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Belya Dogan et Philippe Bringel, auteurs de la série Jed-Kan

Interview réalisée par sbuoro en septembre 2007

 

Sceneario.com : Bonjour ! Pourriez-vous, pour commencer, vous présenter quelque peu aux lecteurs ?

Belya Dogan :
Me présenter n’est pas mon fort… comme beaucoup de personnes, je pense ne pas être très à l’aise avec cet exercice ! Pour commencer, je dirais que je suis une femme. Mon âge ? Laissons planer le mystère... Pour ce qui est des études, j’ai un bac littéraire et un Deug de psycho. Côté professionnel, j’ai été rédactrice pour la presse (magazine). J’ai dû interrompre cette activité durant un temps, mais comme rien n’arrive par hasard, j’ai pu durant cette période me consacrer à la BD.

Philippe Bringel :
J’ai 42 ans, je suis célibataire (non, ne vous affolez pas toutes en même temps ! lol ), je suis un autodidacte qui aime ce qu’il fait. J’ai pratiqué plusieurs métiers "alimentaires" qui avaient parfois un lien avec le graphisme mais d’autres fois pas du tout. Mais ma passion de toujours, c’est le dessin. C’est par la BD que je l’ai découvert : enfant, c’était presque ma seule lecture. Il aura fallu des années pour que je rencontre une personne aussi passionnée que moi pour enfin mettre des mots dans les bulles ! Avec Belya, cette alchimie artistique nécessaire pour construire une série BD a opéré rapidement.

Sceneario.com : L’histoire a-t-elle été imaginée avant qu’un dessinateur soit pressenti pour la mettre en images ou bien a-t-elle été écrite "pour" Philippe Bringel ?


Belya Dogan : L’histoire à été écrite pour Philippe. La création de l’univers et des personnages s’est construite en complicité directe avec lui. C’est notre envie de travailler ensemble qui est à la base de tout, une vraie histoire d’amitié entre nous et autour du projet. C’est l’univers fantastique des illustrations et des peintures de Philippe qui m’ont tout naturellement orientée vers l’héroïc-fantasy. Il est autant intervenu sur l’écriture du scénario que moi sur le dessin ou la couleur (chacun avait un rôle prédéfini, mais chacun tenait compte des remarques de l’autre… Mais dieu nous préserve, je n’ai fait que critiquer le dessin ! Je n’ai jamais pris le crayon à sa place… !!!! Le résultat aurait été lamentable ! Tout comme lui n’a jamais eu la prétention d’écrire le scénario.)

Philippe Bringel : L’histoire bien qu’écrite pour moi, a été créée au fur et à mesure sur un thème où je suis le plus créatif. On s’est très vite mis d’accord pour créer un univers en équilibre entre son goût pour les contes et l’empreinte plutôt "fantastique" de mes illustrations. L’héroic fantasy s’est très vite imposée comme un trait d’union naturel entre nos compétences respectives.

 

Sceneario.com : Depuis quand vous connaissez-vous et qui de vous deux a poussé l’autre à se lancer dans l’aventure de la réalisation d’une BD ?

Belya Dogan :
On se connaît depuis plus de 12 ans, peut-être plus... Et c’est lui qui m’a poussée ! En fait, sa passion pour le dessin s’exprime depuis plus longtemps que ma passion pour la BD. Je savais que j’avais envie d’écrire, de raconter des histoires... mais j’étais plus attirée par le roman, la nouvelle, les contes pour enfants, etc... (J’avais l’écharpe de l’écrivain maudit qui écrivait jamais rien ! mdr) Bref, je lambinais dans mon coin. A ce rythme-là je n’aurais jamais écrit plus que mes articles de presse ou la liste de mes courses le samedi matin pour aller au supermarché ! C’est lui le fautif... Il a un grand sens de la persuasion et du harcèlement moral. Il m’a eue à l’usure... Et faut croire que ça a marché !

Philippe Bringel : Moi je cherchais un scénariste depuis déjà un bon moment. J’avais lancé quelques projets avec des scénaristes amateurs que j’avais rencontrés sur des festivals, mais aucun d’entre eux n’a pu aboutir. Belya et moi étions amis depuis quelques années et je connaissais son envie d’écrire, j’ai tout naturellement pensé à lui proposer de travailler ensemble. Le fait que nous travaillions en collaboration directe, la volonté et nos fous rires ont fait le reste… ! La sauce a "pris" comme on pourrait dire ! 

