La série Ric Hochet a atteint son cinquantième numéro. Fort de cet anniversaire qui permet à l'éditeur de matérialiser un titre en caractères d'or sur la couverture, les deux complices de plus de 28 ans (au moment de la sortie de l'album en 1991) ont concocté une nouvelle intrigue policière flairant bon l'approche du XXIème siècle.
L'affaire qui nous intéresse débute d'une façon peu commune, qui n'est pas sans rappeler celle, plus récente, de F. Vehlmann et B. Gazotti "Seuls". Ric Hochet se trouve propulsé dans un Paris futuriste sans âme qui vive. Le sensationnel des quatre premières pages fait sombrer l'histoire dans la pure science-fiction, surtout lorsque apparaissent la soucoupe volante et les ghroms, bipèdes bleuâtres aux yeux rouges globuleux. Toutefois, la cinquième planche rétablit, provisoirement, le récit dans le style qui est propre à la série et le maintient jusqu'au final.
On recensera pas mal de rebondissements dans cet album auxquels l'enquête rondement menée du journaliste n'est pas étrangère. Tour à tour, les protagonistes passent de victimes à coupables (chacun semble avoir un mobile) dans un enchaînement d'évènements plus intrigants les uns comme les autres, jusqu'à que l'étau se resserre et que le masque tombe.
Tibet étale tout son savoir et son habileté à créer un univers autre que contemporain. Son esprit imaginatif nous permet de visionner des véhicules futuristes bien sympathiques. L'aspect effrayant des ghroms, dans leurs tenues translucides, ainsi que de l'espèce de menthe religieuse géante est assez convaincant. De fait, les dessins, dans leur globalité, conservent leur expressivité habituelle et nous garantissent un niveau de qualité excellent.
Sont-ce bien les petits hommes verts qui sont descendus sur Terre pour commettre un crime ? Pour le savoir, pénétrez la quatrième dimension !
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