interview bande-dessinée, interview auteurs bande-dessinée, Christophe BEC réalisateur du court Métrage FRENCHBOY

Christophe BEC réalisateur du court Métrage FRENCHBOY

Christophe BEC réalisateur du court Métrage FRENCHBOY


Sceneario.com : Christophe, d'où vous est venue cette envie de vous lancer dans le cinéma ?


Christophe BEC: Ce n’était pas prémédité. Fabrice Lambot de Metaluna Productions m’a contacté il y a quelques temps, me demandant si j’avais envie d’écrire et réaliser mon propre long-métrage. Nous travaillons auparavant sur un projet de court-métrage Fantastique assez ambitieux « Les Tourbières Noires », pas encore financé, et avant toute chose j’avais besoin de me tester, savoir si cela me plaisait et si j’étais capable de tenir un plateau de Cinéma, d’où ce projet « Frenchboy » autoproduit.


Sceneario.com : Pour autant vous n'allez pas abandonner votre planche à dessin ou l'écriture de scenario pour la Bande Dessinée ?


Christophe BEC: Non, bien-sûr que non. D’autant que je n’ai pas du tout commencé l’écriture de ce long-métrage et comme je le disais, « Les Tourbières Noires » n’est pas financé, je n’ai donc aucune certitude de le tourner.

Sceneario.com : Nous sommes loin de vos scénarii de BD, pourquoi ?


Christophe BEC: Question de budget ! J’ai financé « Frenchboy » avec 2 000 Euros seulement. Il ne fallait donc pas que j’aille vers un scénario trop ambitieux en termes de moyens pour le raconter. J’ai choisi une histoire contemporaine, dans des lieux existants, avec assez peu de personnages.


Sceneario.com : La qualité du court métrage est indéniable, et pourtant vous nous parlez d'un budget serré...


Christophe BEC: Ce n’est pas un budget « serré », c’est un budget microscopique ! Mais je voulais tout de même essayer de faire un film qui se rapproche d’un niveau professionnel, alors que finalement toute l’équipe est « amateur » en matière de Cinéma, ce sont tous des pros dans leur domaine, mais qui n’est pas directement lié au Cinéma…

Sceneario.com : Comment avez vous composé l'équipe de tournage ?


Christophe BEC: En fait, tout est parti de Nicolas Sénégas, un ami, artiste photographe de talent, il a fait la lumière sur le film et l’étalonnage des couleurs, et c’est lui qui m’a mis en relation avec le reste de l’équipe. Il m’a même dégotté au dernier moment mon assistante, Julia Moreno. Une fille incroyable de dynamisme, qui nous a sortis de bien des ornières. Sans elle, je crois que qu’on aurait planté le film. Il faut savoir que vu que le budget était minuscule, on a dû tourner 110 plans en 3 jours seulement… ce qui est énorme ! Le premier jour, on a fini à 4 heures du matin. Le pauvre Simon Giesbert, qui était concerné par les scènes cette nuit-là, était mort. Mais paradoxalement, c’est là où il a trouvé les ressources pour monter encore son niveau de jeu.


Sceneario.com : Et pour les acteurs ?


Christophe BEC: Simon Giesbert m’a été recommandé par Nicolas Sénégas, c’est un acteur plein de qualités, humaines aussi ; quant à Déborah Amsens, je l’avais remarquée en cherchant des actrices pour « Les Tourbières Noires ». J’avais vu un court-métrage qu’elle avait réalisé elle-même « Bleu(s) » et elle crevait l’écran ! On s’est rencontrés à Paris, le courant est très bien passé. Je voulais absolument une actrice pro pour le rôle de Délice/Virginie, elle a eu la gentillesse d’accepter. Elle a impressionné toute l’équipe technique par son talent.

Sceneario.com : Qu'attendez-vous de ce film ?


Christophe BEC: Honnêtement rien. Je l’ai fait pour moi tout d’abord, très égoïstement, pour voir si la réalisation était dans mes cordes, pour voir comment fonctionne un plateau, la postproduction, et apprendre quelques techniques… Si après, les gens qui le verront trouvent cela pas trop mauvais pour un court-métrage fait avec 2 000 Euros, cela m’encouragera. Mais je n’ai aucune prétention sur ce film. C’est une petite histoire simple. On s’est appliqué avec l’équipe à essayer de faire un film bien joué, avec de beaux plans et des bonnes musiques.

