Rencontre à Angoulème le 26 Janvier avec Gael Lemagnen (Réalisateur de Jazz) et Yoann Lemagnen (acteur principal du film).
L’occasion de découvrir le court métrage JAZZ librement inspiré de la Bande Dessinée Jazz Maynard (chez Dargaud).

Sceneario.com : Bonjour, pouvez-vous vous présenter et nous parler de Jazz ?
Gaël Lemagnen :
Bonjour. Je m’appelle Gaël Lemagnen, j’ai 25 ans et je viens de réaliser mon premier court métrage professionnel qui s’appelle Jazz et qui est librement inspiré de la Bande Dessinée espagnole Jazz Maynard de Roger et Raule chez Dargaud.
J’ai eu la chance de monter mon film dans des conditions assez incroyables pour un premier projet. Tout d’abord car j’ai approché une boîte de production avec beaucoup de moyens techniques, qu’elle a pu mettre à ma disposition pour le film, ensuite car le projet a intéressé le Ministère de la Jeunesse, qui nous a attribué une bourse. Nous avons donc pu monter notre projet et filmer dans d’excellentes conditions.
C’est un film qui va être mis en ligne sur le site web http://www.jazz-lefilm.com le vendredi 28 janvier. Le site a été traduit et le film sous-titré en 4 langues. Nous souhaitons créer le buzz sur ce film par le biais du site, afin de pouvoir réaliser le film qui serait une adaptation fidèle de la BD. Ce qui est très positif pour nous, c’est que Dargaud l’éditeur de la Bande Dessinée est au courant de la démarche et a validé le court-métrage. On est devenu ami avec les auteurs…

Sceneario.com : Lorsque vous dites que Dargaud a validé le court-métrage, c’était avant ou après qu’il soit tourné ?
Gaël Lemagnen :
Après. Les auteurs avaient donné leur accord de principe lorsqu’on leur avait présenté le teaser et des photos. Ils attendaient de voir le film… et nous avons fait mouche. Ils ont été séduits par le film et sincèrement touchés par le fait que d’autres personnes reprennent leur travail pour le faire vivre sur un autre support.
Les auteurs ont appuyé à fond notre démarche auprès de Dargaud, ces derniers ont fait valider du côté de leurs juristes toutes les questions de droits, et ont validé le projet. Dargaud nous soutient en parlant du film sur leur site, les auteurs en parlent autour d’eux… De notre côté nous parlons de la BD, tout le monde s’y retrouve.
Le site http://www.jazz-lefilm.com est une vraie vitrine pour le site, et nous comptons énormément dessus. Les premiers chiffres des visites sont très encourageants.

Le film a été envoyé dans de nombreux festivals, le sous-titrage lui permettant d’être vu dans plusieurs pays. Mais la difficulté d’un court-métrage c’est d’être vu. Il est très rare d’arriver à le vendre, c’est 1 court-métrage acheté pour 1000 de présentés aux chaines. Nous avons eu l’idée de le mettre gratuitement disponible en ligne, de n’en faire aucun profit, mais de montrer simplement ce que l’on a fait, afin de faire parler de la BD et du film.
Après, lorsque nous auront terminé d’écrire le long métrage, les auteurs de la BD et moi irons voir des producteurs français et espagnols, pour leur parler du court-métrage et du succès qu’il aura rencontré sur le net, avec le nombre de consultations du film, mais aussi les différents relais qu’il aura eu dans la presse ou sur le net. Je pense plus particulièrement à France 3, ou des radios telles que Nova, NRJ… qui font déjà des relais du court-métrage. Ensuite, une fois que le producteur est trouvé, on voudrait partir sur le film qui serait tourné à Barcelone.

