Y a pas à tortiller, Greg sait raconter des histoires, des histoires qui vous transportent virtuellement dans des univers à la limite de la réalité historique. "Le désert sans lumière" n'échappe pas à la règle et nous permet de pénétrer encore plus loin dans ce monde intransigeant que sont les Etats-Unis lors de la Conquête de l'Ouest. Les faibles n'ont pas leur place en ces lieux souillés par la présence maléfique d'une racaille assoiffée de sang. Pour cela, d'autres hommes (peu nombreux) se lèvent et combattent, seuls et sans gloire, contre cette engeance dévastatrice. Red Dust en fait partie.
Le scénariste nous prouve son habilité à développer graduellement son intrigue. En partant de la conception d'un héro affaibli par son stage forcé dans un bagne, il apporte petit à petit de la matière pour sortir de la léthargie son personnage fétiche. La présence écrasante de la gente policière qui épie les faits et gestes de l'ancien forçat limite l'action, l'apparition providentielle (pour nous) de Shotgun Marlowe revitalise le récit. Il va de soi que même après avoir manié la masse pendant près de 2 ans, les paumes de notre héro retrouvent vite leurs sensations au contact des crosses des colts. Et là, blam ! c'est le bouquet : un échange de plombs en bonne et due forme taillant de larges brèches dans les rangs des brigands.
Mieux que des plumes et du goudron est à réserver à Hermann qui nous entraîne dans son univers graphique impitoyable. Son style est énergique, authentique dans les proportions et décisifs dans les mouvements. Ses ambiances nocturnes et pluvieuses sont époustouflantes par leur rendu dans lesquelles la couleur noire, utilisée judicieusement, apporte un relief extraordinaire. Les scènes de duels qui sont éclatantes sont la garantie d'un travail phénoménal de restitution.
Shotgun Marlowe va ouvrir les portes de l'enfer et Red Dust est le seul à détenir les clefs qui pourront les refermer. Au diable les mécréants, l'ange déchu est de retour et il ne nous désarmera pas !
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