Interview

A l’occasion des 20 ans de Lanfeust, un bel entretien avec Christophe Arleston

sceneario.com : Christophe, bonjour, nous fêtons les 20 ans de Lanfeust, cela représente 70 albums parus durant ces 20 ans. 

Christophe Arleston : Avec uniquement le monde de Troy on doit effectivement être dans ces eaux-là.

Sceneario.com : Cela représente trois albums par an 

Christophe Arleston : Je ne fais pas vraiment de statistiques sur ma production Il y a eu des années ou les parutions ont été plus nombreuses, des années où il y en a eu moins, en fonction des dessinateurs qui pouvaient travailler en parallèle mais on arrive quand même à 70 bouquins.

sceneario.com : Il y a juste un cas particulier, les Gnomes de Troy qui sont des gags en une page alors que toutes les autres séries de l’univers de Troy sont des récits complets. 

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Christophe Arleston : En fait, les Gnomes sont nés dans Lanfeust Mag parce que la tradition des gags en une page permet d’animer le journal par rapport à la simple prépublication habituelle, traditionnelle d’albums.
Didier faisait un gag tous les mois. Au début des années 2000, on a sorti un recueil quand on a eu 44 gags, mais c’était très hétéroclite graphiquement puisque d’un mois sur l’autre, Didier changeait un peu de dessin, il se cherchait, il n’y avait pas vraiment d’unité.
Plus récemment, on s’est dit que ça valait vraiment le coup de travailler cette série comme une vraie série, fixer une charte graphique, faire de vrais albums avec des gags plus structurés. C’est un peu une récré pour lui entre deux Lanfeust. Par contre cela reste une parution irrégulière puisque pour Didier Tarquin, Lanfeust reste évidemment prioritaire, on a un rendez-vous annuel régulier avec les lecteurs. Il fait du Gnome entre deux et on sort un album quand on a suffisamment de matière, mais ce n’est pas traité comme une vraie série régulière.

Sceneario.com : Et pour toi en termes écriture, cela change énormément de choses ? 

Christophe Arleston : Oui, j’ai beaucoup appris avec les gags en une page des Gnomes. Le gag en une page est un des exercices les plus difficiles, contrairement à ce que l’on pourrait croire. Comme dans beaucoup de domaines, faire simple est ce qui le plus compliqué. J’ai mis un moment à apprendre cette mécanique du gag et maintenant je suis assez content parce que je pense la maitriser. Il a fallu que je passe vingt ans de métier pour y arriver, je la tiens bien et je prends un grand plaisir au gag en une page et j’ai même des envies de séries de gags en une page pour d’autres thèmes. C’est quelque chose de très gratifiant puisqu’à chaque fois qu’on a fini une planche, on a fini une histoire, alors que quand on a fini un album, ce qui n’arrive pas tous les jours, on n’a pas forcément fini une histoire puisque qu’on finit parfois sur des cliffhangers.
Tandis que là on la satisfaction d’avoir créé une petite brique que l’on range dans un coin, qui est une unité, c’est assez valorisant.

Sceneario.com : On va revenir à Lanfeust, il y a eu Lanfeust de Troy, Lanfeust des Etoiles et maintenant Lanfeust Odyssey. Au départ Odyssey c’était plutôt des diptyques, maintenant j’ai l’impression que tu es revenu sur un rythme plus feuilletonant. 

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Christophe Arleston :  Sur le début de Lanfeust Odyssey on avait plein d’idées et on voulait changer complétement le concept de la série.
Didier Tarquin voulait travailler différemment, au début il ne voulait même plus encrer, il voulait juste crayonner, travailler dans un format plus comics, à l’américaine. Moi j’étais parti sur une histoire un peu différente en ramenant Lanfeust à Eckmül comme étudiant.

