La collection Ex-libris de chez Delcourt s'est spécialisée dans l'adaptation d'œuvres littéraires reconnues en bandes dessinées. Cette collection dirigée par Jean David Morvan a l'avantage de regrouper tout un panel de jeunes auteurs aux styles totalement différents de façon à rendre celle-ci très hétéroclite. Sont déjà sortis sous ce couvert "Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas", "Robinson Crusoé de Daniel Defoe", "Oliver Twist de Charles Dickens", "Frankenstein, de Mary Shelley" et "les Aventures de Tom Sawyer, de Mark Twain".
Stanislas Gros, jeune dessinateur de 32 ans, se lance dans la bande dessinée grâce à cet album très largement inspiré du roman de Victor Hugo paru en 1829 représentant un véritable plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort. Il produit un dessin atypique au trait grossier, légèrement naïf et d'une noirceur qui convient parfaitement au contexte du récit.
On sent à la lecture et au visionnage des planches parsemées de textes que l'auteur s'est accaparé l'histoire de façon à la restituer brutalement en jouant sur les passages colorisés et en noir et blanc. Les scènes de cauchemars sont envoûtantes et reflètent absolument la détresse du condamné. Celle-ci est grassement alimentée par le noir, couleur dominante symbolisant la peur, le désespoir, la mort.
La représentation du condamné interpelle. En effet, son apparence graphique en fait un homme « ressemblant à monsieur tout le monde » contrarié par une sentence inique, contrastant avec l’aspect hideux des autres détenus. Les expressions picturales traduisent à la perfection la souffrance physique et morale dans laquelle baigne le détenu entretenue par la menace omniprésente du spectre de la mort.
Sans nul doute, le dernier jour du condamné reste une réflexion d’actualité dont l’adaptation talentueuse de Stanislas Gros marquera plus d’un lecteur.
|