exposition bande-dessinée, Soirée Retour à Killibegs - Little Temple Bar

Soirée Retour à Killibegs - Little Temple Bar

Mardi 05 février 2019

Soirée retour à Killibegs

     

Rue de Sèvres organisait une soirée dans un pub irlandais pour présenter Retour à Killibegs, la suite de Mon traître, les adaptations en bande dessinée par Pierre Alary des livres de Sorj Chalandon. C'était aussi l'occasion d'échanger avec les auteurs dans une ambiance décontratée et conviviale.

     
     
     

Rue de Sèvres : D’où vient l'idée de faire l'adaptation du livre de Sorj Chalandon ?
Pierre Alary : À la base, cela vient de la lecture des romans de Sorj pour lequel j'ai eu un coup de cœur. Avant même d'attaquer la lecture de Killibegs, j'avais l'envie d'adapter les livres.

RS : Sorj, es-tu intervenu lors de l'adaptation ?
Sorj Chalandon : L'idée est que j'ai fait quelque chose qui se finit avec la dernière page du livre et pierre a fait autre chose qui commence à la première page de la bande dessinée. Du coup je ne voulais pas intervenir dans son travail. Pierre a travaillé comme il le voulait, il a enlevé des choses, ajouté d'autres, mais je ne suis pas sûr qu’il ait ajouté des trucs.

RS : Tu as bougé des choses !
PA : J 'ai mis des flash-back dans le deuxième.
SC : Voilà c'est cela ! Il était totalement libre. Ce que je voulais, c’était être lecteur de Pierre. En revanche, je lui avais dit que j'étais là s'il avait un problème de documentations, d'armes, d'uniformes, … Et l'une des premières choses que j'ai montré à Pierre, c'est comment on se passe des cigarettes en prison à Belfast. Quand un prisonnier offre des cigarettes, il ouvre le paquet et en offre trois au premier, ensuite trois au suivant, …

Je me souviens d'un moment sur un chauffeur de taxi de l'IRA, il avait fait un trèfle à quatre feuille en tatouage. En Irlande c’est un trèfle à trois feuilles parce que Saint Patrick n'arrivait pas à expliquer la sainte trinité aux irlandais. Du coup, faire un trèfle à quatre feuilles n'avait aucun sens, c'est rien, ce sont de tout petits détails que l'on ne voit pas, mais ceux qui savent voit ! Si un irlandais voit la bande dessinée, il verra les détails, c'est tout bête.

Même si je l'ai écrit, je ressens une émotion intacte en le lisant. Cela m'apporte des images oubliées. Et je peux vous dire que pour ceux qui connaissent un peu l’Irlande et les émeutes, on y est, à tel point qu'on pourrait croire à une bande dessinée irlandaise traduite en français.

     
     
     

RS : Tu te retrouves dans le personnage de l'histoire de Pierre ?
SC : Oui bien sur, mais il n'y a pas que la bande dessinée de Pierre et il y a eu aussi la pièce de théâtre mon traître mis en scène par Emmanuel Meirieu.
Dans les deux cas, il y a une chose drôle. Le traître ne ressemble pas à mon traître, au vrai ! Et dans les deux cas, je me suis emparé de ces visages de traître, au point ou des fois j'oublie la tête qu'il avait ! je ne m'y attendais pas du tout, cela me permet de mettre de la distance.
Ce qui est bouleversant, dans les deux adaptations, c'est une chose que tu as vécu et qui sont revisités par d'autre. Comme je disais, cela me permet de mettre de la distance et quand le pense à mon traître, je pense aussi à Jean-Marc Avocat, l'homme qui l'incarne au théâtre et je pense aussi à celui de Pierre, un autre visage … Mon traître n'avait pas de barbe, il n’était pas comme cela et pourtant, c'est lui. Et aussi, dans le livre de Pierre, je suis assez avenant quand même !

RS : Les premiers retours de Killibegs ressortent que le livre touche encore plus que le premier
SC : C'est-à-dire que dans mon traître vous avez l'impression qu'un français raconte l’Irlande qu'il connaissait à peine. Dans retour à Killibegs, on est dans l'Irlande. Je ne sais pas si c'est plus fort, mais en tout cas je sais que plein de gens ont préféré Killibegs. J'aime bien mon traître parce que c'est la sidération d’être trahi mais plein de gens ont préféré retour à Killibegs. Je pense que cela va être la même chose avec la bande dessinée parce que mon traître ça serait un Eric Rohmer un peu intimiste et Killibegs, c'est Cecil b DeMille !

PA : Ceux qui ont lu dans l'ordre connaisse Tyrone. On ne l'a pas compris dans mon traître mais là, on le suit dans son voyage et il l'explique. On est touché par le personnage car on l'accompagne. Plus qu’Antoine, car dans le premier livre, il ne se pose que des questions ! Là, Tyrone on ne l'excuse pas, mais on le comprend !

SC : Ce qui est important, c'est que dans le livre comme dans la bande dessinée, on peut lire l'un ou l’autre, on peut aussi commencer par le deuxième et lire ensuite par le premier. C'est vrai que le deuxième répond à des questions que le premier laissait en suspends comment es ce qu'on trahit, pourquoi on trahit, pourquoi il a trahi, ..