Sceneario.com : Combien de temps vous a-t-il fallu pour réaliser ce tome 1 ?

Belya Dogan :
Trop !!! Trop de temps... D’où les petites faiblesses inratables pour mon regard auto-critique. Il est évident que si nous avions eu le loisir de nous consacrer uniquement à ça, le livre serait mille fois meilleur ! (Remarquez, je ne suis jamais satisfaite ! C’est ma croix.). Pour répondre à votre question, on peut dire que la création des personnages principaux, l’univers d’Elméria ainsi que la trame principale du scénario (ce qui représente une part importante du travail de création) et la réalisation du 1er tome nous ont pris environ 3 ans. (En comptant qu’on ne travaillait que les week-end). Mais maintenant les choses vont un peu plus vite. Le tome 2 est déjà écrit. Et nous travaillons sur le 3.

Philippe Bringel : Disons, qu’entre le travail alimentaire et les obligations de la vie de tous les jours, il nous a fallu trois années, entre l’écriture et l’impression. Mais cela nous a permis aussi d’apprendre beaucoup et de peaufiner les prochains tomes. 

Sceneario.com : Quelles ont été les difficultés de réalisation pendant la phase de création ?

Belya Dogan :
Tout à été difficile ! Dire que c’est simple serait un mensonge. Créer de bout en bout un objet fini, présentable, quand on a en charge tous les aspects (créatifs, techniques, administratifs, financiers...) est une longue course de fond. C’est un vrai travail. Je ne suis pas scénariste de métier. J’ai tout appris au fur et à mesure. Je crois que je suis celle qui a le plus souffert la première année. Le nez plongé dans des livres pour apprendre, ou simplement à lire des BD pour m’imbiber des mécanismes et des pré-requis propres au 9ème art ! Philippe lui est un autodidacte pur jus. Il sent et il ressent. Moi, j’ai eu une grande phase "scolaire"... Je voulais faire au mieux pour pas lui donner un scénario au découpage ou aux angles de vue "indessinables" !

Philippe Bringel : Pour moi, la plus grande difficulté a été d’apprendre à recommencer le même dessin, encore et encore. Comme je viens plus du monde de l'illustration il a fallu que je m’adapte à ce nouveau mode d’expression qu'est la bande dessinée. Après, tout n’est que plaisir, mais plaisir ne veut pas dire que cela est facile, bien au contraire !

 

Sceneario.com : Philippe, avec quel matériel travailles-tu ? As-tu suivi de près ou de loin un cursus particulier relatif à la BD ?

Philippe Bringel :
Je n’ai fréquenté aucune école d’art. Mon goût pour le dessin s’exprime depuis ma plus tendre enfance. Le reste s’est construit au fil des années par la curiosité et le travail. Mon entourage dit de moi que je suis un "acharné", je pense que c’est un peu vrai, mais en fait j’aime ce que je fais. Pour le premier tome, j’ai travaillé avec des encres aquarelles pour la couleur. Je souhaitais vraiment tout faire manuellement, je trouve que cela donne une touche vivante, c’est aussi cela qui donne de l’expression et du caractère au dessin. Je mets un point d’honneur à ce que les prochains tomes soit aussi mis en couleurs manuellement.

Sceneario.com : Quelles lectures BD vous ont influencés ? Quels sont les genres de BD dans lesquels vous souhaiteriez vous lancer en dehors de l'héroïc fantasy ?


Belya Dogan : Toutes les BD m’ont inspirée. J’ai trouvé dans toutes mes lectures de quoi nourrir mon appétit de débutante. Mais au-delà de la BD, j’avoue trouver aussi mes inspirations dans le cinéma classique ou d’animation ou encore le roman... Cependant, les techniques de la narration en BD sont propres à cette forme d’expression. Si l’inspiration "scénaristique" peut venir de différents horizons, il faut s’adapter aux limites et aux libertés du genre. Pour ma part, à partir du moment où il faut raconter une histoire et qu’un dessinateur veut bien donner vie à mes idées les plus folles... je suis capable de relever tous les défis !

