Quand la Mort a fait son apparition dans l’une des premières planches de l’album et quand elle a parlé avec Vauvert de leur rendez-vous en Lorraine, j’ai cru comprendre dès le début que j’allais assister à une adaptation en bande dessinée du conte ouzbek Le roi, le prince et la Mort dans lequel le roi en question fuit la Mort qui lui a donné rendez-vous mais la trouve... là où il est parti se réfugier, comprenant alors que c’était bien là que la Mort devait œuvrer.
C’est donc avec curiosité que j’ai parcouru cet ouvrage, acceptant de me plier au jeu que me proposaient les auteurs m’embarquant dans un univers mythologique haut en couleurs et riche d’une population de créatures en tous genres tout en pensant que l’issue ne me surprendrait pas. Puis, arrivé à la fin de ma lecture, j’ai finalement découvert que j’avais fait fausse route, me faisant donc surprendre par la tournure des événements et me rendant compte alors que j’avais été pris par le flot de l’histoire, bercé par son rythme comme un enfant aurait été mis à l’aise par un récit qu’il aime se faire raconter.
Jérôme Anfré au dessin et son frère Philippe au scénario nous invitent effectivement dans un rêve graphique où évoluent de multiples êtres de légendes, plus ou moins connus : géants, cyclopes, sphinges, griffons, gobis et autres curiosités de bestiaires imaginaires. Non contents de les faire revivre pour nous, ils les ont en plus dépoussiérés en les modernisant par exemple par les paroles qu’ils leur ont prêtées ! En ajoutant des clins d’œil à l’histoire, aussi, comme avec par exemple ce Chrétien de Troyes, fils du Diable !
Du Graal plein la bouche est donc une bande dessinée originale présentant une vision humoristique de classiques entremêlés, une fable que le dessin naturel et joliment coloré porte à merveille.
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