exposition bande-dessinée, Exposition Chapeau bas Spirou - Chapelle Saint-Sauveur - Saint-Malo

Exposition Chapeau bas Spirou - Chapelle Saint-Sauveur - Saint-Malo

Du 1er juillet au 14 octobre 2018

Chapeau bas, Spirou !

Il y a quatre-vingt ans, Jean Dupuis, imprimeur-éditeur, recherchait un dessinateur pour créer un petit personnage espiègle, généreux et loyal, âgé d'une dizaine d'années: personnage qui servirait d'emblème pour le journal du même nom : Spirou, écureuil en wallon...
On pense à Robert Velter, dit Rob-Vel, un jeune dessinateur ayant fréquenté les studios de dessins à New-York et donc susceptible d'apporter toute la modernité des bandes dessinées américaines.
Une image s'impose instantanément à Rob-Vel : celle de ces jeunes mousses de sonnerie rencontrés lors de ses nombreux voyages à bord de paquebots, là où il officiait comme moniteur de jeux ou caricaturiste de bord. Il y a d'ailleurs croqué de nombreuses célébrités comme Laurel et Hard, Buster Keaton, Charlie Chaplin et bien d'autres... Ces petits mousses de sonnerie n'étaient en fait que des gmains embarqués pour se mettre au service des passagers.

La sihouette ne tarde pas à jaillir : Spirou ne sera pas qu'un simple logo, mais un personnage à part entière. Spirou ne sera pas non plus écolie, difficile en effet de varier les aventures dans les cécors aussi restreints que ceux d'une salle de classe, mais ils era groom; en hommage à ses petits mosses de sonnerie, d"voués et courageux, évoluant dans un univers bien plus riche de voyages et donc de possibles aventures.

C'est ainsi que naît Spirou le p'tit roux, un beau jour de l'année 1938.
MAis les circonstances de la vie amèneront le petit groom à devoir de nombreuses fois changer de papa. C'est la longue histoire de l'évolutuon de ce fabuleux héros que raconte l"exposition "Chapeau bas, Spirou !" ...

Gérard Cousseau

     
 
     

Jean Dupuis a une idée très précise du personnage qui sera l'emblème de son journail illusré.
Voilà comment il le décrit dans ses mémoires : "Spirou est un garçon de huit à dix ans, peut-être un peu turbulent et distrait; mais son instituteur ne s'en plaint pas beaucoup parce qu'il essaye de faire ses devoirs comme il peut. Quand à la fin de la classe, il rentre chez lui, il se dispute cousent avec ses compagnons, il est mêlé à de véritables batailles peu édifiantes, mais courants dans le monde des jeunes écoliers.
Dans ces batailles, Spirou cogne parfois dur, mais il est quand même bien aimé de ses compagnons; car aussi bien dans les disputes que dans les batailles, il n'est jamais méchant, toujouts loyal et juste; on sait aussi qu'il est généreux, et lorsqu'il revient le lundi à l'école avec les deux francs que son parrain lui a donnés pour son dimanche, il va les remettre à l'oeuvre des enfanrs prétiberculeux. Spirou est donc un enfant charmant, loyal, généreux, et c'est pourquoi son nom a été adopté pour être le titre de notre nouvelle publication.

     

Rob-Vel a un parcours atypique. Il a été formé par l'un des plus grands dessinateurs aux Etat-Unis : Martin Branner, créteur de Winnie Winkle.
Le jeune Robert Velter est une aubaine pour Dupuis : animant déjà de nombreuses séries, il montre en effet une puissance de travail phénoménale. Pour tenir la cadence, Rob-Vel engage rapidement sa femme Blanche Dumoulin, ains qu'un peintre surdoué; un dénommé Davine, Luc Lafnet à la ville.
Le trio s'engage alors dans une longue histoire de deux années et 92 planches de Spirou... Jusqu'au décès brutal de Davine.

Durant la période grise des années quarant, Rob-Vel est mobilisé puis blessé et hospitalisé.
Spirou va vivre une époque chaotiue. Tant bien que mail et grâce à quelques collaborations, le dessinateur continue d'animer les aventures du petit groom, épaulé par sa femme Blanche, mais ne peut assurer le rythme de parution. Dupuis va alors chercher un remplaçant : Joseph Gillain, dit Jijé, disponible et très productif...

En 1941, le Maréchal des Logis Velter est renvoyé à la vie civile. Il reprend Spirou de façon magistrale.
de son côté, Jijé anime le personnage dans de nombreuses déclinaisons annexes, produits dérivés, couvertures du journal...

