Dès le premier tome on est surpris à plus d'un titre. D'une part, ce qui saute aux yeux c'est le dessin, déjà entre la couverture des rééditions et les planches on voit qu'il y a eu une grosse évolution. Mais c'est le caractère de Leo Loden qui est surprenant. Par certains aspects il fait penser à Soda avec ses repliques cinglantes et son sens de l'humour particulier, pour ne pas dire macabre. Même de ce point de vue-là le personnage évoluera par la suite pour devenir plus humain et sans doute moins désabusé. Car dès ce premier tome, Leo Loden quitte la police pour devenir le détective privé que l'on connaît. Il paufine déjà ses méthodes peu orthodoxes.
Quant au dessin, avec du recul on n'a pas un choc, mais les personnages sont plus patauds. Par la suite, il deviendront plus longilignes, un peu plus réalistes et expressifs grace au travail sur les regards. Souvent on retrouve ce trait caractéristique des bédés d'humour qui veut que les yeux soient remplacer par des points.
Certes, c'est un peu avec un oeil critique que j'ai lu ce premier tome a posteriori, que dire d'un premier tome d'une série qui en est à son dix-septième tome? Hormis ces défauts de jeunesse il n'en demeure pas moins que c'est un album plaisant à lire, au rythme soutenu et riche en rebondissements. Parfois c'est un peu énorme mais c'est vraiment drôle.