Autant le dire tout de suite, Lost Scion n’est pas vraiment une réussite et encore je pèse mes mots tant sa lecture fut pénible. Cette nouvelle série tente de surfer sur la vague du succès croissant des
mangas. Elle fait partie de ces productions de mauvaise qualité de certains éditeurs pour enrichir leur catalogue et vendre un maximum au détriment de la qualité dans l’irrespect total des lecteurs. Bref, c’est plutôt un fond de tiroir ou un rescapé du tri sélectif. Car la vie d’un surfeur, bon aryen, doté de pouvoirs extraordinaires, réincarnation d’un dieu antique, sent déjà un peu le réchauffé.
Par où commencer : graphiquement, on se rapproche plus d’un livre comme Dessine ton manga les yeux fermés avec tes pieds, les cases dessinées sont chargées à outrance assombrissant le rendu visuel, l’assistante encrage ayant du faire tomber à de nombreuses reprises son encrier sur les planches, les décors sont pauvres, le dessinateur aurait même besoin de cours de morphologie du corps humain. La rubrique le pinailleur de Bodoï aurait du pain sur la planche tant les erreurs graphiques sont également nombreuses.
Le scénariste est à la hauteur du dessinateur. Ils se sont bien trouvés ces deux-là. Fans des Chevaliers du zodiaque, ils le disent eux-même dans leur making-of, on n’est pas loin du plagiat : réincarnations de dieux grecs aux pouvoirs extraordinaires qui s’affrontent à notre époque pour sauvegarder l’ordre cosmique. Bref, c’est un scénario d’un adolescent boutonneux adepte de mangas, du seigneur des anneaux et des séries animées japonaises digne d’un Ouioui va se faire voir chez les grecs. Le scénariste a au moins lu un livre sur la civilisation hellénique pour trouver les futurs personnages à réincarner pour pas trop pomper quand même, c’est déjà ça.
Le positif vient probablement des bonus : making-of de la série, artworks et le premier chapitre complet de Mesene, leur première BD. Mais là aussi, l’ensemble reste bien terne.
Lost Scion est pour l’instant une série à éviter sauf si vous avez pitié de jeunes qui-n’en-veut qui débutent et que vous êtes un mécène ou fortuné.