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Sceneario.com : Lorsqu’on se lance dans ce genre de projet, comment cela se déroule-t-il financièrement ?
Gaël Lemagnen :
Pour les acteurs cela fonctionne au cachet. Mais en général, sur des courts-métrages, les gens sont très rarement payés. Pourtant ils font un vrai boulot comme sur un long métrage. Pour Jazz, nous avons pu payer tout le monde. Nous nous étions mis d’accord sur un barème, et tout le monde a donc été payé.

Sceneario.com : Vous avez fait des études dans le cinéma ?
Gaël Lemagnen :
Depuis le lycée. J’ai passé un Bac Littéraire avec une option Cinéma, très lourde, car 14 heures de cours de cinéma par semaine. Cela a bien cimenté ma vision du cinéma. J’ai ensuite fait une fac de cinéma, j’ai fait un peu de journalisme, en étant pigiste pour la presse cinéma, et j’ai fait aussi de la radio. J’ai décidé de me lancer dans la création, car c’est vraiment ce qui m’intéressait, et j’ai donc fait un Master. J’ai fait de belles rencontres, monté quelques beaux projets.

Sceneario.com : Que peut-on voir d’autre de toi ?
Gaël Lemagnen :
J’ai fait un projet de fin d’études, qui est un documentaire sur un des premiers médecins français à faire des avortements clandestins dans les années 68, et à travers son portrait sur mai 68, le devenir des personnes qui étaient sur les barricades, et qui sont devenus des avocats, des notaires… J’ai essayé de comprendre cette époque avec mes yeux à moi, car on m’en avait parlé, mais évidemment, vu mon âge, je n’y étais pas. Ce documentaire est parti à un Festival du Documentaire Etudiant sur Paris, j’en attends un retour pour France 3. A date je suis à fond sur Jazz, car il y a à présent un gros travail de mise en avant du film. J’ai de nombreux rendez-vous avec des partenaires, des journalistes.

Sceneario.com : Pourquoi avoir choisi la BD Jazz Maynard pour réaliser ce court-métrage ? Un coup de cœur pour l’album, une passion pour le Jazz ?
Gaël Lemagnen :
Pas spécialement passionné de Jazz, mais j’aime bien ce genre musical. La Bande Dessinée en général aussi j’aime bien. Ici c’est un mélange de plein d’évènements et de rencontres. Lorsqu’on a découvert la BD on a immédiatement eu envie d’en faire un film.

Sceneario.com : Vous lisez beaucoup de BD ?
Gaël Lemagnen :
Raisonnablement. Je prends des BDs qui m’accrochent au premier regard. Après je les dévore, et je les épluche à fond. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur, au flash, c’est d’ailleurs aussi valable avec les films. Quand quelque chose me plaît j’aime bien le lire, l’écouter encore et encore, et le faire partager à un maximum de monde.

Sceneario.com : Comment s’est déroulé le choix des acteurs ?
Gaël Lemagnen :
Il s’avère que le personnage principal de la BD correspond complètement à mon petit frère… grand, brun, beau gosse qui sait se battre… et comme mon frère est prof de jujitsu et a fait du théâtre, que je l’ai souvent emmené dans mes délire, c’était l’homme de l’action… l’aventure lui a plu, on a bossé, et je trouve qu’il a vraiment fait un bon travail, alors qu’il n’est pas pro. Il a bien appréhendé psychologiquement le personnage de Jazz Maynard et tout ça sans prendre de cours.

Sceneario.com : Ca veut dire que vous allez faire le long métrage ?
Yoann Lemagnen:
Avec ce projet, je suis comme mon frère. Quand quelque chose me plait, je m’y investis à 1000%, je n’ai que ça en tête, c’est une obsession. Ce projet m’a fait avoir ma licence au rattrapage, car le projet m’a bouffé mon énergie et mon temps. Par la suite j’ai fait d’autres courts-métrages. Mais à date, je reste dans mon cursus, et je ne remettrai les pieds dans le milieu du cinéma que quand je serai certain de pouvoir en survivre. Par contre, si mon chemin doit recroiser celui de Jazz, ça sera les deux pieds dedans, et puis hop en avant…

