J’avoue que je me demandais dans quelle mesure je n’allais pas avoir affaire à ce qu’on appelle en japonais du "yoai" (de la BD homosexuelle) en abordant ce
manhwa,
Mille et une nuits. Mais il n’en est rien, ou du moins pas encore, car si l’intrigue fait apparaître devant Shahryar un joli garçon qui se fait passer pour sa sœur et s’ils se donnent un baiser, c’est bien parce que l’un s’est déguisé que l’autre s’est fait berner. Quel sera le rapport affectif entre les deux ? A ce stade, on n’en saura trop rien. Et seule la lecture de la suite pourra nous en dire plus.
Quoiqu’il en soit, par la suite, c’est bien d’amour qu’il est question. Rien sur de croustillantes révélations de tendances et de pratiques sexuelles. Mais il est vrai que le regard d'une femme (la dessinatrice) sur cette adaptation directement tirée de l’univers de Mille et une nuits voit mis en scène de jeunes garçons aux traits au moins aussi fins que ceux de filles. Il y a donc un soupçon d’ambiguïté dans l’air, mais il n’est pour l’instant que graphique.
Le dessin, pour finir d’en parler, est clair, lisible, joli. Rien à redire si ce n’est qu’il est adéquat à l’ambiance de ces mille et unes nuits. On sera pourtant amusé par le fait que ces personnages, pour beaucoup sensés être du type moyen-oriental, ont les traits qu’on a l’habitude de rencontrer dans la BD asiatique. Petit exercice d’imagination à faire, donc, pour le lecteur habitué aux scénarios se déroulant au Japon, par exemple !
Côté scénario, justement, on observe que ce volume un est scindé en deux. La première partie nous présente différents personnages qu’on suivra jusqu’à ce que la seconde partie commence ; une véritable histoire dans l’histoire : un conte raconté à Shahryar par Shehara qui mettra en scène autant de personnages supplémentaires. La question qui se pose à la fin de la lecture de ce tome 1 est de savoir si après cette parabole d’autres vont suivre (qui permettront à Seung-Hee Han et Jin Suk Jun de parcourir d’autres des différents contes des
Mille et une nuits) ou si l’histoire va se recaler plus dans le présent de Shahryar, Shehara, Duna et Jafar pour s’orienter plus dans la "création" d’un autre conte, celui-là imaginé par les auteures.
Une belle surprise. A suivre.