La question (ou le constat) de l’Amérique raciste ne pouvait pas être occultée par Kaiji Kawaguchi dans son
manga puisque son héros candidat à la présidence des Etats-Unis est de souche japonaise. On remarquera d’ailleurs l’aspect bouffi – le type américain ? – que le dessinateur a donné à quelques défenseur du « white power » ! Mais l’auteur ne part pas non plus en profondeur dans une croisade contre le racisme, n’utilisant le thème que pour servir la stratégie de son héros. Ce qui crée des raccourcis faisant perdre le récit en crédibilité (Yamaoka remet tout le monde d’accord en quelques phrases) mais force à reconnaître qu’il ne se perd pas en hors-sujets !
Le mangaka nous a là encore tricoté un découpage aux petits oignons. D’une part il excelle à pratiquer l’ellipse scénaristique. Par exemple ? On voit Durand sortir du bureau de Yamaoka quand Takashi y entre, et les deux se recroisent plus tard à l’aéroport, après leurs voyages respectifs, ce qui ne nous est pas montré comme un hasard... tadam !!! Surtout quand on connaît le malaise qui a fait retourner Takashi au Japon.
Et d’autre part il relance le suspense de manière impressionnante (il ne reste qu’un seul tome après ce tome 10 pour que la série prenne fin !) en nous faisant nous poser des tas de questions sur l’issue de l’aventure électorale :
- Yamaoka a-t-il commandité des attentats ?
- Takashi se retournera-t-il contre son père si près du but de ce dernier ?
- Le mangaka reportera-t-il la vedette sur le journaliste plutôt que sur le candidat ?
- La phrase de Yamaoka à Korzeff sur ce qui fait les vrais leaders, au début de ce volume, trouvera-t-elle écho dans le tome suivant ?
Une fois de plus, Kaiji Kawaguchi est épatant sur tous les plans. Eagle mérite toute votre attention et tout votre intérêt.