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Diamonds, le Casse 1.

Diamond, le Casse 1.

Sceneario.com : Diamond est le tome 1 d’une nouvelle collection, Le Casse, dirigée par David Chauvel. Comment t’es tu retrouvé sur ce projet ?


Christophe Bec : C’est David Chauvel qui m’a fait la proposition, je ne sais pas exactement pourquoi il a pensé à moi, il faudrait le lui demander, mais j’imagine que ce doit être parce qu’il ne me trouve pas trop mauvais scénariste… Pour ma part, j’ai été flatté de cette proposition, même si je n’ai pas dit oui tout de suite. Les « casses de banque » ne faisaient pas vraiment partie de ma culture littéraire ou cinématographique, je lui ai demandé un délai de réflexion, voir si je pouvais trouver une idée suffisamment forte et qui s’inscrive bien dans le concept de la collection.

Sceneario.com : Il s’agit donc d’un travail de commande ? Ou alors avais tu un scénario qui s’est trouvé correspondre à cette collection ?


Christophe Bec : Ah non, je ne lui ai pas refourgué du réchauffé. Comme je le disais auparavant, les casses, ce n’est pas forcément ma tasse de thé, il a fallu que je me fasse un peu violence et que je me creuse la cervelle pour essayer de trouver un bon axe. Ma première idée était de faire un western, mais c’était déjà pris dans la collection. Après pas mal d’hésitations et de fausses pistes, je me suis souvenu d’un reportage qui m’avait marqué sur des mines de diamants en Afrique du Sud, et je me suis dis que le casse d’une mine de diamants, ça pourrait faire un sacré chouette truc ! Comme j’aime bien les ambiances extrêmes, j’ai choisi plutôt de situer l’action de l’album en Sibérie, où là aussi il y a de nombreuses mines. Disons que les ambiances de neige et de blizzard me paraissaient plus propices à créer une ambiance forte, même si j’aurais finalement pu écrire la même histoire en Afrique du Sud, avec quelques ajustements. Mais je connaissais mieux l’Histoire de la Sibérie et je me sentais plus à l’aise avec ces atmosphères-là.

Sceneario.com : Peux-tu nous parler un peu de ton scénario ?


Christophe Bec : On ne peut pas parler du scénario de « Diamond » sans évoquer la contrainte au préalable. Tout comme pour la série « 7 », j’ai estimé qu’il fallait essayer de respecter au mieux le cahier des charges, c’est à dire une première moitié de l’album consacrée au repérages du casse, et une seconde au casse en lui-même. J’ai essayé de m’y tenir scrupuleusement. Deux hommes se font embaucher dans une mine de diamants perdue au fin fond de la Sibérie, mais en réalité leur arrivée cache un plan audacieux : le braquage d’un des snowcats, véhicules blindés à chenilles, qui tous les deux mois transportent sous très haute protection les valises remplies des diamants qui ont été extraits de la mine et que l’on fait transiter jusqu’à la capitale. J’ai également pris le soin de m’attarder sur Andy, mon personnage principal, en creusant son passé, en essayant de lui donner une personnalité et un background. J’ai également tenu à évoquer le contexte social de ces mines de Sibérie qui ferment les unes après les autres ou qui sont rachetées par des consortiums étrangers.

Sceneario.com : Réaliser un one-shot n’est pas dans tes habitudes, est-ce ne difficulté pour toi ?


Christophe Bec : Ce n’est peut-être pas dans mes habitudes, mais j’en ai écris au moins déjà un, « Fontainebleau » et à l’avenir je vais en écrire un certain nombre, comme par exemple le spin-off de « Carthago » ou « Wadlow », une biographie de l’homme le plus grand du monde à paraître chez Quadrants. C’est vrai que c’est un exercice particulier, surtout dû au fait que l’on a rarement la pagination que l’on souhaiterait. Sur « Diamond » j’aurais bien aimé avoir 10 pages de plus !

Sceneario.com : Aurais-tu aimer développer plus cette histoire ?