Sceneario.com : Aujourd’hui le film a été projeté au Lycée de l’Image et du Son, comment êtes-vous arrivé à projeter ce film dans ce lycée, et quel en a été l’accueil ?
Gaël Lemagnen :
J’ai pris contact avec LISA (Lycée de L’Image et du Son d’Angoulème) au moment où j’ai eu terminé l’écriture du film. Nous cherchions avec mon producteur à trouver des partenaires. Le LISA, par le biais de la prof de ciné du lycée, était très intéressé par me recevoir une fois que le film serait terminé.
La projection de ce jour s’est très bien passée. J’étais plutôt anxieux car montrer son film à des étudiants en cinéma, c’est s’exposer à des questions, des critiques probablement plus pertinentes que d’autres personnes, de par leurs études. Et je dois dire, que la projection et le débat qui s’en est suivi se sont extrêmement bien passés. J’ai été très flatté des retours que j’ai eus sur le film. Y’a eu quelques 10 000 questions à la minute dans la foulée de la projection. La professeur a salué mon travail, et nous serons certainement amenés à retravailler ensemble. Ce qui est très bien, c’est que le projet a mobilisé des gens dont c’est le métier, et des gens qui n’ont rien à voir avec le cinéma. On a eu des partenariats avec des Châteaux de vins, des vignerons… des partenariats pas forcément culturels à la base, mais que le projet a séduits, et je crois que l’on peut compter sur une vraie vie par ces partenaires là.

Sceneario.com : Demain… c’est le grand jour avec une projection pour le public dans un cinéma.
Gaël Lemagnen :
Oui. Demain c’est la PREMIERE NATIONALE qui est à Bordeaux. Méga rama… très grand écran, avec une copie du film sur un DCP (petit disque dur avec une qualité équivalente au 25 mn).
Il y a 250 places, et la presse a tellement bien relayé l’info que nous savons déjà que la salle sera pleine.
On ne s’attendait pas à un tel succès… Maintenant il va falloir le faire vivre dans d’autres salles de ciné partout en France.

Sceneario.com : Etes vous satisfait, fier ?
Gaël Lemagnen :
C’est marrant, j’ai eu cette question tout à l’heure après la projection au LISA… Je ne sais objectivement pas si j’ai fait un bon film, mais j’ai fait un film qui me correspond, un film qui correspond à l’écriture de mon scénario, j’ai mis toutes mes envies dedans et lorsque je le vois, je me retrouve et pour moi c’est le principal.

Sceneario.com : Dans combien de temps peut-on espérer voir le long métrage ?
Gaël Lemagnen :
Vraiment dans le meilleur des cas, dans un an et demi, 2 ans.

Sceneario.com : En tout cas, félicitations, et en espérant que le projet du long métrage verra très bientôt le jour.
Gaël Lemagnen :
Merci à vous pour cette rencontre.

JAZZ LE FILM: ATOMIC PRODUCTION PRESENTE UN FILM DE GAEL LEMAGNEN & MATHIEU NIETO YOANN LEMAGNEN – JAZZ – HELENE VIVIES MONTAGE DE WILLIAM BRUCE GROSS DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE RICHARD BERTHOU CADREUR MARC THOMAS MUSIQUE FREDDY BUZON SCRIPT ALEXANDRIE BRASSART INGENIEUR DU SON BENJAMIN WUNSCH DECORS BENJAMIN MULIEZ REGISSEUR GENERAL MARCEL RUBIN ASSISTANT REALISATEUR YVES-MICHEL FOUGERE COSTUMES LE CINTRE DU MONDE SOUND DESIGN CRYOGENE PROD PRODUIT PAR PIERRE DESGRANGES AVEC LE SOUTIEN DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ECRIT ET REALISE PAR GAEL LEMAGNEN & MATHIEU NIETO.

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