Très vite on s’est rendus compte d’une part que graphiquement cela ne fonctionnait pas, les choix de Didier ne fonctionnaient pas et l’histoire sur laquelle je démarrais n’était forcément le meilleur choix. On avait voulu tout changer et finalement on ne se retrouvait pas très à l’aise avec ça. Le retour des lecteurs allait dans le même sens, ils nous ont dit c’est pas top, mais on le sentait bien, quand on n’est pas bien dans ce qu’on raconte, on ne peut pas le raconter bien.
On était aussi parti sur des diptyques, donc des histoires plus courtes, parce qu’un an d’attente à chaque fois pour avoir la suite c’est long pour le lecteur.
Finalement on a fait ce que l’on a toujours fait, c’est-à-dire que, comme on n’était pas vraiment à l’aise, on est revenus dans des choses où on était plus chez nous.
Une histoire plus longue puisque Lanfeust c’est le format saga qui lui va bien, si on veut pouvoir développer suffisamment de gags et d’humour, il faut une trame plus longue et plus solide en dessous.

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Didier a retravaillé graphiquement, on a même remonté le tome 1 de Lanfeust Odyssey, un an après sa parution une réédition est sortie et c’est l’édition courante aujourd’hui qui a été remontée de façon plus dense. On est passés d’une première édition façon comics grand format en 80 pages pour revenir à un format en 52 pages, il ne manque pas une case mais on a fait un gros boulot de remontage pour retrouver un format plus traditionnel.
Dans le fond du récit je suis revenu à des choses où je me sentais plus à l’aise aussi. Les deux premiers albums ont l’air d’être un petit peu à part, mais ils vont être intégrés dans la trame par la suite puisqu’on va revenir sur ces personnages et sur cette action là. Ce ne sont pas deux albums isolés, mais c’est vrai que c’est au tome 3 de Lanfeust Odyssey que l’histoire a vraiment démarré.

 

Sceneario.com : C’est donc un cycle en 8 huit albums comme les précédents ? 

Christophe Arleston : Et bien non, du coup ça va être un cycle de 10. Je me suis aperçu que mon format c’était 8, ce que j’ai fait avec Ythaq, avec Opale, avec Lanfeust, c’est un format d’histoire qui me convient bien et là, comme les deux premiers albums sont un petit peu à part, j’avais quand même besoin de 8 albums supplémentaires pour emmener mon cycle et mon histoire jusqu’au bout.

Sceneario.com : Comment vois-tu l’évolution de Lanfeust sur les 20 prochaines années ? 

Christophe Arleston : Je n’en ai aucune idée. Ce que je sais, c’est que pour le moment, on encore 5 ans devant nous, on envisage de faire une pause à la fin de Lanfeust Odyssey pour traiter un sujet que Didier a envie de faire depuis longtemps.

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Pour ceux qui ne connaissent pas forcément l’historique de la série, dans Lanfeust de Troy, le personnage de Cixi disparait pendant quelques mois et change beaucoup de personnalité. Avec Olivier Vatine on a donc fait 3 albums pour expliquer ce qui lui arrivait pendant ce temps-là.
Mais dans Lanfeust des étoiles c’est un creux de 18 ans que l’on a dans la vie de Cixi, en discutant avec Didier, je lui ait dit que j’aimerais bien faire un Cixi des étoiles comme il y a eu Cixi de Troy parce quand on la quitte, elle est avec la résistance sur une planète, elle est enceinte et elle ne le sait pas.

Elle a 18 ans, on la retrouve elle 35 ans. C’est une des femmes les plus puissantes de la galaxie et elle a un môme de 16 ans. Donc, évidement il lui est arrivé des choses entre temps.