Christophe Bec : Oui, il aurait été intéressant d’avoir des pages supplémentaires afin de mieux développer certains aspects de l’histoire, creuser un peu plus certaines relations ou situations. Mais cela fait aussi partie de l’exercice de style, de la contrainte, artistique et éditoriale. Finalement, ce projet a été pour moi une forme de test, comme je suis un autodidacte, aussi bien au niveau du dessin que de l’écriture, ce type d’album m’a permis de voir si au fil des ans j’avais acquis une certaine technique, car dans ce genre d’exercice, la technique est primordiale. Je voulais par exemple une fin qui soit surprenante, qui ait du panache, avec un double « effet Kiss Cool » comme je l’appelle… Je crois y être parvenu, j’attends maintenant la réaction des lecteurs pour voir si j’ai à peu près réussi mon coup.

Sceneario.com : Penses-tu que nous pourrons recroiser tes personnages dans une autre histoire ?


Christophe Bec : Aucune chance. J’ai vraiment écrit cette histoire comme un one-shot qui n’amène aucune suite. Enfin, je dis ça et en même temps on pourrait continuer à suivre le héros, Andy… Est-ce que cela aurait un intérêt ? Je ne sais pas…

Sceneario.com : As-tu eu le choix de l’équipe (Dessinateur et coloristes) avec qui tu as réalisé cet album ?


Christophe Bec : Oui, tout à fait, même si en l’occurrence c’est David Chauvel qui m’a proposé de collaborer avec Dylan Teague, et je dois dire qu’il n’a pas eu beaucoup à se battre pour me convaincre, tant le talent de Dylan est évident. Mais si on voyait assez vite qu’il était un très bon dessinateur, je ne savais pas à quoi m’attendre en terme de mise en scène et de narration, et là je dois dire que notre anglais a fait du très bon travail, il s’est vraiment bien adapté au format franco-belge, il a été très respectueux de mon découpages et à très bien compris que je voulais un côté très cinématographique. On s’est facilement rejoint là-dessus.


Sceneario.com : Quel est le rôle de David Chauvel sur ton travail ? A-t-il influencé ton scénario ?


Christophe Bec : Influencé le scénario ? Sur les grandes lignes, non. Sur certains points de détails, oui. En fait, au départ, je lui ai juste parlé du cadre de l’histoire : une mine de diamants avec les galeries réfrigérées au fréon, une petit ville perdue de Sibérie, un casse improbable sur un lac gelé… Il a tout de suite senti que c’était la bonne voie et ma dit de foncer ! Et il avait vu juste le bougre ! Si j’ai ramé au départ pour trouver la bonne idée, une fois que j’ai eu la bonne, tout s’est enchaîné assez vite. Les personnages sont venues d’eux mêmes

et le scénario aussi finalement. Rien de plus simple, j’ai fait cela en deux temps. Premièrement, je me suis mis à la place du directeur de la mine en essayant d’imaginer comment il pouvait acheminer les diamants jusqu’à la capitale en prenant le moins de risque possible ; puis deuxièmement, je me suis mis à la place de mon équipe de braqueurs, en essayant de trouver quel était le point faible dans le plan du directeur de la mine.

 


Sceneario.com :   Christophe, te voilà à présent chez Delcourt, tu auras presque fait tous les grands éditeurs, en arrivant chez Delcourt, qu’est ce qui change d’un autre éditeur ?


Christophe Bec : Je dois dire que j’ai n’ai eu quasiment aucun contact avec les équipes Delcourt, c’est David Chauvel qui faisait tout le boulot, et je dois dire qu’il a abattu un travail incroyable, et pour avoir été à sa place sur la collection « Hanté », je sais de quoi je parle, c’est colossal ! Il était sur tous les fronts : artistiques, éditoriaux, relationnels… Je dois dire que ça a été un plaisir d’être couvé de la sorte. Je suis prêt à remettre ça quand il veut ! (rires)

Plus sérieusement, il est un peu étonnant en effet que je me retrouve chez Delcourt, alors que c’est un éditeur qui a systématiquement refusé jusqu’à maintenant tous les projets que je lui ai présenté, quand j’avais des réponses… un des directeurs éditoriaux de Delcourt (que je ne citerai pas) n’a même par deux fois jamais pris la peine de me répondre. Mais finalement cela ne me surprend pas, je n’ai moi-même jamais vraiment estimé coller au catalogue Delcourt, en tout cas à une certaine époque, car maintenant comme tous les catalogues des grands éditeurs, il est très diversifié. Ensuite, je dois dire que les équipes m’ont parues très compétentes et il n’y a jamais eu le moindre heurt.

