Ce très bel album est une peinture sociale et historique écrite très habilement par Philippe Richelle. Il raconte le quotidien de Martin qui démarre ses études à Paris un an avant que la France et l’Allemagne ne se déclare la guerre. Sa vie se partage entre son amour pour Katarina, son attirance progressive pour Maria et ses soirées avec ses amis, presque tous intellectuels anti-nazis.
L’Histoire, avec un grand H, transpire à travers les discussions entre les différents (et nombreux) personnages de l’album. On y retrouve des artistes insouciants, des communistes, des Nazis et des démocrates…
Une scène très intéressante, où l’on voit un policier demander à Henry d’espionner les Allemands communistes, se veut révélatrice de l’état d’esprit de l’époque. À ce moment-là, on voyait d’abord l’ennemi en rouge, pas arborant une croix gammée. Mais les choses vont vite changer comme on va s’en apercevoir vers la fin du livre.
Vous ne verrez jamais de spectaculaire ici. Les auteurs nous racontent la vie de gens tout à fait ordinaires, doucement happés par des enjeux qui les dépassent. C’est très humain, intelligent et servi par des dessins réussis. Voilà une bonne occasion de plonger dans la société d’avant-guerre à travers un récit nuancé qui montre que tous les Allemands n’étaient pas des admirateurs de Hitler.
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