La première originalité de cette série, c’est que c’est de l’
heroic fantasy mais que l’action se déroule dans le passé, à la fin du XIXème siècle, dans une Russie fantasmée mais qui voit quand même, face à face, des impériaux et des révolutionnaires.
Même si les toutes premières planches peuvent en effet faire croire, un temps, que l’on va assister à une aventure historique, très vite, de comprendre que l’empereur est un dragon nous confirme qu’on va nager dans la fantasy. La couverture ne le cachait pas d’ailleurs : son premier plan, son titre ou encore son appartenance à la collection Portail levaient déjà un peu le voile ; avant qu’œufs de dragon, ogres et Elkins n’entrent en scène et confirment l’esprit...
Les autres surprises découlent ensuite du récit lui-même, à savoir le background qui a été travaillé jusque dans les expressions prêtées aux personnages, par exemple, mais aussi et surtout, peut-être, ces précisions qui vont nous être apportées sur la véritable identité d’Ajjer ainsi que le rôle qu’auront certains protagonistes qui nous sont présentés. Car plus qu’un rapide clin d’œil à l’Histoire réelle, la révolution dont il est question dans Le cycle d’Ostruce s’avère être un véritable tissu géopolitique imaginé par le scénariste Nicolas Pona pour créer des camps, et donc des enjeux et le suspense qui va avec... Regardez : rien que la survie de l’œuf intéresse et les fidèles à l’empereur et ceux qui s’opposent à son régime ! De quoi s’attendre à un scénario riche !
C’est Christophe Dubois qui met Le cycle d’Ostruce en images. On pourra être gêné par ses traits tantôt doux, tantôt trop anguleux, mais il va sans dire que ce style – et notamment au niveau des visages – sert les idées de ses auteurs, ne serait-ce qu’en ce qui concerne le doute calculé entre « le seigneur Ataman-Kosak » et « l’amazone Drack »...
Les couleurs sont également réalisées par Christophe Dubois. Assez spéciales aussi en leur genre, elles jouent beaucoup sur les blancs neigeux et les rouges prononcés du sang ou du manteau d’Ajjer, créant un contraste intéressant et faisant le parallèle avec cette révolution russe en toile de fond.
Mais que compte donc faire Ajjer avec cet œuf ? Objet vivant, symbole de fragilité, et déjà passé entre différentes mains, celui-ci va en tous cas probablement continuer d’être sacrément secoué si l’on en croit les passions qui se sont déchaînées autour ! A suivre, donc...