     

Robert Velter, dit Rob-Vel, s'éteindra le 27 avril 1991; à l'âge de 82 ans, à Saint-Malo. Il sera inhumé à Panamé

Dans cette vitrine, se trouve le magnifique album "Ptirou" de Verron et Yves Sente, réalisé en hommage au créateur de Spirou. Les deux auteurs replongent dans la genèse de l'histoire du jeune groom. Ils nous livrent le récit singulier de la rencontre entre Rob-Vel et un jeune mousse sur un paquebot transatlantique des années 20, mousse qui deviendra Spirou...

     

Spirou change alors de papa. Et celui-ci n'est pas non plus n'importe qui. Jijé est en effet l'un des plus brillantes dessinateurs belges... Il forme d'ailleurs de nombreux dessinateurs, en particulier trois qui composeront avec lui "la bande des quatres" : Jijé, Peyo, Morris et Franquin, bien sûr !

Le dessinateur ne tarde pas à créer un nouveau personnage. Le faire-valoir indispensable, un peu fantasque et farfelu : Fantasio. La série Spirou et Fantasio fait alors ses premiers pas.

Mais Jijé est vite débordé par l'ensemble de ses travaux et souhaite passer le relais. Charles Dupuis flaire rapidement parmi ses poulains le jeune André, et lui confie Spirou.
Au début, Franquin se moule parfaitement sur le dessin de Jijé. Puis, progressivement, sa personnalité graphique prend largement le dessus.
Dans Il y a un sorcier à Champignac, le dessinateur décolle...

C'est donc en 1947 qu'André Franquin endosse le rôle de papa du jeune Spirou... On peur sans hésitation dire que c'est après ce relais entre Jijé et Franquin que la série prendra son véritable envol.

Au fil des albums, l'auteur génial va en effet s'appliquer à créer une foultitude de personnages gravitant autours de Spirou et Fantasio, tour en leur campant un véritable univers au travers de d"cors de plus en plus pointus...
Ainsi débarquent joyeusement le comte de Champignac, Zorglub, Seccotine, Zantafio, le génial Noé apparu dans Bravo les Brothes édité avec Panade à Champignac... Et bien d'autres, sans oublier bien sûr le fabuleux Marsupilami.

     
     

La censure de cette époque ne reculait devant rien. Jupes trop courtes, rondeurs trop marquées.. Zou ! C'est la gomme sans sommation : Les auteurs de l'époque hésitaient donc à developper des héros féminins.
Malin, Franquin trouve pourtant l'esquive en créant Seccotine, jolie, collante et garçon manqué. Donc vêtements irréprochables...

Franquin aime se raconter des histoires. Il cherche toujours à se surprendre lui-même. Perfectionniste, il cultive à merveille le goût pour l'improvisation...
On le voit ainsi utiliser des armes à feu, totalement prohibées par la censure à l'époque. D'ou parfois l'obligation de gommer ces armes, ce qui fair que les méchants qui poursuivent Spirou dans la page ci dessus menacent de tirer sur notre héros ... Avec leurs poings fermés.

Panade à Champignac.
Voici sans doute l'album majeur.
En lisant es pages, vous embarquez dans le monde du cinéma. Mise en scène parfaite, rythme exceptionnel, cadrages au millimètre, plans toujours judiceux... Un exemple de perfection !
Sans oublier la petit histoire en fin de l'album : "Bravo les Brothers", une pépite dans le genre... Et ce personnage extraordinaire, Noé, qui ne pouvait naître que sous la subtile plume de Franquin.

     

L'auteur prolifique développe également un goût singulier pour la nature en général. Chasse et chasseurs font donc souvent l'objet de bien des moqueries, moqueries qui plus tard feront naître une série totalement inattendue, novatrice et génialissime : Les Idées Noires.

Sa grande passion pour la nature le conduit à créer la Palombie, terre tropicale idéale et vierge, où se reproduit un animal étrangement sauvage et sympathique : le Marsupilami.
Précisons que Franquin sait tout dessiner avec brio. Les animaux en particulier. D'ailleurs, pour ne rien oublier de ses savoir-faire, il faut poser cette seule question : "Qu'est-ce que Franquin ne sait pas dessiner ?" La réponse est aussi simple que la question : "rien !"

     

Franquin possède également un autre talent : celui de dessiner les véhicules. Sa passion pour les belles machines s'appuis sur une connaissance parfaite des focntionnements mécaniques ou électroniques en général. comme Gastion d'ailleurs, mais avec beaucoup plus de succès que le gaffeur !
Va naître de cette passion l'automobile parfaite : la splendide Turbomobile (ou Turbotraction) ...

     

Le nid du Marsupilami est probablement l'un des plus beaux albums de la Bande Dessinée en général. pas de poursuite, pas de bagarre, pas d'entourloupes... Une histoire simple et poétique : l'observation sans mauvais intention, avec respect et précaution, de la naissance d'un animal sauvage !
L'album est paru, comme par haard, l'année de naissance d'Isabelle, la fille de Franquin...