Philippe Bringel :
Les BD qui m’ont inspiré ? Alors là, il y en a eu !!! Enfant, j’ai découvert la BD par les comics : Strange, Yuma, Zembla, Swing, Le manoir des fantômes, King Cobra, Blek le roc, Fantôme, Conan (la série en N&B de Lug), Eclipso, Tarzan, etc... Ce n’est qu’après avoir connu les comics américains que je me suis mis à dévorer aussi les franco-belges : Lucky Luke, Astérix, Tintin, etc... Plus tard, j’ai apprécié des styles différents comme : Le pouvoir du Chnikel, La fièvre d’Urbicande entre autres... Mais mon imaginaire s’est aussi nourri de dessinateurs comme Sergio Toppi, Berni Wrightson ou encore des peintres comme Frazetta, Boris, Siudmak, Sanjulian, etc... Je suis pour l’instant ouvert à tous les genres avec quand même surtout une préférence pour les dessins en noir et blanc. 

Sceneario.com : Avez-vous déjà l’un ou l’autre publié des textes (romans, poèmes...) ou de la BD, des illustrations ?

Belya Dogan :
 A part dans la presse, non... rien.

Philippe Bringel : Ma réponse va être d’une rapidité extrême, faites attention, la voilà : NON ! Il y a bien eu quelques illustrations, dessins et graphisme pour des sites internet, logos d’entreprises, dessins publicitaires et fanzines, mais c’est tout. 

Sceneario.com : Parlez-nous de vos expériences auprès des éditeurs... Est-ce un choix de vous être auto-édités ou est-ce suite à des démarches qui n’ont pas abouti ?

Belya Dogan :
En fait nous n’avons pas beaucoup démarché, mais je dois avouer qu’au moment où on a présenté les ébauches de notre projet à des éditeurs, je pense que nous n’étions pas prêts... Mais bon, c’est quand même dommage pour eux qu’ils n’aient pas, de suite, décelé notre génie "incommensurable" !!! MDR. L’auto-édition a été rapidement un choix et une liberté (qui nous a coûté cher !).

Philippe Bringel : N’ayant eu aucune explication de la part des maisons d’éditions contactées, je suppose que nous ne rentrions pas dans leurs lignes éditoriales. Mais Belya, comme moi, nous avons, je pense, le sens du défi. Et surtout, nous voulions aller au bout de notre travail de création. C’est aussi pour ça que ça nous a pris autant de temps ! Nous nous sommes donné les moyens et les éditions PHILYA sont nées.

Sceneario.com : Parlez-nous de l’auto-édition. Comment trouve-t-on un imprimeur ? Combien ça coûte ? Quelles ont pu être les aides et les subventions qui vont ont permis de mener à bien ce projet ? Quel tirage a été fait de "L’ombre du Yornak" ? Au bout de combien de ventes rentrerez-vous dans vos frais ?

Belya Dogan : Bien. Pour trouver un imprimeur... il suffit d’ouvrir les Pages Jaunes ! Enfin... sans vouloir faire de pub ! Puis on parle "qualité" et surtout "délais" et enfin "PRIX" ( et ce n’est pas en fonction du dernier que nous avons choisi notre imprimeur.) Nous aurions pu trouver moins cher. Et nous avons trouvé moins cher. Mais lui était très réactif et très pro. Tout au long de l’impression, il nous proposait des épreuves couleur pour que nous puissions juger du rendu. Enfin bref, un imprimeur du tonnerre ! Pour le prix, si je vous dis qu’avec cet argent on aurait pu s’acheter une très jolie petite voiture neuve, ça vous va ? Prix que nous avons payé sans subventions ou autres aides quelconques... Nous avons investi notre propre argent. D’ailleurs, depuis, nous sommes au régime pommes de terre...!!! Pour la quantité de livres, on va répondre qu’on en a imprimé trop en cas d’échec total et pas assez si ça devient un "best-seller. Vous situez la fourchette ? Pour ce qui est de rentrer dans nos frais... en comptant que la BD est vendue au prix public de 13 € (honnête) et que le nombre d’heures de travail déjà effectuées en tant que créatif et qu’éditeur et toutes les autres heures à venir : nous ne serons jamais vraiment remboursés. C’est une démarche où la passion doit l’emporter sur l’intérêt. Pour ceux qui rêvent d’instaurer des "taux horaire" de base pour un auteur auto-édité, il vaut mieux les prévenir : il n’y a pas de minimum syndical. Mais quand on aime, paraît qu’on compte pas...

