Le maillot rouge est une bande dessinée qui sent bon le flirt de vacance mais qui tourne vite à l’histoire sérieuse. Trop sérieuse pour ne pas faire mal si elle venait à prendre fin. Et immanquablement, l’histoire de Marianne tourne mal. Cyril était trop bien, trop beau, trop inespéré pour être le bon.
Avec une narration très personnelle, intimiste et pudique juste ce qu’il faut, Marianne Eskenazi nous prend par la main et nous raconte tout. Ou plutôt ne nous raconte "que ça". Car en effet, tout, autour, n’a plus le même goût lorsqu’on est amoureux... ou lorsqu’on se retrouve seul(e). Et tout disparaît alors pour ne plus laisser en lumière que l’amour.
Avec une palette restreinte de couleurs basiques très fortes, l’auteure met en images son histoire mais aussi ses réflexions, ses sentiments, ses états d’âmes. Elle joue avec des inserts et une narration calculée, entre dialogues et textes de pensée, pour nous faire l’accompagner sans qu’on puisse faire quoi que ce soit pour elle. Le lecteur est voyeur, observateur, mais surtout impuissant ou rageur de voir cette jeune fille se perdre sous ses yeux là où la détresse la conduit. Marianne Eskenazi réussit donc cela, nous interpeller, ne pas nous laisser insensible à cette histoire qui a pourtant les airs d’une histoire très commune : amours et désamours. Illusions et désillusions. Espoir, toujours...
Le maillot rouge est une œuvre sensible, la chronique d’un épisode de la vie d’une jeune fille qui a cru que la fin était là où ses amours s’arrêtaient, à l’époque. Avec ses yeux et son talent d’adulte, Marianne Eskanazi revient sur ce sentiment, comme voulant crier que ces instants qu’elle pourrait choisir de qualifier aujourd’hui d’oubliés restent encore parmi les plus forts qu'elle a vécus. Une bien belle découverte dans la bien-nommée collection Discover des éditions Paquet ; une découverte à continuer sur le blog de l’auteure qu'elle tient sous le pseudonyme Paprika :
http://www.blogdepaprika.com/