J’ai dit à Didier, j’ai une image en tête, c’est Cixi avec un bébé dans un bras et un gros gun dans l’autre sur fond d’une planète. C’était juste une image, une seule image et à partir de cette image, je sais très bien comment marche Didier, il s’est mis à gamberger à toute vitesse et il m’a répondu, j’aimerais vraiment que l’on fasse ce Cixi des étoiles.
Je n’ai pas envie de le confier à quelqu’un comme j’ai confié Cixi à Vatine, même s’il n’a aucun regret là-dessus, Olivier Vatine est un dessinateur extraordinaire, mais là Didier a vraiment envie de le faire lui-même.
Quand on aura fini ce cycle de Lanfeust, cela nous fera quand même 25 ans de Lanfeust ininterrompus, peut-être que l’on pourra se permettre de faire un break et de raconter le Cixi des étoiles.

 

Sceneario.com : Comment travailles-tu avec les autres dessinateurs comme Vatine ou Herenguel voire même avec un autre scénariste en binôme? 

Christophe Arleston : J’aime beaucoup travailler en binôme avec d’autres scénaristes parce qu’il y a bien évidement un enrichissement dans l’échange, des retours d’idées, du brainstorming, qui permet d’aller plus loin que je n’irais tout seul.
J’ai travaillé avec Dominique Latil, avec Loïc Nicoloff sur Léo Loden, avec Audrey Alwett sur Simbad et sur un de mes spin-off préférés du monde de Troy qui est le voyage aux Ombres avec Virginie Augustin. J’ai travaillé beaucoup avec Melanyn qui a été ma collaboratrice pendant longtemps et on continue à travailler ensemble pour Glénat d’ailleurs.

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Pour les dessinateurs que tu évoques, on était partis sur des travaux vraiment ponctuels, pas de longues séries, mais un deux ou trois albums maximum et c’est très agréable de se dire qu’on ne s’embarque pas dans une relation à vie mais qu’on va juste se faire plaisir un moment. Grosso modo, on ne se marie pas, on tire un petit coup.
C’est vraiment très sympa parce qu’on peut pendant un an, deux ans se focaliser sur une relation de travail, mais je ne l’ai fait qu’avec des gens dont, d’une part j’apprécie et j’admire le travail et d’autre part, je savais qu’humainement cela allait bien se passer, ce qui est le plus important.

 

Sceneario.com : C’est comme ça que tu as créé Légendes de Troy ? 

Christophe Arleston : C’était l’idée de légende de Troy, qui est un concept sans contraintes. Certains font un album, d’autres deux ou trois. Là on vient de finir le dernier Tykko des sables avec Kéramidas.

C’est à chaque fois, une rencontre et une envie de travailler avec un dessinateur qui va déclencher le bouquin. Ce n’est pas : iI faut qu’il y ait trois bouquins en deux ans, il peut très bien se passer trois ans sans qu’il y en ait un et puis d’un coup il va y en avoir deux.

 

Sceneario.com : Les dessinateurs connaissent déjà le monde de Troy est-ce qu’ils amènent leur envie de dessiner, tiens j’aimerais bien faire quelque chose sur le Darshan ou sur le Delpont. 

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Christophe Arleston : Certains connaissaient, d’autres moins, certains s’approprient des bouts. Pour moi c’est un concept prétexte pour faire des one-shot que je pourrais très bien faire en dehors du monde de Troy en réalité, mais cela donne une unité de collection, une unité commerciale, il faut bien tenir compte de ces contingences-là.

Sceneario.com : Cela correspond à la pub que l’on voit à la télé pour Atlas?

Christophe Arleston : Oui, Atlas, Hachette est en train de faire une intégrale de tout ce qu’il y a autour du monde de Troy, avec Lanfeust, les Trolls et toutes les séries qu’il y a autour.
Mais ce que je disais sur les légendes c’est que j’aurais pu faire des one-shot qui ne soient pas liés directement au monde de Troy. Par exemple, Le voyage aux Ombres que j’adore est lié de façon très lointaine au monde de Troy, mais cela a été l’occasion, le prétexte de le faire.

Ce sont juste des histoires que j’avais envie de raconter à droite et à gauche. Avec Eric Herenguel, pareil, c’est surtout une histoire d’ambiance d’Ecosse, de fantômes, le Monde de Troy est là comme prétexte.

