Je me faisais la remarque lors de la lecture du premier tome qu’il était un peu étrange de voir des personnages moyen-orientaux dessinés "
manga" : on a tendance à les voir comme des asiatiques d’extrême-orient. L’habitude, quoi. On s’y fait pourtant vite, même si Ali apparaît vraiment plus, avec son bandeau sur la tête et ses cheveux "pointus", comme un héros du type Yu-Gi-Oh plutôt que comme un homme des sables !
Cette série se basant pour beaucoup sur les contes, les auteurs jouent avec leur liberté de récitants et vous verrez qu’en seconde partie, ils s’offrent une nouvelle (très grande) parenthèse et c’est bel et bien en Corée que nous partirons ! Loin du sultanat de Shahryar.
Une part plus importante est faite dans ce volume 2 à l’homosexualité, même si elle est principalement suggérée (parfois fortement comme dans une des scènes du début) et, en ce qui concerne les "héros gentils", même si elle est non consentie... Féminins ou masculins, les personnages clés sont, il est vrai, dessinés de manière à être désirables. Le dessin est fin et fait donc ressembler les hommes (qui en plus ont les cheveux longs) à des femmes... Le malaise du lecteur qui ne souhaite pas être voyeur est donc peut-être moins fort, mais peut-être plus sournois puisque le dessin "aide à faire passer"... !
Il n’empêche qu’au-delà de ces considérations de mœurs et qu’au-delà de cet équilibre entre le réel (ce qui se passe dans le sultanat) et le légendaire (les histoires que Shéhara raconte),
Mille et une nuits reste un
manhwa très esthétique et très agréable à lire.