Les lettres des textes sont blanches et contrastent avec le fond noir des pages et les incisions qu’elles évoquent sur ces sombres surfaces de papier, si elles en ressortent lumineuses, sont comparables au faisceau trop peu large d’une lampe de poche dont on se serait muni pour visiter de nuit une bâtisse inconnue et menaçante...
On avance en effet perplexe au travers ces taillis de mots auxquels font face de mystérieuses et angoissantes photos.
Il fait nuit dans notre tête mais parfois un rai de lumière nous parvient. D’une fenêtre d’un autre âge, ou d’un ciel nocturne tout juste assez sombre pour faire danser les arbres nus et nous tirer des frissons... On avance, on avance. On s’attache à scruter, à observer, à regarder et à essayer de comprendre. On sait qu’on n’a pas la clé mais qu’on tombera quand même sur ce qu’on cherche. Même si on ne sait pas ce qu’on cherche...
Gabriel Delmas nous offre une attraction. Du genre de ces virées de nuit qu’on fait, ados, pour se faire peur. Il y glisse ces représentations suggestives, ces flous qui dérangent, ces zooms qui font semblant de nous donner des repères, ces photos prises qui ressemblent à des radio de poumons malades, ces squelettes, ces sentinelles en bocaux de formol, ces poupées d’un autre siècle qui traînent avec elles ce symbole de toutes les malédictions, du temps, de l'oubli et de la mort...
Ils sont parmi nous est incompréhensible. C’est une respiration souffreteuse de son auteur. C’est lui-même qui s’offre en cadeau en sachant qu’il sera inaccessible. C’est une jubilation d’artiste. Qui peut ne pas être vu, mais qui peut se faire entendre, se faire sentir, se faire votre cauchemar...
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