Les premières pages m’ont tout d’abord fait penser à une adaptation de l’histoire de Victor, l’enfant sauvage, mais quand le personnage de la grand-mère est apparu, il était clair que ce n’était pas le cas. Cette BD, Viktor, est l’adaptation d’un conte d’un certain Marcel Schwob intitulée L’étoile de bois. Un véritable conte, avec de la poésie, du frisson, mais aussi de ces absurdités qui caractérisent le genre : Viktor n’est jamais allé à l’école ni nulle part ailleurs, on ne sait pas de quoi ils vivent, lui et sa grand-mère...
L’histoire comme le texte sont de toute beauté. De nombreuses métaphores trouvent leur place dans la narration et la poésie de ces textes ne sera bousculée que dans certaines bulles de paroles de Viktor.
Le dessin est en noir et blanc. S’il est très sombre, il est adéquat à cette ambiance de forêt retenant ses occupants, avec ces arbres comme autant de barreaux de cage. Mais il sait aussi se faire plus lumineux lors des rêves de Viktor ou lorsque les étoiles s’invitent dans les vignettes.
Comme dans tout conte, le classique prend le dessus sur la fin qui n’en est donc pas très surprenante mais qui est le terme d’une belle et sensible adaptation graphique du texte original.
|