En passant devant ce petit coin de jungle, observez le silence, écoutez et surtout ne l'effrayez pas, vous pourrez ainsi peut-être entendre le Marsupilami...

     
     

Portrait du Comte de Champignac par Franquin

Juste à côté, le portrait du Comte de Wallois, qui aurait inspiré Franquin pour son Comte de Champignac
(information non vérifiée car non vérifiable).

     

Après de nombreuses aventures plus truculents les unes que les autres, désireux de se consacrer entièrement à Gaston et d'autres projets comme les Idées Noires, considérant avoir fait le tour de l'univers du groom, Franquin décide d'arrêter la série. Il garde Gastion et le Marsupilami, puis laisse tout l'univers qu'il a créé à son successeur.

C'est l'éditeur lui-même qui confie le bébé à Fournier, un tout jeune dessinateur inattendu, créateur du sympatique Bizu. Même s'il reconnaît au jeune dessinateur le talent qu'il faut pour reprendre Spirou, Franquin lui déconseille d'accepter :
"Refusez. Vous allez bnous emmerder avec ce personnage qui n'est pas le vôtre... Poursuivez donc votre petit Bizu, il a de l'avenir, croyez-moi..."

     

Passage du relais.
Pour le premier album de Fournier, le Faiseur d'or, Franquin accepte d'y dessiner le Marsupilami, afin de faire une bonne transition entre son style et celui du jeune breton.

Ce derner va tout d'abord apporter au costume du héros une petite touche de modernité des années 70, tout enconservant le célèbre et incontournable chapeau, puis tenter d'imposer sa "patteé personnelle.

Pas facile de passer après Franuin !
Après Franquin, la page blanche est toujours de Franquin, c'est bien connu...

     

L'Ankou est sans nul doute le chef-d'oeuvre de Jean-Claude Fournier.
Autours d'un thème suscitant beaucoup de débats, et toujours d'actualité, il nous livre une aventure très pertinente sur fond de socio-politique traitant du nucléaire.
Sans aucun manichéisme, l'auteur glisse habilement, l'air de rien, quelque opinions bien strucrurées.
On y découvre avec jubilation le talent de scénariste du breton.

Après avoir achevé Des haricots partout, Fournier entame la prochaine aventure : La maison dans la mousse. Mais le dessinateur traverse un petit coup de blues et tarde à livrer ses pages. C'est alors qu'une idée plane sournoisement dans les bureaux de la rédaction; celle de changer de dessinateur.

Voici un extrait de La maison dans la mousse, avec cette page géniale et farfelue décrivant le dressage d'une 2CV... On autait tant aimé découvrir la suite !

     

Jean-Clause Fournier est légèrement contraint à devoir céder Spirou.
Dupuis confie ce dernier à un studio de plusieurs dessinateur. Profitant de cette annonce, deux jeunes auteurs, Tome et Janry, proposent une histoire courte.
Mais Nic Broca, habitué de la discipline du dessin animé et donc du respect du planning,semble de repreneur idéal.
On l'associeà Cauvin pour le scénario... Et l'aventure reprend.

La cienture du grand froid est la première historie publiée. C'est un fiaso, le dessin de Nic est totalement rejeté par le lecteur.
Arrive lors un Spirou rétro de Chaland, histoire d'ajouter à la confusion entre ces trois équipes re repreneurs... Chaland décède dans un accident de voiture et Cauvin comprend vite qu'avec Nic ils ne sont qu'une équipe intermédiaire.
Reste le nouveau duo déjà bien préparé: Tome et Janry

     
     

Tome et Janry réalisent tout d'abord une série d'episodes courts puis reprennent les aventures de Spirou de 1981 à 1999.
Janry étant ainsi nommé depuis longtemps, les deux compères y ajoutent Tom, puis Tome en hommage au couple célèbre du chat et de la souris.


     

Un nouveau Spirou naît.
Les deux auteurs lancent les personnages dans un monde plus actuel, tout en ajoutant un second degré aux récits. Ils vont également jusqu'à créer en parallèle le petit Spirou, un gamin réaliste et crun découvrant ses premieres émois dans des albums plutôt potaches....

     

Dans Machine qui reêve, tome et Janry poussent jiusqu'à donner aux personnage une apparence quasiment réaliste. La femme devient également omniprésente. Cette métamorphose surprend le lecteur décontenancé.
C'est à la fin de l'album qu'on apprend que le Spirou n'y est par Spirou mais un androïde crééà son image; effet twist remarquable fans le scénario. Puis enfin, comme sovent, par lassitude, les deux auteurs vont à leur tour jeter l'éponge.
On va devoir à nouveau chercher un autre duo pour animer la série.

     
     
Morvan et Munuera    
     
     
Velhmann et yoann