Ces deux auteurs sont plutôt habitués à des récits plus intimistes, voir même plus adultes, que ce soit "l'Orchidée noire", "Violent cases", "Mister Punch". Alors avec ce petit album les voila qui nous racontent ce conte pour enfant, un conte plein d'inconscience qui s'adresse à des enfant avec un langage d'enfant, c'est très rigolo comme album. Certes il se lit très vite mais il m'a ramené pas mal d'années en arrière et le relire pour cet article a été un très agréable moment, une belle occasion de retrouver quelques pensées d'enfant, quelques bribes d'innocense, un petit bonbon sucré.
« Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges » est une vraie bouffée d’oxygène. Dans l’absolu, cette histoire de deux enfants qui font du troc est assez amusante. Le hic naturellement est que les enfants font souvent des bêtises et que les deux jeunes héros (Un garçon et sa petite sœur) font la bêtise du siècle ! Ils troquent leur propre père.
Comme souvent pour les enfants, la valeur des choses n’est pas commerciale mais plutôt sentimentale et instinctive alors ils craquent pour des riens, des bouts de ficelles et ils échangent ce qu’ils ont sous la main sans tenir compte des conséquences .. ni du sens que cela prendra aux yeux des adultes.
Naturellement cette histoire est aussi une belle parodie sur le cocon familial avec ses lourdeurs, ses immaturités notamment en ce qui concerne parfois la démission des parents devant l’immense tâche de l’éducation. Mais tout n’est pas perdu ! La docilité et le laxisme de ce papa laissent quand même une place à l’attention qu’il porte à ses enfants Même sans lever le nez de son journal il entend, même sans intervenir durant leurs péripéties, il finit par dire « Allons les enfants. » Nous voilà rassurés, finalement, il est bien là.. ouf !
Ce récit est surréaliste et absurde, çà aurait pu être un film de Jacques Tati et le contre emploi est légion.
Les rôles sont de composition et le dessin de Dave Mc Kean avec ce génie de la mise en page font merveille. Les couleurs sont chaudes et rassurantes et on va même jusqu’à sourire devant l’espièglerie de la fillette qu’on aurait moins appréciée dans d’autres circonstances.
Cette jolie fable philosophique est à lire avec délectation.
MARIE
(17 Septembre 2004)
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