N’allez surtout pas croire que vous avez affaire ici à un polar au sens classique du terme. L’histoire est un prétexte. Elle permet d’accompagner l’ambiance et la mise en scène de Bézian. Et quelle mise en scène ! Cet album est tout simplement grandiose.
L’auteur parvient, en effet, à faire vivre au lecteur les moindres pensées, les moindres émotions, les moindres angoisses qui glissent au détour des couloirs et des pièces de la villa. La villa est, pour ainsi dire, un véritable personnage de l’album. Les amoureux d’architecture seront séduits, mais tous les autres aussi. Le cadrage est étudié en permanence pour que les héros de l’album soient au cœur d’une beauté architecturale aussi vivante qu’eux. Pour se faire, l’artiste à fait appel à son frère, Olivier… architecte justement.
Il est rare qu’une œuvre distille autant d’émotions tout en étant très graphique. Que de temps Bézian a dû passer pour obtenir un tel rendu, quelle que soit la scène. Les jeux de perspectives sont permanents. Ils semblent happer le lecteur, l’entraîner au cœur de la maison pour attendre le tueur en compagnie des habitants des lieux et de la police.
Je le redis encore, l’intrigue sert l’ambiance particulière du livre, elle appuie les émotions des personnages. Elle a donc, de ce point de vue, son importance car elle dessine le contexte. Elle contribue forcément à appuyer l’ambiance pesante qui s’installe au fil du récit. En revanche, n’y cherchez pas de « logique » policière au sens premier du terme. Vous n’y trouveriez pas un argumentaire convaincant. Mais cela n’a absolument aucune importance. C’est fort, c’est beau, c’est envoûtant. C’est un véritable chef-d’oeuvre.
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