Sceneario.com : Travaillent-ils tous de la même manière ?


Christophe Bec : Difficile à dire, il faudrait être à l’intérieur pour pouvoir vraiment se faire une opinion. Ce qui change de l’un à l’autre, ce sont les personnes, les directeurs de collections ou les directeurs éditoriaux, et la politique éditoriale qui va avec. Ensuite, et c’est la particularité de Soleil, Delcourt ou Glénat, le créateur de la maison d’édition est encore à la tête de la boîte, c’est une personne physique avec qui on peut parler, et c’est très appréciable, plutôt que d’obscurs actionnaires…

Sceneario.com : Si tu devais parler de David Chauvel... tu dirais quoi de bien, sans trop fayoter ?


Christophe Bec : Ses principales qualités sont son investissement et son écoute. Sa compréhension aussi, mais étant auteur lui-même, il lui est plus facile d’appréhender la chose. Tout comme moi, je pense que c’est quelqu’un de passionné et qui ne compte pas ses heures.

Sceneario.com : Et si tu devais en dire du mal... sans langue de bois...


Christophe Bec : Je ne le connais pas assez pour émettre des critiques de cet ordre, ce que je pourrais dire c’est que je connais finalement assez peu son travail, même si j’ai lu quelques une de ses séries tout de même. Il faudra que je comble prochainement cette lacune.

Sceneario.com : Ton actualité 2009 a été copieuse, 2010 s'annonce du même acabit, peux tu nous en parler.


Christophe Bec : Le second semestre 2009 a été plutôt calme, il n’a vu que la sortie du tome 1 de « Ténèbres » avec Iko au dessin. Mais il n’en sera pas de même du premier semestre 2010, avec outre la sortie de « Diamond », celle de « Bunker » tome 4 avec Stéphane Betbeder et Nicola Genzianella, « Prométhée » tome 3, « Le Temps des Loups » tome 3 avec Luca Raimondo, « Sarah » tome 2 avec Stefano Raffaele et « Wadlow » avec Nicolas Sure.

Le second semestre verra normalement les sorties de « Pandémonium » tome 3 toujours avec Stefano Raffaele, « Under » tome 1 aussi avec Stefano Raffaele (ma première collaboration avec les éditions du Lombard) et le tome 2 attendu de « Ténèbres ». En Janvier 2011 devrait sortir le premier tome de ma nouvelle série au dessin « Doppelgänger », sur laquelle je travaille actuellement, sur un scénario d’Eric Corbeyran. Pour 2011 devrait aussi arriver « Carthago Adventures », un one-shot issu de la série mère, avec l’excellent Jaouen au dessin.

Sceneario.com : Avec toutes ces séries, as tu une préférence ?


Christophe Bec : En réalité je les aime toutes, mais si je devais vraiment choisir, je dirais que j’ai un petit faible pour « Carême » et « Pandémonium » les deux séries ou j’ai mis sans doute le plus de moi.

Sceneario.com : Longtemps tu as tenu des sites sur toi, puis silence absolu, aujourd’hui depuis quelques temps tu tiens un blog régulièrement mis à jour. Pourquoi ce silence, mais aussi pourquoi revenir sur la toile?


Christophe Bec : Au départ, j’avais fait réaliser un site Internet assez complet, mais les actualisations étaient lourdes à faire et j’ai eu le tort de l’ouvrir aux commentaires des internautes, leur bêtise et leur lâcheté m’y ont fait renoncer pour ouvrir un blog sans commentaires, plus pratique pour donner des news. C’est le manque de temps à une époque qui me l’a fait arrêter. Comme j’estime qu’un blog doit être vivant ou ne pas être, j’ai décidé de le fermer complètement. Il y a quelque mois et suite à ma décision de moins dessiner, j’ai eu un peu plus de temps pour m’y consacrer. J’essaie de faire cela au mieux en donnant un maximum d’infos en temps réel. Ce qui m’a fait également rouvrir ce blog c’est de lire toutes les contre-vérités qu’on peut parfois voir, et pas seulement sur des forums, mais aussi sur des sites spécialisés. Ainsi mon blog fait figure de référence où on peut y trouver les vraies infos sur mon actualité. Mon blog « Prométhée 13-13 » marche plutôt bien, en quelques mois d’existence, il y a déjà 15 000 visiteurs uniques qui y sont passés.