Enième adaptation littéraire ? Ah oui, mais celle-ci est totalement bluffante. Lu en une demi heure à peine sans prendre le temps de lever le nez, le premier épisode de l’aventure archi connue d’Oliver Twist s’approche de la réalisation parfaite.
Le dessin de Deloye, que je ne connaissais pas, est une vraie leçon d’appropriation de style, style « nouvelle école », celle de Christophe Blain, maître en la matière. Olivier Deloye en utilise les ficelles, y ajoute de la rondeur et une profondeur rare. Non content de ces qualités il exprime le mouvement et les émotions de telle façon qu’il provoque une lecture rapide, une lecture impatiente, celle d’un lecteur captivé.
Permettant une réelle redécouverte de l’œuvre de Dickens, les deux auteurs, qui s’adressent sans doute en premier lieu à un public jeune, peuvent prétendre à toucher tous les publics.
Au moment où les adaptations littéraires font légion, celle-ci se démarque sans aucun doute et laisse présager un avenir heureux. La narration de Loïc Dauvillier, déjà bien installé dans le genre, est parfaite, les couleurs sont somptueuses.
Quoi que vous pensiez de cette surproduction éditoriale générale et des supposées facilités que pourraient utiliser les auteurs et leurs éditeurs, au moment où la création se raréfie, cet album donne une haute image du milieu, démontrant la fraîcheur subsistant encore et la capacité à faire des belles choses.
Autant dire que la collection Ex libris ne m’avait pas encore séduite malgré la curiosité qui m’avait poussée à m’intéresser aux sorties du genre. Cette fois, c’est gagné, Oliver Twist sort vraiment du lot ! Bravo.
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