La grande saga historique initiée par Franck Giroud se poursuit. A ce titre, la famille Fleury-Nadal regorge de nombreux faits marquants à conter. C’est le tour de Benjamin, le fils de Ninon et d’Alexandre Fleury, d’être sous les feux de la rampe.
Nous sommes en 1830 sous le règne naissant de Louis-Philippe 1er ; Charles X a fui suite à la révolution des « trois glorieuses » qui a généré de nombreux combats dans les rues de Paris encombrées de barricades. Un jeune homme, insensible aux balles de la soldatesque, se dresse, pistolet au poing, sur un tas de pavés. C’est Benjamin Fleury-Nadal qui a choisi de combattre pour la liberté de ses pairs.
Benjamin n’est pas un inconnu. Nous l’avons déjà côtoyé à plusieurs reprises dans divers albums de la série « Le Décalogue » alors qu’il était enfant. Adepte du saint-simonisme (doctrine prônant l’amélioration matérielle et morale de l’humanité), il est, tout comme son oncle Eugène, envoûté par l’Egypte. Cet ensorcellement s’éclipse quand son regard croise les yeux d’une belle inconnue retranscrits sur une toile.
Cette aventure qui se déroulera en 2 épisodes a quelque chose d’enivrant. Tout d’abord, grâce à son contexte historique, nous avons la possibilité de croiser dans le récit des personnages illustres tels que le peintre Hippolyte Lecomte connu pour ses peintures sur les combats de rues de la révolution de juillet en 1830, le polytechnicien Prosper Enfantin, initiateur du canal de Suez.
D’autre part, le portrait de l’énigmatique Ana-Luna dont le regard vert émeraude interpelle, est d’une rare beauté et magique. Il nous incite, comme pour Benjamin, à en savoir plus sur la jeune femme.
Ensuite, les recherches désespérées de Benjamin sur cette femme qui apparaît et disparaît à volonté excitent notre soif de vérité.
Enfin, les paysages extérieurs égyptiens tantôt irradiés par un soleil incandescent, tantôt noyés par des pluies diluviennes et les intérieurs des palais richement décorés sont un appel au voyage.
Daniel Hulet produit un travail exemplaire. Après « Extra-Muros », l’artiste nous revient en force avec un dessin à la coloration sublime non agressive, toujours au plus proche de la réalité. Soucieux du moindre détail, il croque la vie parisienne du XIXème d’un trait assuré. Les personnages sont convaincants par leur posture, leurs mouvements et leur apparence. Pareillement, l’Egypte, qui semble n’avoir aucun secret pour lui, parait magnifiquement avec ses grandes étendues de sables et ses riches monuments bigarrés.
Cet album, tout comme la série complète, est, pour ma part, incontournable et à conseiller vivement au lecteur qui apprécie les grandes fresques familiales dans une époque révolue.
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