Cette échappée dans la forêt amène, pour le coup, une vraie bouffée d’oxygène au récit. Dans le précédent volume, le voyage de Guts s’était avéré répétitif et guère passionnant d’un point de vue scénaristique. Seule la partie dédiée aux batailles de Griffith contre les barbares avait relevé l’intérêt du livre.
Le tome 24 est tout autre. D’abord, aucune trace de la guerre menée par Griffith. Tout le livre est dédié à Guts et à ses compagnons. Vu ce qui s’était passé précédemment, on pouvait être un peu inquiet. Pourtant, il n’y a aucun lieu d’appréhender la lecture, je puis vous l’assurer.
L’histoire, en effet, est prenante, claire et bien amenée. Si cette aventure n’a rien de réellement original, elle est parfaitement maîtrisée et nous plonge dans un univers tantôt magique, tantôt inquiétant. La noirceur représentée par la menace troll est contrebalancée par l’optimisme dégagé par l’antre de la sorcière. Celle-ci se présente comme une représentante du Bien, contrairement à l’image habituelle que l’on en a. L’auteur joue d’ailleurs beaucoup sur ce registre en soulignant souvent le mal fait par la religion (chasse aux sorcières, destruction des traces des croyances anciennes…) et l’installation de préjugés dans la société.
C’est donc un excellent épisode que propose Miura, avec des dessins toujours aussi détaillés et réussis, et des questions de fond intéressantes.
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