Bokurano est plus qu’un petit
manga pour jeunes lecteurs avides de science fiction. Une mention « pour public averti / déconseillé aux moins de 15 ans » apparaît d’ailleurs sur l’ouvrage... Et c’est vrai qu’arrivé en fin de lecture de ce premier tome, on se rend compte qu’on a vécu une expérience particulière ; une expérience de destruction menée dans l’innocence la plus totale.
C’est là où cette série démarre très fort, derrière ses airs de chronique gentillette mettant en scène des enfants. Car très vite, on commence à mesurer ce qui se passe, on se met à imaginer que bien qu’ils soient nombreux (quinze), ces enfants ont bien l’air d’être menacés les uns après les autres par un destin peu enviable que leur a prévu l’auteur !
Et on est impuissant. On assiste à cette attraction exercée sur eux par ce jeu. On sent bien les réticences de certains, mais l’envie de jouer, de se mesurer, de faire son beau prend le dessus : ce ne sont que des enfants. Qui cèdent à la tentation. Des enfants à qui l’on met une arme dans les mains et qui ne se rendent pas compte quelles seront les conséquences de leurs actes...
Reste effectivement à savoir où se situe la limite entre la réalité et le virtuel, quand s’enrayera la machine et quand Kana jouera son rôle puisqu’elle s’est d’entrée désolidarisée du groupe en n’acceptant pas de jouer, même si elle assiste à tout...
Le dessin est plaisant même si on peut avoir du mal avec certains visuels moins lisibles montrant les combats entre ces robots aux allures d’insectes géants. Et surtout, surtout, cette tension qui est montée pendant ce premier tome appelle à découvrir la suite. Faudra-t-il qu’une deuxième mort vienne endeuiller cette classe de mer pour que les enfants ouvrent les yeux ? Quelle autorité auront sur les enfants les personnes extérieures au jeu ? Jusqu’où l’auteur veut-il nous emmener ?
Pause.
Et vivement le tome 2 qu’on puisse appuyer à nouveau sur Play !