Tout commence comme un western tout ce qu'il y a de plus classique, le shérif, le tueur, le chasseur de prime et la belle qui attend le héros, bref, Azzarello plante le décor dès le début et on aurait pu s'attendre, en effet, à un scénario on ne peut plus basique de course contre le tueur, mais très vite le scénariste pipe les dés, il sème le doute, égratigne ses personnages pour intensifier cette ambiance sombre et désillusionnée. Nous ne sommes définitivement plus dans un western banal et conventionnel, mais dans une histoire complètement en marge, iconoclaste qui nous amène aux limites du genre, de ce que nous avons l'habitude de lire ou de voir. C'est à la fois violent, très prenant et aussi terriblement psychologique. Rien ne va être épargné, personne ne sortira vraiment indemne de ce récit.
En tant que lecteur j'ai réellement pris énormément de plaisir à me laisser mener par le bout du nez dans cet album bourré de retournement de situation, de surprise, je ne l'ai pas lâché du début à la fin, complètement pris par le rythme très soutenu de ces planches.
Aux dessins nous retrouvons l'étonnant Danijel Zezelj, avec son graphisme très sombre et parfait, encore une fois, pour ce genre de récit. Je lui repproche juste cette manie qu'il a de faire des personnages avec des bustes très longs et des jambes toutes petites, pour du dessin réaliste ça cloche je trouve !
Le conseil du jour en tout cas !