Mushishi est une série originale, tant pour son sujet que par le traitement qu’en fait l’auteur. Les aventures de Ginko se déclinent à un rythme proche du feuilleton mais dans un style narratif qui fait indéniablement penser aux nouvelles.
Ginko voyage dans un Japon traditionnel, à la rencontre de gens ordinaires confrontés à des problèmes qui relèvent de l’extraordinaire.
Urushibara introduit très bien chacune des histoires. Les phénomènes mystérieux qui se produisent ça et là donnent immédiatement envie au lecteur de poursuivre.
Ne vous attendez pas, toutefois, à un récit à la X-Files version kimono. Non, les rencontres de Ginko s’apparentent plus au monde des contes, avec une ambiance indéniablement lyrique. Les
mushi sont des parasites presque fantômes (seuls les
mushishi les voient, les autres humains ne les connaissent que de nom), avec des effets aussi variés et surprenants. Le récit subtil que fait le
mangaka de ces phénomènes leur confère un statut à part. On ne peut pas dire qu’ils apparaissent comme des êtres néfastes. Ils sont là, ils existent, ils font partie de ce monde et survivent comme tout un chacun, sans notion apparente de bien ou de mal.
Nous vivons donc des récits à l’ambiance très étrange, où le mystère n’est pas suspense et où la souffrance n’est pas le Mal. Il y a de la douceur et de la bienveillance dans ces récits, un appel au respect vis-à-vis des hommes mais aussi du monde qui les entoure.
Les dessins, sans être exceptionnels, sont assez réussis. J’ai aussi apprécié les quelques planches en couleur, au style aquarelle. Elles sont très jolies et se marient bien à l’ambiance générale de la série.
C’est un livre étonnant que nous livre Urushibara, fait de belles histoires qui surprennent chaque fois le lecteur. Leur conclusion n’est peut-être pas toujours aussi recherchée qu’on pourrait l’espérer mais j’ai lu ces cinq nouvelles avec plaisir. Il en reste un parfum étrange et plutôt agréable. Une expérience à tenter, surtout si vous aimez les nouvelles fantastiques et initiatiques.