J’avais été époustouflé par le graphisme du tome 1 de cette série, aussi c’est les yeux fermés que je me suis rué sur ce second tome : Esperar la muerte (qu’on pourrait traduire par En attendant la mort). On avait pris connaissance des enjeux dans le tome premier, se rendant compte qu’en plus des conflits entre les indigènes et les conquistadores, l’épidémie était un ennemi commun et des Espagnols, et ses Syyanas.
Dans ce tome 2, on n’avance que peu dans l’évolution de l’histoire mais une grande importance est par contre donnée au passé, à celui d’Initsiii surtout, mais à celui du capitaine Abatirso, également.
Si l’histoire est très intéressante, c’est surtout pour le graphisme que j’ai fondu. Certains seront peut-être démotivés en ouvrant furtivement un des deux tomes et en y découvrant des couleurs très vives, trop vives. Pourtant, à s’y attarder, on entre vraiment dans un univers artistique très fort. Les visages sont très bien réalisés, tantôt assez géométriques, tantôt très travaillés surtout lorsqu’il s’agit de représenter rides et pustules. Le sang et la violence sont omniprésents, aussi, et le rouge luisant qui les caractérise trouve justement un bon équilibre dans le vert profond des épaisses forêts, dans l’ocre clair des déserts ou dans la polychromie des bâtiments peints. Beaucoup d’effets sont utilisés, aussi, comme la représentation schématique de décors qui s’apparentent alors plutôt à du papier peint ou comme ces floutés souvent utilisés dès qu’il y a mouvement. Enfin, le trait, même souvent très gras, réussit cependant à rendre aux courbes leur grâce et les luisances, les ombres sont toujours réalisées avec grand talent. Tout est très très bien fait, vraiment !
Helldorado est une série à découvrir absolument. C’est pour moi un véritable coup de cœur !
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