La série Quintett prend fin magistralement avec ce tome 5, un superbe album dont le titre est à lire au sens propre comme au sens figuré.
Contre toute attente par rapport à ce qui était prévu au début (mais l’information a été rendue publique il y a longtemps), Giulio De Vita qui avait signé les toutes premières et les toutes dernières pages des quatre tomes précédents et qui devait réaliser cet ultime opus a laissé les crayons à son ami Giancarlo Alessandrini pour mieux s’investir dans la série Wisher avec Sébastien Latour.
Si la déception des fans de De Vita pourra trouver une petite place, elle sera vite effacée par la bonne qualité du dessin de son remplaçant. Quintett étant de toutes manières une série qui aura mobilisé autant de dessinateurs que de tomes (et désormais un de plus), le fait que le style change à nouveau ne perturbe pas – d’autant que le récit se déroule 15 ans après les événements de Pavlos, ce qui fait que les évolutions des personnages "passent" bien. On trouvera soit dit en passant que Méric a parfois des airs du Francis Blake de Jacobs et Elias Cohen des traits comparables à ceux du Arthur de Cosey dans Le voyage en Italie...
Dans ce tome 5, on a le plaisir de retrouver tous les protagonistes autour de qui s’est construite l’intrigue. On a aussi enfin le droit de savoir qui étaient les mystérieux personnages que De Vita dessinait en masquant leur identité. Après quatre tomes d'une qualité extraordinaire, on pouvait par contre avoir peur d’être déçu par l’issue qui allait être imaginée tant le suspense a été bien monté. Rassurez-vous : par bonheur, "La Chute" est de qualité égale, voire supérieure si l’on considère que le fait d’avoir la clé du mystère apporte un plus.
"Les héros arrivent à leurs fins, mais ceux à qui ils voulaient demander des comptes gagnent... aussi !!!" Voilà en substance l’idée qui se dégage du scénario de Frank Giroud et qui termine Quintett en apothéose. Frank Giroud a montré une fois de plus que son scénario était on ne peut mieux millimétré. Autant on s’était régalé de la superposition parfaite des différentes histoires qui faisaient les quatre premiers tomes, autant on se régale de la manière dont il boucle son récit, en y ajoutant même une part de non-maîtrisable (pourtant ô combien calculée) qui cultive le doute jusqu’au bout. C’est génial !
Quintett est à n’en pas douter une série qui aurait une place de choix sur le podium des séries du siècle. Avec "La Chute", un point final est mis à une série qu’on relira de nombreuses fois sans jamais se lasser : le travail des auteurs prendra toujours le dessus sur le fait qu’on en connaîtra désormais le mot de la fin.
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