Sceneario.com : La diffusion d'un court métrage n'est pas chose aisée, comment comptez-vous le faire visionner à un maximum de monde ?


Christophe BEC: Eh bien je compte sur Sceneario.com et ses fidèles internautes !! Puis ensuite on verra, si le film n’est pas trop mal reçu, j’essaierai de le faire un peu tourner dans des festivals BD par exemple.


Sceneario.com : Savez vous si le court va être diffusé dans un cinéma ? Avez-vous prévu une "avant première" ? Une rencontre avec les acteurs ? L'équipe ?


Christophe BEC: J’aurais aimé. Malheureusement, les cinémas de ma région n’ont pas joué le jeu. Même le centre culturel d’Albi, la ville où j’habite et où le film a été tourné, n’a pas daigné y prêter le moindre intérêt. C’est comme ça, les petites villes sont tenues par des réseaux. Je ne les ai pas. Je suis en marge. Moi, je fais mon boulot dans mon coin. Ma seule préoccupation, ce sont mes lecteurs. Mais tout de même, un festival albigeois de Cinéma va le projeter cet été normalement.

Sceneario.com : Les professionnels vous ont-ils déjà approché ?


Christophe BEC: Oui, comme je le disais, je développe des choses avec Metaluna, une maison de production créée également par Jean-Pierre Putters (Mad Movies). Je ne sais pas encore si quoique ce soit se concrétisera, j’ai du mal à saisir les rouages du milieu : les financements des commissions régionales, le CNC, etc. Tout ça est tellement éloigné de la BD.

Sceneario.com : Et la suite, Christophe ?


Christophe BEC: Il est clair que j’ai pris énormément de plaisir sur le tournage de « Frenchboy ». Mais je ne referai pas un film dans ces conditions. Le prochain sera plus professionnel ou ne sera pas. Je pense être maintenant prêt à passer à une étape supérieure, et je suis un peu suspendu au financement du court-métrage « Les Tourbières Noires ». Tout dépend de cela maintenant…

Sceneario.com : "Délice", pardon Déborah AMSENS, comment êtes vous arrivée sur ce film, "Frenchboy" ?


Déborah AMSENS: Christophe Bec m'a contacté, et nous nous sommes rencontré à Paris. Très simplement. Nous nous sommes plu, respectivement et professionnellement. Nous avions la meme vision du personnage, l'accord a été très vite signé.

Sceneario.com : « Jon », pardon Simon Giesbert, comment c'est déroulé le tournage ?


Simon GIESBERT: Le tournage s'est plutôt bien passé même si le temps de manière générale nous a manqué. C'est quand même un challenge de tourner une centaine de plans en 3 jours ! Mais l'équipe, composée pour la plupart d'amis à moi, et de gens qui ne sont pas vraiment aguerris aux difficultés d'un tournage, est vraiment restée soudée et concentrée. Et ça c'est bon à voir !

Sceneario.com : Comment décririez-vous Christophe Bec, "le réalisateur" ?


Simon GIESBERT: Christophe est de ce genre de personne dont on ne sait jamais vraiment ce qu'il pense, ce qui m'a mis dans une certaine recherche d'efficacité. On ne se connaissait pas très bien avant de commencer le tournage, mais je dois dire que je suis plutôt satisfait du travail qu'il a pu me faire faire. Il m'a demandé, en quelque sorte, de jouer un "miroir" d'une partie de sa vie, aux débuts de sa carrière de dessinateur. Quelqu'un de réservé, peut- être un peu maladroit dans les rapports sociaux, mais une personne de cœur qui s'engage à fond dans les choses qu'elle entreprend. Par contre, vis à vis du personnage, je ne pense pas que Christophe ait pu être un mateur de cams porno, haha... Il est consciencieux, et déterminé. Encore une fois, le temps nous manquait donc il a tout mit en œuvre pour que ça se passe le mieux et je suis vraiment content de ce travail avec lui.

Sceneario.com : Prêt à recommencer avec Christophe ?


Simon GIESBERT: Evidemment. Mais ça, ça ne dépend pas de moi. C'est à lui qu'il faut le demander. Même s'il m'a déjà plus ou moins parlé de projets à venir, il manque de temps, ah ! le temps... et encore faut-il que lui-même soit content de ce que j'ai pu produire sur ce court-là. Affaire à suivre, mais il le sait, je reste à sa disposition pour la suite des évènements.