La guerre de Corée vient au secours de Jean-Michel Charlier qui trouve dans cette épopée guerrière une source d'inspiration non négligeable. Rappelons que nous sommes en 1954 et que le thème abordé est encore chaud. De fait, cet épisode tire de ce carburant constitué de faits authentiques des éléments qu'il intègre adroitement à son récit. Pour ne citer que les principaux, on notera l'intervention du faux cargo américain abritant tout un matériel d'espionnage russe dernier cri et le ravage des terribles "Yvan le terrible".
Très prolixe en matière de dialogues, le scénariste pilote parfaitement son histoire qui, d'un ton à la fois enjoué et grave, nous fait vivre des péripéties enthousiasmantes. De la trahison à l'héroïsme, on ne peut que se plaire à rester dans le sillage de ce Buck Danny, personnage intègre et volontaire de la série éponyme qui, dans cet opus, va contrer l'avance technologique des Nord-coréens. Les missions qu'il exécute sont fertiles en rebondissements face à des évènements naturels imprévisibles ou à des assauts impromptus d'un ennemi manipulateur.
Le talent de Victor Hubinon est incontestable. Ses dessins atteignent un degré de perfection qu'il est indispensable de saluer. Le réalisme de ses personnages et de ses engins en tout genre est purement génial et offre des séquences graphiques d'une netteté superbe. Les mimiques sont très expressives et sont le miroir d'émotions bien définies. Son va-tout est la représentation en pleine action des avions de chasse dont les tableaux de bords sont largement restitués dans une précision photographique.
Le "pays du matin calme" porte mal son surnom puisqu'un typhon d'un genre belliqueux va sévir dans ses cieux enchanteurs. Attention, c'est parti, Buck Danny engage déjà le combat et gare à celui qui se trouve de l'autre côté de ses mitrailleuses !
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