Jim ou Jenna préfères-tu ? Ou est-ce un des personnages secondaires ?
Jean-Charles Gaudin :
Si j’ai tendance à mettre sur un pied d’égalité tous mes personnages, c’est bien que je les aime tous. Evidemment, je craque surtout pour ces femmes que Cyril sait si bien dessiner…

Sceneario.com : Car la fin de cet album, sans trop en dévoiler laisse supposer que ce sont les seconds couteaux qui seront sur le devant de la scène dans le prochain album?
Jean-Charles Gaudin :
Ca ce n’est pas si sûr… Vous verrez !

Sceneario.com : Tu es principalement un auteur qui écrit pour des univers d'heroic fantasy / fantastique (midi minuit, Marlysa, Galfalek, Garou, …) qu'est-ce qui t'a poussé à faire une série comme l'ombre du cinéphage ?
Jean-Charles Gaudin :
Ma passion ! Ma passion pour le genre fantastique que j’adore. Je suis un inconditionnel du genre, que ce soit en littérature ou au cinéma. J’adore les De Palma, Lynch, Carpenter, Roméro, Argento… Le cinéphage c’est un cri d’amour au genre… Un cri un peu déjanté, mais j’aime ça et j’ai pas mal de projets dans ce genre dans mes tiroirs…