A mi-chemin entre "Alerte au virus" et "Alien", nous retrouvons cette maladie mutagène qui continue à faire des coupes sombres sur le sol américain. Le précédent opus se terminait sur la vision d'horreur de la dernière évolution du parasite dont les assauts dévastateurs ne laissent aucun espoir à celui qui le porte. Il est donc normal que nous le redécouvrions dès les premières planches du présent opus sur la table de dissection.
La pression est à son comble. La méconnaissance totale du parasite attise la colère et la peur que l'on sent constantes tout au long des différentes péripéties. C'est à la fois rebutant et attirant. Serge Callède parvient à nous captiver du début jusqu'à la fin en séquencant son récit en tranches de vie parallèles selon les protagonistes dont on sait pertinemment que la fin qu'ils vivront sera commune. Le mal être de plusieurs côtoie la détermination ou la désillusion d'autres.
Grâce aux aveux de certains, on apprend enfin l'origine de cette bactérie destructrice qui d'après son délateur existe depuis bien des années. Je dois avouer que cet élément n'est pas forcément "choc" mais confirme le caractère inconnu de celle-ci. L'auteur se complait à finaliser chaque épisode de façon à inciter le lecteur à se dire : vivement la suite pour en savoir plus. De fait, ce tome 4 n'échappe pas à la règle et nous ravit (tout en nous faisant grincer des dents) de son caractère singulier.
La prestation graphique de Gaël Séjourné est toujours égale à elle-même. Suffisamment généreuse sur la diversité des personnages, elle est la représentation d'un grand travail de recherche réaliste et poussé. Les instantanés sont bien choisis et apportent une fluidité visuelle entre chaque situation tout à fait remarquable.
Rentrez sans retenue dans la dimension de Tatanka, celle dans laquelle l'esprit du grand bison va affronter la perversité d'une maladie bien retors et pernicieuse.
|