Dernier tome de ce premier cycle des aventures d'un scientifique indiscipliné qui poursuit son but fixé dans le tome 1 tout en déambulant dans un environnement ingrat dû au souffle nucléaire.
Dans cet épisode, qui ne peut être lu que si vous avez compulsé les deux précédents, l'aura de Saldo s'éclipse au profit de Zelda, personnage mystérieux que l'on a rencontré dans le tome 2, mandaté par le Centre pour surveiller de près l'itinérance du scientifique. Dotée de pouvoirs peu ordinaires, insensible à la drogue, elle s'active enfin dans la mission qui lui a été confiée. Affichant une force de caractère peu commune, elle s'adonne curieusement à des auto-analyses comportementales de type freudien.
D'autres personnages tout aussi atypiques les uns que les autres (c'est là où Jean Dufaux étale toute sa créativité) font leur apparition dans cet univers convalescent. On notera la présence intrigante du Maître des puits (rappelant l'image du Sphinx dans la Mythologie) qui pose des devinettes à ceux qui espèrent boire, du Maître des serpents qui lâche ses reptiles venimeux sans aucune raison apparente si ce n'est pour provoquer la mort, l'exhibition musicale de Lou Reed interprétant "Busload of Faith"…
On appréciera l'évolution certaine des graphiques de Griffo qui sont manifestement proches d'un réalisme délirant. S'attachant à bon nombre de détails, il accomplit un travail excellent. On ne lui critiquera pas ses grandes capacités à dessiner les femmes plantureuses souvent dans une nudité avantageuse qui ne peuvent que contraster avec la laideur du monde qui les entoure.
Beatifica est une très bonne trilogie des années 80 et préfigure une suite basée sur le même principe que l'on pourra lire dans la série "Samba Bugatti".
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