On entend souvent dire qu'une adoption, c'est comme une greffe, ça prend ... ou pas. Jung, au travers de sa propre histoire, en nous racontant ses propres interrogations, nous montre que c'est beaucoup plus subtil et nuancé que ça.
Pas du tout mélodramatique, plein d'humour (et pourtant, le thème n'est pas nécessairement drôle) et d'ironie, et de plus bien rythmé, ce premier de deux tomes est des plus réussis. Cette autobiographie est entrecoupée (quoique le mot soit mal choisi tellement ces informations s'intègrent bien au récit) par des informations générales sur la Corée et l'adoption d'orphelins coréens. La narration donne l'impression que Jung s'adresse directement au lecteur : l'enfant de ce tome nous regarde souvent droit dans les yeux. Le trait de Jung est sobre et épuré, mais les personnages, un peu caricaturaux, sont extrêmement expressifs.
L'album en lui-même est aussi un réel plaisir tactile : couverture souple satinée, pages mates, il dégage une douceur et un calme qui contrastent avec le contenu mais accentuent d'autres éléments. Par exemple je trouve que cela traduit bien le recul qu'a Jung sur son histoire.
Récit noir et blanc d'une adoption en demi-teinte, cette BD, elle, est indéniablement réussie. Elle est profondément riche en émotions et saura vous toucher.
In-dis-pen-sable !
J’ai été très touché par la lecture de ce livre et vraiment séduit par la façon qu’a l’auteur d’aborder le problème de l’adoption. Certains auraient probablement choisi un ton mélodramatique, versant dans le larmoyant de rigueur.
Ici, rien de tout cela. Jung parle avec son cœur, en conservant un recul sidérant par rapport à son enfance. Son récit autobiographique est emplit d’humour, sur un ton virant parfois au caustique mais qui ne tombe jamais dans la méchanceté ou l’animosité.
Il s’agit d’une œuvre vraiment passionnante, qui peut permettre de comprendre mieux ce que ressent quelqu’un qui a perdu ses racines et qui se retrouve loin de son pays. Il est aussi intéressant de découvrir le drame qu’a vécu la Corée. Le déchirement des deux nations coréennes reste encore d’actualité aujourd’hui même s’il est question, depuis quelques temps, d’un nouveau rapprochement. Une telle perspective serait sans doute le signe de beaucoup d’espoirs pour toutes les familles séparées que Jung décrit dans « Couleur de peau : miel ».
Derrière un récit plein d’humanité, c’est une vraie source d’enrichissement que trouvera le lecteur, le tout à travers des dessins très beaux et une mise en page totalement réussie.
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