En parcourant les premières pages je me suis dit qu'il s'agissait d'un énième pamphlet d'ado contre les adultes... Progressivement on se rend compte de la douleur qui se glisse derrière ces "cris", derrière cette "déchirure", mais ce qui reste c'est avant tout l'énergie de vouloir en sortir et de construire autre chose. Peut-être que cet album aurait pu témoigner, justement, davantage de cette force qui permet d'aller vers les autres, de reconstruire avec les êtres que l'on détestait pourtant, car avant le dernier tiers de l'album, beaucoup plus "philosophique", tout reste dans une démarche assez anecdotique en fin de compte, plus de l'ordre du témoignage.
Mais, paradoxalement, ce qui en ressort aussi c'est le parcours émotionnel de la narratrice. Son père témoigne lui aussi mais à part sa théorie (fort intéressante d'ailleurs) il ne fait qu'entériner le discours de sa fille, assumant sa part de violence et appelant les hommes à beaucoup plus assumer pour aider que nier une éventuelle partie mauvaise en lui.
La narratrice vibre à chaque planche, elle se dévoile sans complaisance et, du coup, donne vraiment le ton de l'ensemble, donnant à cet album une sublime sincérité désarmante et enrichissante aussi.
En parallèle j'ai assez bien aimé les dessins, tantôt naïfs, tantôt expressionnistes, mais toujours très vrais.
Cet album est donc un peu à part, comme une sorte d'autothérapie, sans véritable histoire mais terriblement prenant, n'hésitez pas à en goûter quelques pages !!!
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