Après avoir travaillé ensemble sur "Robin Hood", le tandem Brrémaud/Loche se reforme pour créer cette nouvelle série s'inscrivant dans le pur style de l'heroic-fantasy. Issue d'une demande de l'éditeur qui a souhaité modifier l'idée de base historique du scénariste en récit "fantasy", Alika est le produit par excellence qui, par sa fraîcheur narrative, ravira bon nombre d'adeptes de ce style littéraire.
L'idée générale étant la quête d'un monde fantasmagorique géré par les pouvoirs d'une source, on se plait à suivre Alika, personnage féminin élancé de 17 ans à la verve féconde et au caractère bien trempé, issu d'un milieu non moins magique. Dans un contexte prophétique, cette dernière semble liée au destin de tout un monde sombrant dans la barbarie. On concèdera que le thème est loin d'être novateur mais réserve de bonnes surprises. L'humour est présent grâce aux dialogues simples et croustillants et aux frasques d'Orzo, petit personnage emblématique, et d'Alika, mercenaire effrontée.
Le ton donné à cette aventure caractérise la volonté de créer un divertissement qui puisse sortir des sentiers battus. Le fait de réaliser des protagonistes aux réactions et réflexions décalées et des combats sans grande violence (entre humanoïdes ou avec des monstres) délirants relègue cet ouvrage dans une catégorie qui n'est pas pour déplaire par son côté moqueur à la limite de la frivolité.
Le jeune illustrateur de métier qu'est John-Simon Loche tire son épingle du jeu en réalisant des graphiques amusants sortis tout droit d'un dessin animé. Maîtrisant les mimiques de son héroïne (les yeux parlent d'eux-même) ainsi que ses gestuelles et diverses postures, il parvient à rendre cette dernière attachante. Par ailleurs, pour ne citer que lui, le sage Orzo semble être un pur produit
manga. Les couleurs pastels apportent à la fois une certaine douceur ambiante et un relief non négligeable sur des décors souvent très épurés.
Cet album qui préfigure une trilogie (d'un premier cycle) est à lire si vous aimez les récits d'heroic-fantasy ? Ça coule de source, non ?