Ce qu’on pressentait en lisant le tome précédent aura bien lieu dans celui-ci : l’amiral Yamamoto va jouer avec le destin sans toutefois pouvoir savoir si l’issue de son défi est logique : l’histoire réelle rattrape-t-elle les écarts qui sont les conséquences de la distorsion du temps ou est-ce encore une coïncidence malheureuse qui empêche ceux qui veulent changer l’avenir de le faire ?
Ce qu’on ne pressentait pas arriver de sitôt, par contre, c’est cette nouvelle donne à bord du Mirai, cette scission entre Kikuchi et Kadomatsu. Pas besoin de préciser que cette nouvelle orientation du récit lui donne cet intérêt que l’auteur Kaiji Kawaguchi a l’art de ne jamais faire retomber. Il y a juste cette épée de Damoclès qu’est le système d’auto-destruction du Mirai qui peut paraître bancale : on sent là que c’est une véritable puissance de dissuasion contre Kikuchi, Taki, Kusaka et les autres partisans du Japon vainqueur, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’aussi sophistiqué soit ce système, il pourrait peut-être être simplement débranché ici ou là pour être neutralisé... ?
En tout cas, Kadomatsu reste toujours aussi sûr de lui et toujours aussi calme dans ses décisions. Il compte désormais sur la connaissance qu’il a du peuple japonais pour reprendre la situation en mains. Critique du
mangaka envers ses pairs lorsqu’il parle de leur arrogance ou quand il avance qu’ils ne sauraient pas gérer une victoire, qu’ils ne sauraient pas instaurer une saine démocratie ? Autant de questions qu’on met sur les épaules de Kadomatsu et auxquelles ce dernier essayera de répondre à terre en allant se faire auprès de grands noms de l’armée impériale le représentant du Japon qu’il aime...