Journal de Tito
Journée du 22 décembre 2005
Angoulême : J - 35
A chaque fois que je commande un billet sur le net (ici un Paris-Angoulême en TGV à -50%) je me dis que mon fils ne
me croira jamais. Car un jour, je lui expliquerai. Quand il sera en age seulement, mais je lui raconterai. Je lui
raconterai qu'à une époque, il fallait aller debout devant un guichet, attendre des heures pour être reçu par un monsieur
ou une madame d'une amabilité à faire passer l'ours pour
un banquier auquel on a annoncé votre venue pour parler d'un projet immobilier, pour finalement ne jamais rien comprendre
aux offres spéciales et aux réductions envisageables qui ne vous concernaient de toutes façons jamais et repartir avec
un billet plein tarif avec la vague sensation que même seul dans une voiture essence au réservoir fuyant le train reste
quand même le meilleur moyen de se faire plumer.
Ensuite il y a eu les affreuses bornes jaunes. Sur lesquelles on mettait ses doigts là où des dizaines de personnes
suantes et impatientes avaient nerveusement tapé avant toi pour au final constater que ce ne sont pas forcément les
guichetiers qui ont le Q.I. d'une huître mais plutôt la logique complètement floue du logiciel qui est censé les guider
(à noter que la sncf a fait un gros effort récemment pour rendre les automates définitivement inutilisable : il est impossible de taper sur les touches sans dévier de plus ou moins trois cases...).
Mais maintenant c'est fini ! Je suis dans mon fauteuil, je commande, je reçois les billets chez moi :
le paradis du Vingtéunièmesiècliste asocial. Petite inquiétude : j'entends que les guichetiers sont mécontents car on
voudrait qu'il y en ai moins. Ah bon ? Pourtant vu la compétence et la gentillesse dont ils ont toujours fait preuve à
mon égard (surtout quand j'avais les cheveux longs et que je cherchais à voyager le moins cher possible pour aller de
mon école à ma douce) ils devraient pouvoir sans problème trouver un poste dans la fonction publique pénitentiaire...
Il ne faudrait pas qu'ils nous pondent une grève en plein Angoulême !
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