Le tome s’ouvre sur la découverte de l’espionne. La tension s’installe entre les protagonistes et la fin apparaît inéluctable. Le personnage lutte, avec toute la détermination d’une guerrière. Elle est résignée mais ne partira pas sans un coup d’éclat : une scène représentative de l’esprit du samourai.
Le scénario s’assombrit encore à l’approche du dénouement. Il est plus violent, sans concession sur les rouages de la guerre. Rien n’est éludé de la tortue psychologique à la torture physique. Le lecteur est plongé dans la cruauté des affrontements et entrevoit ainsi les aspects plus sombres et tourmentés des guerriers.
Encore une fois, Tetsu sert de contre-poids : il est ce qui les relie encore à leur côté humain, celui qui bouscule, qui révèle, qui soutient en dépit du traumatisme subi dans son enfance. L’affrontement avec le maître de Suzu permet d’ailleurs de mieux le comprendre et d’éclairer ses liens avec son frère.
Sur le plan du dessin, l’utilisation de fonds de page sombres accentue l’horreur, la souffrance de la scène. L’auteur multiplie les angles de vues pour donner de la profondeur et de la densité.
Le découpage est varié, parfois sans bordure et exploite donc la totalité de l’espace mais il y a des gros plans sur des parcelles d’image qui ne sont pas toujours identifiables. Sur certaines planches, l’auteur utilise un minimum d’éléments graphiques pour mettre en valeur les mots, le Sens.
Tout est utilisé pour servir le rythme du récit et son intensité.
Un shônen efficace sur une période sombre du Japon féodal.
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