Plus qu’une suite logique à l’épisode précédent, "Allez Darling" est en tout cas pour Gradimir Smudja l’occasion de remettre en images cette époque qu’il semble affectionner et qui a fait sa renommée d’artiste. Le personnage principal est cette jument, Darling, dont la vie est racontée avec plein d’humour, plus ou moins fin et souvent bien scato. Cela dit, malgré cet humour et l’originalité de la biographie de l’animal (qui, en plus et comme d’autres dans la BD, est humanisé), on ne ressort pas de cette lecture avec le même enthousiasme qu’on avait affiché pour les autres titres.
Le dessin de l’auteur est toujours superbe, sa mise en page est toujours des plus recherchées, ses personnages sont toujours aussi délirants... mais cet univers n’est plus une découverte et on irait presque jusqu’à se faire la remarque que des passages sont bien inutiles ou trop tirés par les cheveux. Peut-être est-ce parce qu'on a laissé en second plan Toulouse-Lautrec ? Qu'on est passé de l'humain à l'animalier ? En tout cas, on pourra regretter que ce tome ait un goût de déjà-vu et qu’il n’apporte rien de particulier à la série.
Dommage. L’humour s’invitait pourtant jusque dans des clins d’œil faits à Moebius ou Boucq, jusque dans la numérotation des pages (qui, quand on les passe rapidement, montrent une séquence animée à l’issue malheureuse !). "Allez Darling" est donc à savourer mais en espérant cependant que le prochain aura ce petit plus qui lui manque peut-être cette fois...
Le titre de la série a changé. Du
Bordel des muses, il est devenu
Le cabaret des muses. Probablement un indice pour nous dire que la série n’en est pas à son dernier tome. Allez, tant mieux !