Les portes de Shamballah ouvre une nouvelle série dans la récente collection « Muse » et nous plonge en plein ésotérisme au beau milieu d’une aventure dont les débuts se déroulent à la fin du XIXème siècle. La société anglaise compte dans ses bas-fonds un groupuscule composé de notables qui s’adonnent sournoisement à des pratiques peu communes sous l’égide d’une entité supérieure.
Malcom Mc Kenzie est le personnage central de l’histoire. Arborant une chevelure abondante rousse trahissant ses origines écossaises, il assume à plein régime son rôle d’agent secret en investissant les milieux initiatiques.
Le scénario à six mains fonctionne superbement bien. Le rythme infligé dès les premières pages est rapide, la course-poursuite engagée par les sbires à Bauer emballant la lecture. Cette fébrilité se ressent tout au long de l’album grâce des changements de plans brutaux (apparitions de dragon ou autres créatures, coup de poing…). Par les pratiques occultes, le fantastique s’immisce pleinement dans un récit bien maîtrisé.
Le dessin, quant à lui, est très agréable et actif. Malgré quelques inégalités au niveau du trait des visages (oui, je chipote !), il démontre une rigueur graphique débutante portée, semble-t-il, sur le style
comics. Une certaine énergie se dégage grâce au réalisme des attitudes en perpétuel mouvement et aux plans judicieusement débordant.
L’apparition de ces êtres fantomatiques est inquiétante (il me rappelle l’apparence de l’humanoïde commandé dans
La Marque Jaune de Blake et Mortimer) et augure une suite mouvementée pour nos deux héros.
Ce tome fait partie d’un premier cycle de 4 albums dont 3 à venir qui ne manqueront certainement pas de faire toute la lumière sur ce fameux Roi du monde pour l’instant invisible.