 

Philippe Bringel : Ah, l’auto-édition ! Beaucoup de liberté et malheureusement beaucoup de contraintes. Pour les imprimeurs, il suffit de demander des devis. C’est tout simple. Quant au prix, je peux simplement dire : une certaine somme. Alors sur le sujet des aides et subventions il y a beaucoup à dire et en même temps pas grand chose. Quand je dis "beaucoup à dire", c’est qu’il y a un nombre incroyable d’aides et de subventions ! Et quand je dis "rien à dire", c’est que malheureusement, aucune ne rentre dans le cadre de l’auto-édition. Quant à la question de savoir si nous rentrons dans nos frais et bien, nous n’avons pas encore assez de recul puisque la BD vient juste de sortir.

Sceneario.com : Quels sont vos moyens de publicité ? De diffusion ?

Belya Dogan :
Mes moyens à moi : c’est mon téléphone et mes petits doigts pour écrire et tapoter le clavier de l’ordi. Mon métier de rédactrice m’a appris à organiser la communication sur des produits ou des évènements culturels. J’essaie de mettre à profit mes compétences. On a créé un site Internet (http://jedkan.free.fr/), des dossiers de presse, on va de nous-mêmes au-devant des média. C’est d’ailleurs comme ça qu’on s’est fait connaître de Sceneario.com !!!  ;-)  Pour la diffusion, c’est pareil : il faut aller à la rencontre des professionnels. D’ailleurs, la plupart du temps, ce sont des gens supers. Ils apprécient qu’on se déplace pour leur présenter notre travail. Et pour certains, ils nous associent dès qu’ils le peuvent à des séances de dédicaces dans leur point de vente alors que nous sommes d’illustres inconnus pour le grand public. C’est en ce moment ce qui nous prend le plus de temps : la communication ! Et comme il faut communiquer pour diffuser, c’est pour nous (auto-édités) un passage obligé !

Philippe Bringel : Les moyens de diffusion pour les auto-édités sont rares et difficiles à mettre en oeuvre. Nous avons tout de même fait les choses dans les règles : nous avons contacté Electre pour présenter notre livre dans leur fichier interprofessionnel et le FEL (Fichier des Editeurs et des Libraires) a aussi recensé notre livre. Comme j’ai longtemps travaillé à la réalisation de sites Internet, j’ai tout de suite pensé à ce médium et nous avons mis en ligne un site pour présenter et vendre notre BD. Internet est une véritable aubaine pour aller à la rencontre des lecteurs ! 

Sceneario.com : Comment ressentez-vous l’accueil de votre BD (auprès du public, des libraires, des professionnels de la BD et de l’édition) ?

Belya Dogan :
L’accueil du public est très positif ! Les passionnés de BD sont demandeurs de nouveautés. Même s’ils sont devenus plus sélectifs face à la "sur-production" actuelle. Mais c’est aussi tout ce qui fait l’intérêt : chaque vente est une réussite en soi. Le lecteur a tant de choix et quand il choisit votre livre, c’est gratifiant ! Pour les professionnels, l’accueil est très sympathique. La plupart savent que la BD est un genre littéraire qui a le vent en poupe. Ils refusent rarement de prendre notre titre. Ou alors, c’est qu’on s’est carrément trompé de crèmerie et qu’on tente de vendre de la BD à un libraire spécialisé dans la littérature pieuse (genre que je respecte avec dévotion cela va de soi ! lol)

Philippe Bringel : Pour le moment nous avons un très bon accueil de la part des lecteurs et des professionnels. Mais sans vouloir nous passer la brosse à reluire, il faut dire que nous avons tout fait pour avoir une bonne BD. Et le tome 2 est encore meilleur...  :-)

 

 

Sceneario.com : Démarchez-vous vous-mêmes auprès des organisateurs des festivals où vous allez présenter votre BD ou bien commence-t-on à vous contacter ?

