Cette fois la guerre est belle et bien ouverte entre ces trois pays asiatiques, avec le risque que cela s’étende encore à d’autres nations. Ce conflit imaginaire, qui se déroule de nos jours, est amené de manière assez crédible par l’auteur. Il permet d’illustrer les antagonistes qui existent dans cette région du Monde.
Le premier tome donnait beaucoup de place à la vie d’une famille coréenne sur le sol japonais. Dans le second volume, il y a un plus grand équilibre entre la géopolitique et la vie de ces Coréens. Ceci dit, les drames que vont vivre ces familles sont tels qu’ils vont marquer profondément le lecteur.
Nous assistons, en effet, à l’installation d’une haine profonde des Japonais vis-à-vis des Coréens. Ce qui n’était encore qu’un racisme latent devient un rejet violent, une folie humaine. Cela se fait progressivement. Portes qui se ferment, boycott des entreprises tenues par des Coréens puis licenciements avant des choses pires encore.
Le parallèle avec l’antisémitisme nazi est utilisé ouvertement par Ya Sul Lok. Cela renforce encore l’aspect dramatique de la situation même si l’on pourrait considérer que l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère. On imagine sans peine la réaction des Japonais qui auront lu ce
manhwa. Ceci étant, c’est le propre d’un livre engagé, écrit pour dénoncer l’attitude militariste et négationniste de certains Japonais.
Ya Sul Lok dénonce également toute l’horreur d’une guerre et la haine insensée qui peut naître chez les gens ordinaires, au point de perdre une bonne part de leur humanité. Un récit terrible, dérangeant, qui prend aux tripes.