 

Sceneario.com : Le festival quai des Bulles a fêté dignement les 20 ans de Lanfeust, est ce que tu t’es impliqué dans les animations qui ont eu lieu dans toute la ville et dans l’expo ? 

Christophe Arleston : Je n’ai pas eu le temps de m’y impliquer et d’y passer beaucoup de temps. J’ai regardé et vérifié tout ce qui se faisait, relu tous les textes de l’expo, j’ai découvert pas mal de choses sans parler des magnifiques sous bocks.
Ca a vraiment été un bel anniversaire.
Pour ceux qui ont connu les conventions du Monde de Troy, il y a un petit goût qui rappelle ces grands moments de cosplay ou tout le monde arrivait déguisé.

Sceneario.com : 20 ans, cela doit faire aussi une deuxième génération de lecteurs qui viennent avec leurs parents, premiers lecteurs ? 

Christophe Arleston : Oui, c’est assez marrant, je n’ai pas vu passer les 20 ans, j’ai l’impression qu’on a déuté il y a 4 ou 5 ans honnêtement. Quand l’an dernier on a commençait à me dire : l’an prochain ça va être les 20 ans il va falloir que l’on fasse quelque chose. J’ai fait : non mais attendez, vous déconnez. Je n’avais pas réalisé.
C’est vrai que maintenant dans les lecteurs, je vois des gamins qui me disent, c’est mon père qui m’a fait découvrir Lanfeust parce que lui le lisait quand il était môme, ça fout un coup de vieux.
Quand je vois arriver un type de 40 balais, moi qui ai toujours 12 ans et demi dans ma tête et qui me dit : j’ai découvert Lanfeust quand j’étais au lycée, ça me fait bizarre.

Sceneario.com : Il y a eu aussi Lanfeust en version Manga, avec une écriture totalement différente. 

Christophe Arleston : Alors le Lanfeust Quest, la version manga, l’objectif très clairement dès le départ était de répondre à de nombreuses demandes pour faire des dessins animés à partir de Lanfeust.
On savait qu’adapter le trait de Tarquin c’était difficile et que si des mecs faisaient ça, ils allaient nous bousiller notre Lanfeust à nous. C’était donc une façon de décaler Lanfeust avec un trait, un traitement manga de façon à ce qu’il soit adaptable.

Sceneario.com : C’est le dessin animé que l’on vu sur M6 l’hiver dernier? 

Christophe Arleston : Exactement c’est ce qui a donné le Lanfeust Quest sur M6, avec tout les problèmes du dessin animé, ils ont encore baissé les tranches d’âge et ils ont fait du 6, 10 ans. Bon, au bout d’un moment on leur demande pourquoi ils ont acheté la licence Lanfeust pour faire du 6, 10 ans, c’est un peu stupide, c’est quand même une licence ado-adulte.
Après , c’est leur choix. Le filtre Lanfeust Quest fait que l’image du personnage du vrai Lanfeust n’a pas été atteinte.

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Lanfeust Quest, c’est un produit pour les mômes et je dis bien un produit, je n’ai pas de honte là dessus. La production n’a pas souhaité du tout que je m’implique dans la conception, dans l’écriture ou quoi que ce soit. Ils ont fait leur truc, ça a été très bien réalisé d’ailleurs. Autant sur le choix des scenarios, de l’écriture, je ne suis pas fan de ce qui a été fait, autant sur la réalisation, Antoine Charreyron qui est un très bon réalisateur a fait un très bon travail.
Visuellement c’est beau, les gamins ont adoré, pourquoi pas. Ca n’enlève rien au bouquin, je me dis qu’un jeune téléspectateur sur dix peut-être ira ouvrir un vrai Lanfeust, c’est bien comme ça.

 

Sceneario.com : Les Trolls ont aussi été adaptés.