Belya Dogan :
Pour l’instant oui, la plupart des salons auxquels nous participons, nous les avons démarchés. Mais peut-on leur reprocher de ne pas nous connaître si nous n’allons pas vers eux ? Cependant, de plus en plus, lors des festivals ou séances de dédicaces, des organisateurs viennent nous démarcher directement pour nous inviter. Je pense qu’il n’y a rien de mieux pour eux que de nous voir à l’œuvre face aux lecteurs et de feuilleter le livre... Nous avons ainsi été sollicités pour des évènements de plus ou moins grande importance. Mais je pense que toute manifestation servant à promouvoir le "livre" en général (et pas forcément notre BD) est une bonne chose en soi pour les lecteurs et la culture ! (c’est bien dit non ?). 

 Sceneario.com : Démarcherez-vous pour que le tome 2 apparaisse au catalogue d’un éditeur ayant "pignon sur rue" ou continuerez-vous l’aventure en duo ?

Belya Dogan :
Le tome 2 est déjà écrit et la date de l’impression est fixée : Mai 2008. Et, sous réserve de grosse catastrophe (enlèvement par des aliens ou très gros chèque d’une maison d’édition aux moyens hollywoodiens) nous allons l’éditer au sein de notre maison d’édition PHILYA.
Philippe Bringel : Après avoir mis autant d’énergie à l’écriture et l’illustration, à la commercialisation et la distribution de ce premier tome, il est évident que nous ferons ce qu’il faut pour que les éditions PHILYA se pérénisent. C’est pourquoi il est prévu que nous éditions le tome 2 sous notre enseigne.

Sceneario.com : Sur combien de tomes souhaitez-vous étaler la série ?

Belya Dogan :
Le tome 2 est prévu pour mai 2008. La série est (pour le moment) prévue sur 4 tomes. En ce qui concerne le scénario, c’est presque bouclé. Si le tome 1 paraît sous certains aspects assez conventionnel (reprenant les codes propres à l’héroïc fantasy) les volumes suivants réservent des surprises. Les personnages prennent plus de profondeur tout en développant l’humour qui apparaissait par petites touches dans le premier opus. On découvre de plus en plus l’univers d’Elméria ; la recherche des enfants donne lieu à des intrigues parallèles...  Des rapprochements inattendus s’opèrent entre certains personnages... Nous avons voulu que cette série soit un bon divertissement pour le lecteur. Nous donnons RDV à ceux qui ont déjà lu le T1 (et aux autres) pour retrouver Jed’Kan en mai 2008 !

Philippe Bringel : Pour ma part, je peux ajouter que je travaille actuellement sur les dessins du T3. Et la suite, écrite d’un bloc, promet d’être meilleure que le T1 (qui, comme on le sait, sert surtout à mettre en place l’univers, les personnages et à présenter les amorces de l’intrigue...). J’ai beaucoup de plaisir à étoffer la palette des nouveaux personnages que vous découvrirez dès le tome 2 et le scénario des tomes suivants me permet de m’amuser et de donner encore plus de dynamisme et d’émotions à mon dessin ! 

Sceneario.com : A part la suite de Jed-Kan, quels sont vos projets ? Les éditions PHILYA n’existeront-elles que pour vos collaborations ou pensez-vous étoffer votre catalogue avec les œuvres d’autres auteurs ou artistes ?

Belya Dogan :
Des projets pour d’autres séries ou des idées pour des "one-shots", nous en avons tous les deux plein les tiroirs ! Mais l’équilibre entre nos envies de conteurs d’histoires et les obligations marchandes d’une maison d’édition est difficile à établir. Nous ne pourrons peut-être pas donner forme à toutes nos idées. Il va falloir qu’on fasse le tri. Depuis que j’ai découvert l’écriture de scénarii, j’ai envie de continuer à collaborer avec des dessinateurs. Quant à éditer et accompagner d’autres auteurs, évidemment ce serait une aventure passionnante...

Philippe Bringel : Je peux juste dire que j’ai plusieurs projets sur le feu qui me tiennent à cœur, mais bien entendu la volonté première d’une maison d’édition est de pouvoir, un jour, découvrir de jeunes talents. Et ce n’est pas ce qui manque en France !

Sceneario.com : Merci et bonne chance pour la suite !