Charles Burns décrit cette adolescence frappée par ce mal comme une adolescence en pleine perdition, perdue dans la drogue, le sexe, les abus, le néant qui les aspire inexorablement. On le comprend bien, la maladie n'est qu'un pretexte pour mettre en avant ce malaise qui prend aux tripes certains ado en mal de vivre, perdus derrière cette identité qu'ils cherchent, exclus par les générations qui les précèdent. On aurait peut-être tendance à se dire que cette stygmatisation sent un peu le réchauffé, néanmoins Burns réussit à rendre tout ça terriblement sensible et presque émouvant. Il use d'une narration très recherchée, de monologues internes et du coup créé un pont vers ces personnages tellement meurtris. L'ensemble est tout de même très sombre et desillusionné, mais Burns sait parfaitement dépeindre ces ados meurtris avec cette virtuosité qu'on lui connait.
De la très grande BD, et cette intégrale est l'occasion rêvée pour venir rajouter ce chef d'oeuvre à votre collection !
Très fortement conseillé.
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