Christophe Arleston : Il y a eu effectivement les Trolls pour Canal, avec beaucoup plus de liberté d’écriture, ils m’ont demandé de superviser tous les scénarios, ce n’est pas moi qui les ai écrits, bien sur, mais je les ait relus, annotés, retravaillés. Il y avait beaucoup moins de budget sur la partie graphique donc c’était très simple, malheureusement cette fois c’est par la réalisation que j’ai été un peu déçu, il n’y avait pas le bon tempo ni le bon timing.
Il y avait des scénarios que j’avais trouvés très drôles à la lecture et qui, une fois à l’écran ne faisaient plus rire parce que le tempo n’était pas là. Pour résumer sans langue de bois, le problème de l’an dernier c’est que j’ai eu un Lanfeust bien réalisé avec de belles images et des scénarios un peu nazes et des Trolls avec ce qui était au départ de bons scénars, de bonnes idées et une réalisation un peu naze.
Je crois que personne ne sort jamais satisfait de l’expérience télé.

Sceneario.com : Pour revenir aux albums, tu as d’autres séries en plus de Lanfeust et Trolls qui sont en continu, est-ce que sur les Légendes, tu as d’autres idées ou d’autres envies ?

Christophe Arleston : Pour les Légendes, pour le moment il n’y en a pas en route, Pour l’instant je continue les séries en cours, Lanfeust, Trolls, les Forêts d’Opale puisqu’on prépare le dernier.

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On prépare aussi l’après Opale avec Philippe Pellet, ce sera une autre histoire, toujours en fantasy mais qui n’aura rien à voir avec le monde d’Opale.
Ythaq continue avec Adrien Floch, mais là aussi en parallèle, nous préparons un deuxième projet qui n’a rien à voir avec Ythaq, c’est une belle histoire de vengeance en fantasy qui va s’appeler Sangre . Adrien a déjà dessiné une dizaine de pages, mais il le fait en parallèle avec Ythaq, la priorité reste quand même le rendez vous annuel d’Ythaq.

Mon nouveau bébé que j’adore et avec lequel je m’éclate est Ekho avec Alessandro Barbucci, un dessinateur d’un talent incroyable et une série sur laquelle je prends un très très grand plaisir à écrire.

 

Sceneario.com : Cela me fait penser un peu à du Pratchett, utiliser un monde décalé pour raconter des choses très actuelles du monde réel.

Christophe Arleston : Oui, c’est le principe de Pratchett c’est aussi le principe d’Astérix quelque part si tu regardes bien.
C’est déjà ce que j’avais fait un peu avec les Trolls, mais là j’ai poussé le vice jusqu’à représenter réellement notre monde, mais en fantasy. On le joue plus géographiquement que thématiquement, on a fait New York, Paris, Hollywood, on fait Barcelonne pour le prochain. C’est vraiment la série qui est en train de rencontrer un grand succès auprès du public et j’en suis vraiment très content.
Tout le monde connaissait le talent de Barbucci avec Skydoll, mais il était temps de pouvoir montrer aussi sa productivité puisque là on repasse à deux albums par an.
On a fait les deux premiers en un an, il n’y en a eu qu’un cette année, il a eu un bébé, Nolwen, sa coloriste et compagne, est la maman donc c’est une bonne raison de ralentir.
Hollywood vient de paraître, Alessandro a déjà les pages du prochain scenario qui devrait sortir pour le printemps, et tout ça avec une qualité de dessin haut de gamme, jamais bâclé, plein de détails, c’est vraiment une série sur laquelle je m’éclate. Je prends le même plaisir qu’avec les Trolls, j’ai hâte à chaque fois de m’y mettre et à chaque fois que je suis devant mon ordi, je fais hihihi hohoho tout seul.

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Sceneario.com : Christophe, merci de nous avoir consacré de ton temps.

Christophe Arleston : Tout le plaisir est pour moi, merci beaucoup

 

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